CS_Marquet_01.md

identifiantCS_Marquet_01.md
fait partie delettres_soldats
est validéoui
date1806/02/16 00:00
titreJacques Eustache Marquet à ses parents
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CS</i> - Marquet-1 </b> Jacques Eustache Marquet[^1] à ses parents, François Marquet et Henriette Pointillard</h1> <h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Palmanova, 16 février 1806</h2> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Mon cher père et ma chère mère, <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Celle-ci est pour répondre à votre dernière en date du deux nivôse, que j’ai reçue le 10 du courant. Elle m’a trouvé en bonne santé, je souhaite que la présente vous trouve de même ainsi que toute la famille. Cette réponse [vous] vient […] peut-être et cela provient du retard que j’ai eu à recevoir votre lettre. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Je vous dirais que nous sommes à présent en Italie sous les ordres du prince Eugène qui est le vice-roi de ce pays. Mais celui que nous occupons à présent jusqu’à de nouveaux ordres est la ci-devant république de Venise, où il y a huit jours que nous y sommes arrivés. Ce pays est réuni au royaume d’Italie depuis la paix. Je ne vous donnerai pas de détails sur aucune affaire, tant de la paix que de la guerre, car nous ignorons tout jusqu’à présent. On nous avait dit différentes fois que nous irions à Paris, comme vous devez savoir que toute la grande armée devait s’y rendre pour le premier mai prochain, mais d’après la marche que l’on a fait prendre à notre corps d’armée, il est sûr que nous ne nous y rendrons pas et je crois même que notre corps d’armée est pour rester en Italie. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Je vous dirais que la campagne jusqu’à ce moment-ci s’est assez bien passée. Je n’ai eu que la fatigue pour tout mal. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Pour les nouvelles du pays que vous m’apprenez, elles ne sont pas trop satisfaisantes, tant pour la récolte du vin, que mon frère qui est susceptible de partir, et [je ne pourrais] rien faire qui fut pour lui servir vu que nous sommes près de trois cents lieues de notre état-major. Veuillez bien me rendre réponse aussitôt la présente reçue afin que je puisse savoir ce qu’il est devenu. Vous m’adresserez la réponse à la même adresse que l’autre en mettant : en Italie. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Bien mes compliments ainsi qu’à mes frères et sœurs, oncles et tantes et toute la famille. </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Je finis en vous embrassant du milieu de mon cœur et suis pour la vie, </p> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Votre fils, </p> <h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Marquet</h3> <p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm">Je n’ai pas vu Demaison ni les autres depuis [Munich]. J’avais oublié de vous dire que Demaison m’avait dit qu’il y en avait plusieurs de [..] de (déchiré). Il m’en a cité les noms mais je ne m’en rappelle pas. Veuillez bien me donner de ses nouvelles [^2][…]</p> [^1]: Né le 14 mars 1783 aux Mesneuf, dans le département de la Marne, il est vigneron et arrive au corps le 16 mai 1808 après avoir été conscrit à l'an 13 de la République en tant que suppléant de M. Quiquet, conscrit de 1809. Il est fait prisonnier lors de la campagne de Russie et disparait par la suite. [^2]: Collection privée.</body>