lettres_soldats

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titre (fr)Lettres de soldats
titre (en)Soldiers' letters
description (fr)De 1789 à 1815 des milliers de militaires français ont parcouru les routes d’Europe. Leurs correspondances avec leurs familles sont une source indispensable à la compréhension de la guerre napoléonienne vue par le militaire.
description (en)Over the years 1789 to 1815, thousands of French soldiers travelled the roads of Europe. Their letters home give a vivid picture of what the average soldier understood about Napoleonic warfare.
contenu de la page de présentation en markdown (fr)# Correspondance de soldats de la Révolution et de l’Empire ## Fiche signalétique de la collection | Intitulé | Correspondance de soldats de la Révolution et de l’Empire | |----------|-------------------------------------------------| | Date | 1792 - 1815 | | Author&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;| Auteurs multiples | |Importance matérielle| Documents répartis en plusieurs ensembles allant d’une missive à plusieurs dizaines de lettres | | Aperçu du contenu | Les lettres de soldats sont des témoignages primordiaux pour comprendre les soldats de la Révolution et de l’Empire. Ce fonds met en ligne des correspondances de soldats vers leurs familles conservées dans les fonds public ou en collection privé. | [Voir les documents](https://www.napoleonica.org/fr/collections/lettres_soldats/search?page=0&pageSize=20) ## Description détaillée Ce fonds a pour but de publier en ligne des lettres de soldats de la Révolution et de l’Empire. Il se propose de regrouper des documents conservés dans différentes collections publiques ou privées allant de quelques lettres à plusieurs dizaines de missives. Il sera en constante évolution par l’ajout de nouveaux documents issus de collaboration avec des collectionneurs privés ou de ventes aux enchères. Toutes les lettres sont transcrites au plus proche des originaux dans le style et dans la forme. Nos interventions, pour limitées qu’elles soient, se sont contentées de moderniser l’orthographe et la ponctuation afin de rendre la lecture plus commode aux lecteurs du XXI<sup>e</sup> siècle. Lorsque l’épistolier écrit phonétiquement, nous l’indiquons en note, mais transposons le texte de la missive dans un langage intelligible. Les toponymes et les noms propres à l’orthographe approximative sont restitués et harmonisés, de même que les archaïsmes de langages modernisés. <div class="small-image-text"> ![Enveloppe d'une lettre de soldat](../images/03_CS_enveloppe_marquet.jpg) _Enveloppe de la lettre du soldat Marquet à ses parents, 1806, collection privée_ <div class="side-text"> Les correspondances de soldats sont une source indispensable à la compréhension de la guerre napoléonienne vue par le militaire. Elles complètent, enrichissent et corrigent la littérature mémorielle qui abonde sur l’Empire. Écrites à chaud, elles ne souffrent pas de cette reconstruction préjudiciable à certaine autobiographie militaire. Si les lettres sont le fait d’une minorité sachant écrire, ces missives nous font toucher du doigt le spectre entier de la hiérarchie de la Grande Armée. Du simple fantassin en passant par le sous-officier jusqu’au maréchal nombreux sont les militaires qui écrivent ou font écrire à leur famille. </div> </div> En Espagne, en Allemagne ou en Russie, les soldats cherchent à faire parvenir quelques lignes à leur famille et ainsi les rassurer sur leur état de santé. De 1805 à 1815, toutes les campagnes sont couvertes. La lettre est avant tout pour les soldats un moyen de rassurer ou de ne pas inquiéter ses proches sur leur bonne santé. On écrit sitôt la fumée du champ de bataille retombée, ou sitôt que la campagne marque une pause. Les sujets évoqués sont souvent les mêmes : la famille, l’argent, ou les contingences matérielles de la vie militaire : l’ennuie, les privations, les marches, l’absence de couchage correct au bivouac etc. En revanche, ayant à cœur de ne pas inquiéter leurs familles, l’expérience douloureuse de la guerre y est plus rare. La censure veille, les soldats le savent. Ils sont ainsi peu loquaces sur leur réelle appréhension du conflit dont ils sont acteurs. Ces documents sont néanmoins indispensables pour comprendre ce qui anime les soldats de Napoléon qui ont parcouru l’Europe. ## Fonds sélectionnés **CARNET DE ROUTE DE JACQUES GROS BALTHAZARD 1793-1796** <div class="text-small-image"> <div class="side-text"> Ce fonds est composé d’un carnet de route rédigé par le soldat Jacques Gros depuis son entrée en service en 1793 jusque février 1798. Le carnet se compose de deux récits : un carnet d’étape transcrit au jour le jour par le soldat du 18 août 1793 au 7 décembre 1794, puis du 23 août 1797 jusqu’au 12 février 1798 date finale des rédactions. Au milieu de cette rédaction personnelle, il ajoute une copie de la relation officielle de la campagne de la 5e demi-brigade en 1796-1797 rédigée par le chef de brigade Le Féron. Conservé dans la famille, le carnet a été communiqué à la Fondation Napoléon par M. Alain Guillomin qui a effectué avec Mme Marie-Christine Gros-Balthazard la transcription de ce petit mémoire. Qu’ils en soit remercié. </div> ![Carnet de Jacques Gros](../images/Carnet Gros.JPG) _Carnet de Jacques Gros, 1793-1798, collection privée_ </div> <br> <br> **CORRESPONDANCE DE LAURENT JOURDAIN AVEC SA FAMILLE ET DOCUMENTS DE SERVICE, 1791-1823** <div class="small-image-text"> ![Signature du soldat Laurent Jourdain](./images/Signature_Jourdain.jpg) _Signature du soldat Laurent Jourdain, 1793, Archives municipales de Châtillon-sur-Seine_ <div class="side-text"> Ce fonds est composé de 76 documents. Il représente une partie des archives constituées par Laurent Jourdain de son entrée dans la carrière militaire en 1791 à 1814, date de sa mise à l’écart de l’armée. Cet ensemble est composé de : - Correspondance privée envoyée et reçue : avec sa mère (Mme Fourquet), son beau-père (M. Fourquet), sa sœur et/ou son beau-frère (M et Mme Ortillon) ou encore les femmes qu’il a fréquentées. - Correspondance officielle et de service envoyée notamment à Bonaparte, Premier consul, au ministre de la Guerre, etc., et reçue : ministres, généraux, officiers, etc. </div> </div> Les lettres à sa mère (pour se plaindre) à son beau-père qu’il apprécie et à sa sœur (pour donner des nouvelles) permettent de le suivre pendant ses 21 ans de campagne en Europe. Non censurée, cette correspondance permet de comprendre le dénuement du soldat, et ses cas de conscience pendant sa présence à l’Armée du Rhin ou encore ses interrogations sur la carrière à poursuivre. La correspondance de service montre comment le jeune homme, au parcours entre coupé de mises en reforme, apprend au fil du temps à négocier avec l’institution militaire. Conservé par la famille Ponsignon, descendant de Laurent Jourdain, jusqu’en 2024, ce fonds documentaire a été déposé aux Archives municipales de Châtillon-sur-Seine. <br /> <br /> **CORRESPONDANCE DE JEAN ANTOINE PIERRE SIMONET AVEC SA FAMILLE, 1798-1814** <div class="text-small-image"> <div class="side-text"> 49 lettres composent cet ensemble qui est détenu en main privée. Une transcription, qui comporte les copies des missives, a été déposée à la Bibliothèque Martial Lapeyre de la Fondation Napoléon. Les lettres de Simonet sont souvent écrites de manière phonétique et approximative. L’orthographe en a été modernisé pour la rendre compréhensible aux lecteurs du XXI<sup>e</sup> siècle. La première lettre est écrite de Parme en août 1797, et la dernière en juillet 1814 pour annoncer sa démobilisation. Les premières lettres sont écrites à son père et à sa mère. Son père mort en 1800, il adresse ensuite ses courriers à son oncle Jean-Baptiste Darlay gestionnaire des biens dont il a hérité. La correspondance est très éparse et parfois de longs mois s’écoulent entre les missives. Les lettres sont assez courtes, et sont surtout pour Simonet l’occasion de réclamer l’envoi des subsides issus de ses petites propriétés. </div> ![Lettre de Jean Antoine Simonet](../images/Simonet-35.jpg) _Lettre de Jean Antoine Simonet, août 1805, collection privée_ </div> **CORRESPONDANCE DE DOMINIQUE FRANÇOIS HINARD AVEC SON ÉPOUSE ROSALIE PASSELAIS, 1803-1807** <div class="small-image-text"> ![Lettre de François Hinard, 1805, collection privée](../images/Hinard-13.jpg) _Lettre de François Hinard, 1805, AD de la Manche, fonds Hinard, 1J434_ <div class="side-text"> Ce fonds se compose de 51 lettres, écrites une fois par mois en moyenne par Hinard à son épouse Rosalie Passelais. Les lettres se présentent dans des états de conservation, une taille et une qualité de l’encre et du papier variés, reflétant l’état du matériel disponible dans les garnisons, mais elles ont en commun une grande qualité graphique et stylistique. Certaines lettres présentent un cachet de cire, parfois le timbre « Grande Armée » et le numéro de la poste. 5 lettres font deux pages, les 46 autres sont rédigées sur 4 pages, les marges très souvent écrites. Ces lettres ont été soigneusement ordonnées, la date ultérieurement retranscrite (parfois inexactement) du calendrier républicain vers le calendrier grégorien. La première missive date du 30 janvier 1803, et correspond au départ de Hinard depuis Coutances vers Brest. Le dernier billet, plutôt qu’une lettre, n’est pas daté, mais se fixe entre le 07 janvier 1807 (dernière lettre datée) et le 11 février 1807 (mort du soldat). </div> </div> Ces lettres, aux côtés d’autres papiers de la famille Hinard d’époque beaucoup plus récente, ont été découvertes fortuitement dans un vide-greniers parisien par Martin Jaillet en juin 2018. Ce dernier en a alors débuté l’étude et supervisé leur transcription et leur analyse par un groupe de huit étudiants et étudiantes en histoire : Corentin Hamet, Ladislas Latoch, François Mathou, Claire Mercier, Nils Renard, Julie Richard d’Alsace, Clémence Roger. La totalité des 51 lettres ont été transcrite et publiée sur ce site. Les originaux ont été déposé aux <a href="https://www.archives-manche.fr/rechercher-1/inventaires-darchives?detail=856432" target="_blank">Archives départementales de la Manche</a> (fonds Hinard, 1J434). Les documents ont entièrement été numérisé, et sont disponible sur l' <a href="https://www.archives-manche.fr/rechercher-1/inventaires-darchives?arko_default_635a91201a726--modeRestit=arko_default_635a92b66101e&arko_default_635a91201a726--ficheFocus=arko_fiche_65d4b3b89af6e" target="_blank">inventaire des Archives départementales de la Manche</a>. Les textes concernant la correspondance du soldat Hinard ont été rédigés par Martin Jaillet, agrégé d’histoire, archéologue, novembre 2022. *Mis en ligne : janvier 2023, mis à jour 10 mars 2026* <div class="large-image"> ![Lettre de soldat à ses parents 1806](../images/02_lettre_soldat.jpg) _Lettre du soldat Marquet à ses parents, 1806, collection privée_ </div>
contenu de la page de présentation en markdown (en)# Letters written by French soldiers of the Revolution and the Empire ## Introduction to the corpus | Title | Letters written by French soldiers of the Revolution and the Empire | |----------|-------------------------------------------------| | Date | 1792 - 1815 | | Producteur&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;| Multiples authors | |Physical size | Variable, from single letters to groups of dozens | | Content overview | Corpora of letters, held in public or private collections, written by the soldiers of the French Revolution and First Empire periods addressed to their families back home. The correspondence is a fascinating resource concerning life in the French armies of the late-eighteenth and early nineteenth-century. | [See the documents](https://www.napoleonica.org/fr/collections/lettres_soldats/search?page=0&pageSize=20) ## Detailed description These letters from soldiers of the Revolution and the Empire periods, held in various public or private collections, have rarely survived until the present day. This online collection (which will be regularly added to, as new letters come to light) offers transcriptions of letter ensembles that range from unique missives to several dozen letters from single individuals. <div class="small-image-text"> ![Private Letter Envelope](../images/03_CS_enveloppe_marquet.jpg) _Envelope of Private Marquet's letter to his parents, 1806, private collection_ <div class="side-text"> Whilst the transcriptions aim to be as close as possible to the originals, some of the letters in these corpora in their original state present a difficult challenge for contemporary readers. The writers themselves, though basically literate, had a very approximate knowledge of French spelling and grammar. We have as a result been forced, in certain cases, to make significant editorial decisions: - spelling and punctuation have been modernised. Phonetic spellings are indicated in notes; - the texts of the letters have been rendered intelligible where necessary. Notes indicating this have been added; - toponyms and proper nouns are given their modern French versions; - some archaic language has been modernised. </div> </div> Though the memorial literature written by Revolutionary and Napoleonic soldiers is super-abundant, those texts were for the most part published (if not written) long after the events (sometimes even decades), written with hindsight and also often in the light of other previously published memoirs. The letters here, from the actors themselves (though written by the minority of those in the armies who had been educated) were written (or dictated to those who could write for them) in the heat of the moment and as such provide vivid, eye-witness accounts of a soldier’s everyday life. We see the army structure, from the simple infantryman through the non-commissioned officer to the field marshal. As ever, whether after the smoke from the battlefield had cleared, or while waiting for the cannons to be loaded, or indeed in the pauses between campaigns, soldiers wrote home to their families first and foremost to provide reassurance of their state of health. Then of course they would segue into the usual territory of family, money, and the material contingencies of military life. In the letters we see the boredom, the shortages, the marches, and the rough bivouacs in which it was hard to sleep. On the other hand, as for the gory part of the battle, this is almost never the subject of letters, presumably because the soldiers were anxious not to worry their families. Furthermore, given the ever-present censor, there was little point in mentioning specific battles or strategically sensitive information. ## Selected corpora **TRAVEL JOURNAL OF JACQUES GROS BALTHAZARD 1793–1796** <div class="text-small-image"> <div class="side-text"> This collection consists of a logbook written by soldier Jacques Gros from the time he entered service in 1793 until February 1798. The journal consists of two accounts: a daily log transcribed by the soldier from 18 August 1793 to 7 December 1794, then from 23 August 1797 to 12 February 1798, the final date of the entries. In the middle of this personal account, he added a copy of the official report of the 5th demi-brigade's campaign in 1796-1797, written by brigade commander Le Féron. Kept in the family, the notebook was given to the Fondation Napoléon by Mr Alain Guillomin, who transcribed this short memoir with the help of Mrs Marie-Christine Gros-Balthazard. We would like to thank them both. </div> ![Travel Journal of Jacques Gros](../images/Carnet Gros.JPG) _Travel Journal of Jacques Gros, 1793-1798, private collection_ </div> <br> <br> **CORRESPONDENCE BETWEEN LAUREN JOURDAIN AND HIS FAMILY, AND SERVICE DOCUMENTS, 1791-1823** <div class="small-image-text"> ![Signature of Laurent Jourdain](./images/Signature_Jourdain.jpg) _Signature of Laurent Jourdain to his mother, 1793, Archives municipales de Châtillon-sur-Seine_ <div class="side-text"> This collection comprises 76 documents. It represents part of the archives created by Laurent Jourdain between his entry into the military career in 1791 and his retirement from the army in 1814. This set consists of : - Private correspondence sent and received: with his mother (Mme Fourquet), his father-in-law (M. Fourquet), his sister and/or brother-in-law (M. and Mme Ortillon) and the women he frequented. - Official and service correspondence sent in particular to Bonaparte, First Consul, the Minister of War, etc., and received from ministers, generals, officers, etc. </div> </div> Letters to his mother (complaining), to his father-in-law, whom he liked, and to his sister (giving news) enable us to follow him during his 21 years of campaigning in Europe. This uncensored correspondence provides an insight into the destitute nature of a soldier's life, his problems of conscience during his time with the Armée du Rhin, and his questions about the career he should pursue. The service correspondence shows how the young man, whose career was interrupted by periods of reform, learnt over time to negotiate with the military establishment. This documentary collection, which until 2024 was in the possession of the Ponsignon family, descendants of Laurent Jourdain, has been deposited at the municipal archives in Châtillon-sur-Seine. <br /> <br /> **LETTERS BY JEAN ANTOINE PIERRE SIMONET TO HIS FAMILLY, 1798-1814** <div class="text-small-image"> <div class="side-text"> This corpus, currently in a private collection, contains 49 letters. A transcription of the letters is held at the Fondation Napoléon’s Bibliothèque Martial Lapeyre library. The first letter was written in Parma in August 1797, the last, July 1814, announcing his demobilisation. Though his first letters were addressed to his father and mother, on his father’s death in 1800, Jean sent subsequent letters to his uncle Jean-Baptiste Davay, agent for the land Jean had inherited. If the collection is not incomplete, then it would appear that the correspondence was infrequent, with often months between letters. Jean Simonet’s letters are short and deal for the most part with the sending of money derived from his small landholdings. Simonet’s letter were frequently written phonetically. </div> ![Letter from Jean Antoine Simonet](../images/Simonet-35.jpg) _Letter from Jean Antoine Simonet, August 1805, private collection_ </div> For reasons of comprehensibility, these letters have been significantly modernised. **LETTERS BY DOMINIQUE FRANÇOIS HINARD TO HIS WIFE ROSALIE PASSELAIS, 1803-1807** <div class="small-image-text"> ![Letter from Francois Hinard, 1805](../images/Hinard-13.jpg) _Letter from François Hinard, 1805, AD de la Manche, fonds Hinard, 1J434)_ <div class="side-text"> This corpus contains 51 letters, for the most part written at monthly intervals. The state of preservation of the letters, the size of the paper and the darkness of the ink all vary, thereby reflecting the availability (or not) of the materials in garrisons. The graphic nature of the account and the style of writing is, as one would expect from a single author, relatively uniform. Some of the letters come with a wax seal, others are stamped « Grande Armée » and bear a postal number. There are five two-page letters, and the remaining 46 were written on four pages. Very often the margins are filled with writing. The letters were kept in order, and a second hand has added Gregorian calendar dates (sometimes erroneously) next to their republican equivalents. </div> </div> The first letter is dated 30 January 1803, the day Hinard left Coutances for Brest. The last piece in the corpus is not really a letter but rather a dateless a note probably written after 7 January 1807, the date of the last dated letter in the corpus. Hinard was to die on 11 February 1807. The letters (alongside other Hinard family papers of a much later date) were discovered by chance in a Parisian house clearance sale by Martin Jaillet in June 2018. He began studying the letters alongside the following of history students: Corentin Hamet, Ladislas Latoch, François Mathou, Claire Mercier, Nils Renard, Julie Richard d’Alsace, Clémence Roger. All 51 letters have been transcribed and are available on this site. The original have been deposited at the <a href="https://www.archives-manche.fr/rechercher-1/inventaires-darchives?detail=856432" target="_blank">Archives départementales de la Manche</a> (fonds Hinard, 1J434). The documents have been fully digitised and are available on the <a href="https://www.archives-manche.fr/rechercher-1/inventaires-darchives?arko_default_635a91201a726--modeRestit=arko_default_635a92b66101e&arko_default_635a91201a726--ficheFocus=arko_fiche_65d4b3b89af6e" target="_blank">Archives départementales de la Manche website</a>. Text about Hinard by Martin Jaillet, Graduate Student, November 2022. *Online : January 2023, up dated March 2026* <div class="large-image"> ![Private Marquet's letter to his parents, 1806](../images/02_lettre_soldat.jpg) _Private Marquet's letter to his parents, 1806, private collection_ </div>
contexte en markdown (fr)# Paroles de soldat, au cœur de de la Grande Armée ##Jacques Gros de l'Isère à l'Italie Volontaire en 1793, Jacques Gros quitte son village de Merlas en Isère où il est né vers 1771. Fils de Balthazard et Françoise Gros, avec son frère Jean, il rejoint les armées de la République et sert dans le 8<sup>e</sup> bataillon de l’Isère. Amalgamé en 1794 dans la 146<sup>e</sup> demi-brigade de bataille, il fait campagne dans les Alpes jusqu’en février 1796. Il parcours la vallée de la Tarentaise, et se bat au col du Saint-Bernard contre les Piémontais. Le 19 et 20 février 1796, la 146<sup>e</sup> demi-brigade est amalgamée dans la 5<sup>e</sup> demi-brigade de ligne. Jacques Gros intègre alors le 1<sup>er</sup> bataillon de l’unité, alors que son frère Jean sert au 3<sup>e</sup>. Il participe à la première campagne d’Italie de Bonaparte et parcours la plaine du Pô jusque la prise de Venise en 1797. Son frère meurt à l'hôpital de Crémone le 18 mars 1797. Après le départ du général Bonaparte, son unité reste en Italie, et Jacques participe à la campagne de 1799 à l’issue de laquelle il est démobilisé a une date inconnue. De retour dans son village, il se marie en 1806 avec Anne Bonnivard, avec laquelle il a un fils en 1807. Il meurt en 1811. <div class="medium-image"> ![Matricule de Jacques Gros à la 5e demi-brigade de ligne, SHD, GR, 18YC8](../images/SHD_18Yc8_Gros_2.jpg) _Matricule de Jacques Gros à la 5<sup>e</sup> demi-brigade de ligne où il est noté "mort" par erreur, SHD, GR, 18YC8 ©SHD_ </div> ##Laurent Jourdain, soldat de la Révolution, officier de l’Empire Laurent Jourdain naît à Poissy le 15 novembre 1771, de Laurent Pierre Jourdain, boucher exerçant à Paris, et de Marie Jeanne Lhomme. Cette dernière veuve avant la Révolution, se remarie à une date inconnue avec M. Fourquet, officier de la Monarchie et cousin de feu son mari. La famille est bien établit, et possède plusieurs habitations à Poissy et Paris, ainsi que des terrains et fermages. Les biens sont gérés par l’oncle de Laurent Jourdain, Laurent Alexis Jourdain (mort le 18 octobre 1799), puis par son beau-père qui bénéficie de l’usufruit de sa mère. On ne connaît pas la prime jeunesse de Laurent Jourdain. On sait néanmoins qu’il reçoit une très bonne éducation, car à 15 ans il obtient un « prix de latin » en 1786 dans le prestigieux Collège d’Harcourt où il étudie. C’est en pleine tourmente révolutionnaire, ne s’entendant pas avec sa mère, qu’il décide pour s’émanciper de son milieu familial de s’engager. Le 8 octobre 1791, il incorpore le 1<sup>er</sup> bataillon du 48<sup>e</sup> régiment d’infanterie à Rennes et découvre les troubles royalistes contre le nouveau régime. <div class="medium-image"> ![Matricule de Laurent Jourdain au 48e de ligne, SHD, GR, 14YC69](../images/Jourdain-SHD-GR-14Yc69.jpg) _Matricule de Laurent Jourdain au 48<sup>e</sup> de ligne, <a href="https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/ark:/40699/e005e4692014ee81/5e469211ad156" target="_blank">SHD, GR, 14 YC 69</a>, ©SHD, Ministère des Armées_ </div> Amalgamé en 1794 dans la 95<sup>e</sup> demi-brigade de bataille, puis en 1796 dans la 62<sup>e</sup> de ligne, il fait campagne en l’Allemagne avec l’armée du Rhin pendant 7 ans. <div class="medium-image"> ![Matricule de Laurent Jourdain à la 95e de ligne, SHD, GR, 17YC96](../images/Jourdain_95e_SHD_17Yc96.jpg) _Matricule de Laurent Jourdain à la 95<sup>e</sup> de ligne, <a href="https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/ark:/40699/e0063a73e0af025c/63a73e0b1d711" target="_blank">SHD, GR, 17 YC 96</a>, ©SHD, Ministère des Armées_ </div> Il décrit les marches, le froid, les exactions de part et d’autre, son étonnement devant les excès de la Révolution à Paris, mais aussi les erreurs tactiques de ses chefs. Durant ses années de campagne, sachant écrire, il est nommé caporal-fourrier le 1<sup>er</sup> janvier 1793, mais doit attendre le 8 août 1795 pour être nommé sergent. À compter de cette date, il est attaché au général Schauenbourg inspecteur général de l’infanterie, auprès de qui il doit occuper le poste de secrétaire. Cette fonction l’éloigne des champs de bataille, mais ralenti son avancement. Le 14 avril 1798, il est finalement nommé sous-lieutenant et fait campagne en Suisse en 1799. Au-delà de la guerre, son séjour en Allemagne est ponctué de rencontres féminines. Notamment, une jeune noble, sœur d’un général allemand, tombe amoureuse de lui, et lui déclare sa flamme par écrit. Mais simultanément, il entretient une autre relation. Il témoigne ainsi de la vie amoureuse des soldats en territoire occupé. <div class="text-small-image"> <div class="side-text"> Mis en non activité au début du Consulat, Laurent Jourdain demande à servir à nouveau dans son régiment. En 1800, son régiment fait campagne à l’armée d’Italie. Il y est promu lieutenant le 11 octobre 1801, et simultanément devient aide de camp du général Bruneteau Sainte-Suzanne. Cette promotion et l’amitié qu’il noue avec son général, lui ouvre une carrière dans les états-majors de l’armée. Alors que le général Sainte-Suzanne entre au Sénat, grâce à son appui, Laurent Jourdain, obtient le grade de capitaine adjoint d’état-major, et 18 juillet 1803 est affecté à la division Loison en station au camp de Montreuil. C’est avec le 6e corps qu’il fait les campagnes de la Grande Armée de 1805 et 1806. Grâce à sa bonne conduite, il est nommé chevalier de la <a href="https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr/ui/notice/197668#show" target="_blank">Légion d’honneur le 14 mars 1806</a>. L’année suivante (25 mai 1807), il devient aide de camp du général Villate et est affecté au premier corps de la Grande Armée, sous les ordres de qui il fait la campagne de Pologne. Par la suite, les séquelles de 2 blessures le conduisent à servir dans des postes moins exposés. En 1808, il est affecté sous le général Roguet dans l’île de Cadzand en Hollande, puis dans son grade à la 13<sup>e</sup> division militaire. En mars 1809, à sa demande, Laurent Jourdain est nommé à la tête d’une compagnie dans le 60<sup>e</sup> de ligne. Affecté en Espagne, des ennuis de santé le poussent à la retraite en 1810. Cette mise au repos est de courte durée, et le 24 janvier 1811, il est nommé adjoint à l’état-major de la 3<sup>e</sup> division de l’armée d’Allemagne. Le 20 juillet suivant, il est promu chef de bataillon dans le 15<sup>e</sup> régiment d’infanterie légère avec lequel il fait la campagne de Russie. Le 7 septembre 1812, il est blessé d’un coup de feu au pied à La Moskowa. </div> ![Brevet de capitaine de Laurent Jourdain](../images/Jourdain_capitaine.jpg) _Brevet de capitaine de Laurent Jourdain, Archives municipales de Châtillon-sur-Seine_ </div> Lors de la campagne de Saxe, le 6 avril 1813, Laurent Jourdain est nommé major à la suite au sein de son régiment dont il commande le dépôt en septembre 1813. Affecté au 22<sup>e</sup> léger à Rome, hors d’état de marcher sans béquille, il reste au dépôt de son régiment pendant la campagne de France. Rallié à Louis XVIII, il demande et obtient la croix de Saint-Louis. Ce ralliement n’empêche pas sa mise en demi-solde le 1er octobre 1814. Il rentre alors dans le civil. Le 3 avril 1815 est clôturée la succession familiale entre lui et sa sœur mariée à M. Ortillon. Ce confortable héritage le met à l’abri du besoin. Sa mise à la retraite le 21 juillet 1822, le dégage définitivement de ses obligations militaires. Célibataire et installé à Versailles, il meurt le 23 avril 1849 à l’âge de 78 ans. <br /> Mis en ligne : juin 2024 <br /> <br /> <br /> ## Dominique-François Hinard, un parcours atypique de la Manche à la Pologne. Dominique-François Hinard est né le 25 janvier 1780 à Coutances (Manche), fils de Jacques Bonaventure Alexandre Hinard, tisserand, et de Françoise Catherine Le Dentu. Sans doute initié tôt à l’écriture, il exerce comme employé au greffe du tribunal civil de la Manche. Le 16 septembre 1799, à Coutances, il épouse Rosalie Passelais, fille de Jacques Passelais, marchand, et de Jacqueline Jeanne Boussey, de sept ans son aînée. Leur premier fils, Séraphin, naît vraisemblablement au cours de l’année 1800, tandis que le second, Paul (1803-1886), naît à Coutances, tandis que son père est en garnison en Bretagne. Parti de Coutances dans le courant du mois de janvier 1803, Dominique-François est un conscrit de l’an X. Incorporé le 19 pluviôse an XI [8 février 1803] à Brest dans le 1<sup>er</sup> bataillon du 40<sup>e</sup> régiment de ligne sous le matricule 1005, le soldat connaît un avancement progressif : il est nommé caporal le 29 floréal an XI [19 mai 1803], fourrier le 11 prairial an XI [31 mai 1803], sergent le 21 juin 1806 et finalement sous-lieutenant le 21 décembre 1806. Sa progression, depuis simple soldat du rang, est accélérée à ses débuts par sa grande maîtrise de l’écriture, dont témoignent ses lettres, toujours soigneusement calligraphiées, rarement raturées et montrant une profonde connaissance de la langue française. Rapidement repéré par ses supérieurs, il fait office de secrétaire, chargé des comptes et de la correspondance de ses colonels successifs. <div class="medium-image"> ![Registre matricule d'Hinard, SHD, GR, 21YC350](../images/Hinard_SHD-GR-21YC350.jpg) _Matricule de Dominique François Hinard au 40<sup>e</sup> de ligne, SHD, GR, 21 YC 350, ©SHD, Ministère des Armées_ </div> Après la rupture de la Paix d’Amiens, la guerre avec l’Angleterre est officiellement déclarée le 23 mai 1803. Hinard reste un temps en rade de Brest au fort de Quélern. Le 40<sup>e</sup> de ligne rejoint finalement l’Armée des Côtes de l’Océan en vue de l’invasion de l’Angleterre. Hinard transite par Nantes en novembre 1803, où il est hospitalisé pour une gale. Après sa guérison, Hinard passe, par voie de terre et de mer, sur la 89<sup>e</sup> canonnière, par Paimbœuf, la rivière d’Auray, Quimper, les Pennemares. C’est en juillet 1804 que le soldat fait son baptême du feu contre des frégates anglaises, et échappe de peu à la mort. Après avoir mouillé plusieurs mois au Havre, Hinard rejoint le camp de Wimereux, à cinq kilomètres de Boulogne-sur-Mer, en juin 1805. Il y effectue une série de grandes manœuvres, dont une sous la supervision de Napoléon. Il est de nouveau hospitalisé, avant d’apprendre le changement de stratégie de l’Empereur. Après l’échec des tentatives de conciliation avec Vienne, la guerre est déclarée avec l’Autriche et l’armée réunie à Boulogne commence à quitter le camp pour l’est le 27 août 1805. C’est le début de la guerre de la Troisième coalition, opposant le Royaume-Uni, l’empire russe, l’empire d’Autriche, la Suède et le Royaume de Naples, à l’empire français, à l’Espagne, au royaume de Bavière et à leurs alliés. Passé en Allemagne courant septembre, Hinard participe à la prise d’Ulm, puis à la bataille d’Austerlitz. Croyant pouvoir alors rentrer en France, le soldat doit se rendre à l’évidence en mai 1806 : la guerre contre la Prusse n’est pas terminée, et Hinard marche vers la Pologne. C’est là, à l’hôpital Poniatowsky de Varsovie, qu’il décède des suites d’une fièvre, le 11 février 1807, quelques semaines à peine après avoir écrit sa dernière lettre et annoncé à son épouse Rosalie qu’il avait été nommé officier avec le grade de sous-lieutenant. Son décès est rapporté dans les registres d’état civil de Coutances à une date très postérieure, le 27 février 1830. Probablement était-ce un moyen pour Rosalie, qui ne décède qu’en 1850, de toucher a posteriori une pension de veuve d’officier ? Martin Jaillet, agrégé d’histoire, archéologue, responsable de l’étude du fonds Hinard en novembre 2022. <br /> <br /> <br /> ## Jean Antoine Simonet, un bourguignon dans la Grande Armée Jean Antoine Simonet est né en 1774 dans la commune de Neuville, canton de Saint-Florentin dans l’Yonne. À l’âge de 19 ans, il est requis pour défendre la Nation et sert au bataillon des volontaires de l’Yonne à compter du 23 août 1793. Le 19 juin 1795, il intègre la 55<sup>e</sup> demi-brigade d’infanterie de ligne où il sert avec son cousin Jean-Baptiste Davion et plusieurs connaissances. Voltigeur du 2<sup>e</sup> bataillon, il passe caporal le 20 juin 1799, puis sergent le 2 décembre 1803. Sa carrière patine ensuite. Après 10 ans de campagne sous les Aigles du 55<sup>e</sup> de ligne, le 1<sup>er</sup> juillet 1813, il est finalement nommé sous-lieutenant. Ses états de service sont élogieux. En octobre 1813, l’inspecteur aux revues Dauchy le propose pour une gratification de campagne de 300 F. qui lui est accordée. Dans le même temps, le major Nadiaud du 55<sup>e</sup> de ligne le propose au grade de lieutenant car il : « mérite par sa bravoure, sa bonne conduite et son ancienneté de service. »[^1] La promotion et la marque de confiance est d’importance car il doit remplacer un lieutenant qui sert dans la compagnie de grenadier. Trop jeune en grade, il n’est pas nommé. <div class="medium-image"> ![Registre matricule de Simonet, SHD, 21YC457](../images/Simonet_SHD-GR-21 YC 457.jpg) _Matricule de Simonet où s'est glissé une erreur de prénom, SHD, GR, 21 YC 457, ©SHD, Ministère des Armées_ </div> Au sein du 2<sup>e</sup> bataillon, en 1796-1797, il participe à la première campagne d’Italie. Resté dans la Péninsule, il embarque pour Corfou que les forces françaises ne peuvent reprendre. Terrien d’origine, il n’a pas le pied marin et vit difficilement la traversée. En 1799, il participe aux batailles de la retraite de l’armée française en Italie, notamment La Trebbia (17-18 juin 1799) où son régiment est durement éprouvé. Par la suite, il tient garnison en Hollande, puis est affecté au camp de Saint-Omer (1802-1805). Ses lettres très éparses ne relatent pas sa présence à Austerlitz, Iéna, Eylau ou Heilsberg où son régiment est engagé. Sans nul doute aura-t-il participé à ces victoires. Son père, Pierre, meurt au tournant du siècle. Par héritage, il devient petit propriétaire terrien, ce qui lui assure quelques revenus. Ses biens et affaires sont gérés par son oncle (J.B. Darlay) avec qui il entretient une correspondance plus ou moins régulière. Ce dernier lui fait parvenir les quelques subsides qui proviennent de ses terrains où poussent des céréales et de la vigne. Cet argent venu de France lui permet de subvenir à ses besoins et surtout pallier aux retards de paiements de sa solde. De 1808 à 1813, il sert en Espagne. Il participe notamment à la bataille d’Ocaña. En avril 1810, lors d’une patrouille contre les guérillas espagnoles, il est fait prisonnier avec sept de ses camarades. Après 1 an et 5 mois de détention à Carthagène (Andalousie), il est déporté vers les Canaries début septembre 1811. En chemin, il a la chance d’être délivré par un navire corsaire. Débarqué en Catalogne, il doit retourner à son régiment mi-septembre 1811. Simonet qui n’a pas une fibre militaire très poussée espère être démobilisé. Un peu vertement son colonel met fin à ses espoirs et Jean Antoine reste en Espagne jusqu’au printemps 1813. Le bourguignon y participe aux divers engagements de son régiment, puis est affecté à la formation des conscrits en Hollande. Désormais officier, notre homme est affecté à la garnison de Magdebourg à l’été 1813. Avec le repli des armées impériales, il y est enfermé à partir de septembre. La reddition de la place (mai 1814) après l’abdication de Napoléon signe pour Jean Antoine la démobilisation. En juillet 1814, c’est le retour en France. Il rentre dans ses foyers après 19 ans de service. N’étant pas reparu depuis 1793 dans son village, sa mère n’a que peu de souvenirs de lui. Après quelques années, il se marie avec Rose Catherine Lespagnol de 24 ans sa cadette. En 1823, il a un fils, Zozime Désiré. Médecin militaire, il s’illustre aux hôpitaux d’Ivry en 1871. Mort en 1865, son père ne l’aura pas vu arborer la <a href="https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr/ui/notice/346740#show" target="_blank">Légion d’honneur</a> au revers de son veston. [^1]: Dossier Jean Antoine Simonet, SHD/GR, 2 YB 3803.
contexte en markdown (en)#Soldier’s words. ##Jacques Gros from Isère to Italy In 1793, Jacques Gros volunteered to leave his village of Merlas in Isère to join the Republican army in the 8th Battalion of Isère. As part of the 146th Battle Demi-Brigade, he campaigned in the Alps in Tarentaise and at the Saint Bernard Pass until February 1796. On 19 and 20 February 1796, the 146th demi-brigade was amalgamated into the 5th demi-brigade of the second formation. Jacques Gros then joined the unit's 3rd battalion. He took part in Bonaparte's first Italian campaign and travelled across the Po Valley until the capture of Venice in 1797. After Bonaparte's departure, his unit remained in Italy, and he took part in the 1799 campaign, at the end of which he was demobilised. Returning to his village, he married and had a son in 1807. He died in 1811. <div class="medium-image"> ![Jacques Gros registration number, 5th demi-brigade de ligne, SHD, GR, 18YC8](../images/SHD_18Yc8_Gros_2.jpg) _Jacques Gros registration number, 5th demi-brigade de ligne where he is mistakenly listed as ‘dead’, SHD, GR, 18YC8 ©SHD_ </div> ##Laurent Jourdain, soldier of the Revolution, officer of the Empire Laurent Jourdain was born in Poissy on 15 September 1771 son of Laurent Pierre Jourdain, a butcher in Paris, and Marie Jeanne Lhomme. On the death of Laurent Pierre before the Revolution, Marie Jeanne remarried, this time to Mr Fourquet, her late husband’s cousin and an officer in the army of the ancien régime. The family was well established and owned several houses in Poissy and Paris, as well as land and farms. The property was managed by Laurent Jourdain's uncle, Laurent Alexis Jourdain (who died on 18 October 1799). Nothing is known about Laurent Jourdain's early life. We do know, however, that he received a very good education, as at the age of 15 he was awarded a "Latin prize" in 1786 at his school, the prestigious Collège d'Harcourt. It was in the midst of the revolutionary turmoil, and after falling out with his mother, that he decided to enlist in order to get away from his family. On 8 October 1791, he joined the 1st Battalion of the 48th Infantry Regiment in Rennes and first encountered the royalist unrest against the new regime. <div class="medium-image"> ![Laurent Jourdain registration number 48th Infantry Regiment, SHD, GR, 14YC69](../images/Jourdain-SHD-GR-14Yc69.jpg) _Laurent Jourdain registration number 48th Infantry Regiment, <a href="https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/ark:/40699/e005e4692014ee81/5e469211ad156" target="_blank">SHD, GR, 14 YC 69</a>, ©SHD, Ministère des Armées_ </div> In 1794, his regiment was initially amalgamated into the 95th demi-brigade de bataille, then in 1796 into the 62nd de ligne, as part of which he campaigned in Germany within the Army of the Rhine for 7 years. He describes the marches, the cold, the atrocities on both sides, his astonishment at the excesses of the Revolution in Paris, but also the tactical errors of his leaders. During his years in the field, he was appointed corporal-fourrier on 1 January 1793, but had to wait until 8 August 1795 before being appointed sergeant. From that date, he was attached to General Schauenbourg, Inspector General of the Infantry, as secretary. Whilst this position protected from the battlefields, it however slowed his advancement. <div class="medium-image"> ![Laurent Jourdain registration number 95th demi-brigade de bataille, SHD, GR, 17YC96](../images/Jourdain_95e_SHD_17Yc96.jpg) _Laurent Jourdain registration number 95th demi-brigade de bataille, <a href="https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/ark:/40699/e0063a73e0af025c/63a73e0b1d711" target="_blank">SHD, GR, 17 YC 96</a>, ©SHD, Ministère des Armées_ </div> On 14 April 1798, he was appointed second lieutenant and campaigned in Switzerland in 1799. Apart from the war, his stay in Germany was punctuated by encounters with women, in particular, a young noblewoman, the sister of a German general, fell in love with him and declared her love for him in writing. At the same time, however, he had another relationship. His documents provide therefore a valuable witness of the love life of soldiers in occupied territory. <div class="text-small-image"> <div class="side-text"> After a brief period on inactive status at the start of the Consulate, in 1800, his regiment campaigned with the Army of Italy. He was promoted to lieutenant on 11 October 1801, and at the same time became aide-de-camp to General Bruneteau Sainte-Suzanne. This promotion, and the friendship he formed with his general, opened up a career in army staff. While General Sainte-Suzanne was entering the Senate, Laurent Jourdain (benefitting from Sainte-Suzanne’s lobbying) obtained the rank of assistant staff captain, and on 18th July 1803 was assigned to the Loison division stationed at the Montreuil camp. It was with the 6th corps that he fought in the Grande Armée campaigns of 1805 and 1806. As a result of his exemplary conduct, he was made a Knight of the <a href="https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr/ui/notice/197668#show" target="_blank">Legion of Honour on 14 March 1806</a>. The following year (25 May 1807), he became aide-de-camp to General Villate and was assigned to the First Corps of the Grande Armée, under whose orders he fought in the Polish campaign. Subsequently, still suffering the after-effects of two wounds he served in less exposed posts. In 1808, he was posted under General Roguet to the island of Cadsand in Holland, then at the same rank in the 13th military division. </div> ![Laurent Jourdain's captain's certificate](../images/Jourdain_capitaine.jpg) _Laurent Jourdain's captain's certificate, Archives municipales de Châtillon-sur-Seine_ </div> In March 1809, at his request, Laurent Jourdain was appointed to head a company in the 60th regiment of line infantry. Though posted to Spain, health problems forced him to retire in 1810. His rest was short-lived. On 24 January 1811 he was appointed assistant to the staff of the 3rd division of the German army. On 20 July he was promoted to battalion commander in the 15th light infantry regiment, with which he took part in the Russian campaign. On 7 September 1812, he was shot in the foot at the Battle of Borodino/Moskova. During the Saxony campaign, on 6 April 1813, Laurent Jourdain was appointed brevet major in his regiment, whose depot he commanded in September 1813. Assigned to the 22nd Léger in Rome, unable to walk without a crutch, he remained at his regiment's depot in 1814. He rallied to Louis XVIII and applied for the Cross of Saint-Louis. This rallying to the regime did not prevent his being placed on half pay on 1 October 1814. He then returned to civilian life. <br /> On 3 April 1815, the family estate was settled between him and his sister, who was married to Mr Ortillon. This comfortable inheritance made him independently wealthy. His retirement on 21 July 1822 definitively relieved him of his military obligations. He died in Versailles on 23 April 1849 at the age of 78. <br /> <br /> ##Jean Antoine Simonet, a Burgundian in the Grande Armée Jean Antoine Simonet was born in 1774, in the commune of Neuville, in the canton of Saint-Florentin in the Yonne department. At the age of 19, he was called up to defend “La Nation” and began service in the Yonne volunteer battalion on 23 August 1793. On 19 June 1795, he joined the second battalion of the 55th demi-brigade of line infantry where he served with his cousin Jean-Baptiste Davion and several other acquaintances. As a voltigeur in the 2nd battalion, he became a corporal on 20 June 1799, then a sergeant on 2 December 1803. His career then stalled. After 10 years of campaigning with the 55th Line, in July 1813, he was finally appointed second lieutenant. <div class="medium-image"> ![Simonet registration number, SHD, 21YC457](../images/Simonet_SHD-GR-21 YC 457.jpg) _Simonet's number where a first name error slipped, SHD, GR, 21 YC 457, ©SHD, Ministère des Armées_ </div> In the 2<sup>nd</sup> battalion, in 1796-1797, he took part in the First Italian Campaign. From the Italian Peninsula, he embarked for Corfu, which the French forces could not recapture. As a life-long landlubber, he found the sea crossing very unpleasant. In 1799, he took part in the retreating French army’s battles in Italy, notably La Trebbia (17-18 June 1799) where his demi-brigade was severely tested. Afterwards, he was garrisoned in Holland, then posted to the camp at Saint-Omer (1802-1805). His very sparse letters do not mention his presence at Austerlitz, Jena, Eylau or Heilsberg where his regiment was engaged, though it is almost certain that he took part in these victories. On his father’s death in 1800, Jean Antoine became by inheritance a small landholder (growing grapes and cereals mainly) which provided him with a small income. His business affairs were managed by his uncle (J.B. Darlay) to whom he wrote relatively regularly and who provided Jean Antoine with the sums that allowed him to pay his living expenses given the regularly late arrival of his army pay. Between 1808 and 1813, he fought in the Peninsular War, participating notably in the battle of Ocaña. In April 1810, during a patrol, he was captured along with seven other men. After a year and five months detained in Cartagena (Andalusia), he was deported to the Canary Islands at the beginning of September 1811. Luckily freed by a passing french corsair, he disembarked in Catalonia and returned to his regiment a mere fifteen or so days later. Jean Antoine was not a died-in-the-wool soldier and wanted to be demobilised. His colonel brutally denied his request, and Jean Antoine remained in Spain until the spring of 1813. After being detailed to train conscripts in Holland, the recently promoted Jean Antoine then joined the garrison in Magdeburg in the summer of 1813. As the imperial armies retreated, he was encircled in Magdeburg from September on. The garrison surrendered in May 1814 after Napoleon’s first abdication and Jean Antoine was finally demobbed. In July 1814, Jean Antoine returned to his village after 19 years of service. His mother barely recognised him. A few years later, he married Rose Catherine Lespagnol, 24 years his junior. In 1823, they had a son, Zozime Désiré, who became a military doctor in the hospital in Ivry who in 1871 received the <a href="https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr/ui/notice/346740#show" target="_blank">Legion of Honour</a>. Jean Antoine had died six years earlier (1865) and would not witness his son’s success. <br /> <br /> ##Dominique-François Hinard, from the French north coast to Poland. Dominique-François Hinard was born on 25 January 1780 in Coutances (Manche department), son of Jacques Bonaventure Alexandre Hinard, weaver, and Françoise Catherine Le Dentu. He was probably introduced to writing at an early age and worked as an employee at the clerk's office of the civil court of the Manche. On 16 September 1799, in Coutances, he married Rosalie Passelais, daughter of Jacques Passelais, a merchant, and Jacqueline Jeanne Boussey. Their first son, Séraphin, was probably born in 1800, while their second, Paul (1803-1886), was born in Coutances, while his father was in garrison in Brittany. He left Coutances in January 1803. Dominique-François was a conscript of the year X. After being incorporated into the 1st Battalion of the 40th Line Regiment (number 1005) in Brest on 19 Pluviôse, Year XI [8 February 1803], he progressed gradually: he was promoted corporal on 29 Floréal, Year XI [19 May 1803], Fourrier on 11 Prairial, Year XI [31 May 1803], Sergeant on 21 June 1806 and finally Second Lieutenant on 21 December 1806. His progress, from a simple private in the ranks, was accelerated at the beginning by his mastery of writing, as shown by his letters and his beautiful handwriting, with few crossings out and his real command of the French language. He was quickly identified by his superiors and acted as secretary to successive colonels, in charge of the accounts and correspondence. <div class="medium-image"> ![Hinard registration number, SHD, GR, 21YC350](../images/Hinard_SHD-GR-21YC350.jpg) _Number of Dominique François Hinard at the 40<sup>th</sup> of the line, SHD, GR, 21 YC 350, ©SHD, Ministère des Armées_ </div> After the breaking of the Peace of Amiens, war with England was officially declared on 23 May, 1803. Hinard remained for a while in the harbour of Brest at the fort of Quélern. The 40<sup>th</sup> line then joined the Armée des Côtes de l’Océan with a view to invading England. Hinard subsequently passed through Nantes in November 1803, where he was hospitalised for scabies. After his recovery, Hinard went by land and sea, on the “89<sup>th</sup> gunboat”, through Paimbœuf, down the Auray river, to Quimper, and the Pennemares. It was in July 1804 that he had his baptism of fire, against English frigates, and narrowly escaped death. After several months at anchor in Le Havre, in June 1805, Hinard joined the camp at Wimereux, five kilometres from Boulogne-sur-Mer. There he took part in a series of major manoeuvres, including one under Napoleon's supervision. He was hospitalised again. It was at this moment that the Emperor changed his strategy. After the failure of attempts at conciliation with Vienna, war was declared with Austria and the army assembled at Boulogne began to leave the camp for the east on 27 August 1805. This was the start of the Third Coalition War, pitting the United Kingdom, the Russian Empire, the Austrian Empire, Sweden and the Kingdom of Naples against the French Empire, Spain, the Kingdom of Bavaria and their allies. Having crossed into Germany in September, Hinard took part in the capture of Ulm, then in the battle of Austerlitz. Though he believed that he could return to France, Dominique-François was then marched towards Poland, and it was there, at the Poniatowsky hospital in Warsaw, that he died of a fever on 11 February 1807, just a few weeks after writing his last letter and announcing to his wife Rosalie that he had been appointed officer with the rank of Second Lieutenant. His death was recorded in the civil registers of Coutances at a much later date, 27 February 1830. Was this probably a way for Rosalie, who did not die until 1850, to receive an officer's widow's pension after the fact? Text written by Martin Jaillet, Graduate Student, director of the study of the Hinard collection in November 2022.
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