CS_Jourdain_63.md

identifiantCS_Jourdain_63.md
fait partie delettres_soldats
est validéoui
date1810/04/20 00:00
titreM. Massabeau à Laurent Jourdain
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CS-JOURDAIN</i> - 63 - </b> M. Massabeau à Laurent Jourdain</h1> <h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Lille, 20 avril 1810</h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je suis arrivé ici, mon cher Jourdain, bien brisé et bien rompu. Je vous confesse que je suis guéri de l’envie de voyager à l’armée avec un porteur de lettres. Je ne suis point encore remis de mes fatigues.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Dites-moi je vous en prie où en sont nos affaires. Finiront-elles ? Ou ne finiront-elles pas ? Il y a bientôt deux mois que nous attendons fort peu de choses, n’est-ce pas bien raisonnable ? Je puis ici attendre très facilement mais encore je voudrais que cela soit fini et savoir à quoi m’en tenir. J’espère que bientôt vous adresserez sans tarder à M. le général Gilibert, sous inspecteur aux revues, mes patentes bien en règle afin que je puisse toucher quelques fonds, si toutefois nous pouvons en toucher avant l’expiration de notre congé. Je vous prie de me donner tous ces renseignements nécessaires ainsi que la marche que vous aurez prise à Paris pour nous.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> On cherche ici à me donner beaucoup de regrets. À cause que j’ai quitté la capitale au moment des fêtes, mais des fêtes comme on ne peut imaginer ; enfin mon cher Jourdain pouvez-vous bien le croire, on dit que ce que nous avons vu n’est rien. Je compte sur vous pour me dire la vérité ; ne craignez pas de m’affliger. Je suis auprès d’une jeune et jolie femme qui a plus d’esprit qu’il ne faut pour distraire un nigaud de ma façon et pour me faire oublier les pertes que j’aurai pu faire.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Adieu mon cher camarade, continuez à vous bien porter et à vous amuser beaucoup. Donnez-moi de vos nouvelles et croyez au sincère attachement que je vous ai voué.</p> <h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Massabeau</h3> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Si le général est de retour de Champagne, faites-lui je vous prie agréer l’hommage de mon respect ainsi qu’à M. le préfet et à Mme de Sainte-Suzanne. Mes amitiés à M.M. Contant et Augier. Embrasse pour moi l’intéressante famille.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Mon frère a été très sensible à votre souvenir ; il vous en remercie et vous dit mille choses flatteuses ainsi que tous ces messieurs. Il est parti il y a quelques jours pour Boulogne.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> M. le général Vandamme a dû écrire au ministre de la Guerre pour demander qu’il revienne à Lille. Si sans indiscrétion vous pouviez savoir où en est cette affaire, vous m’obligeriez.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je vous embrasse de tout mon cœur.</p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> À propos, j’ai oublié ma canne chez ce mauvais drôle où j’étais logé. Si en vous promenant vous vouliez la demander au portier, il en résulterait ce qu’il pourrait.[^1]</p> [^1]: Archives municipales de Châtillon-sur-Seine, dépôt famille Ponsignon, 3Z.</body>
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