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CS_Jourdain_62.md| identifiant | CS_Jourdain_62.md |
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| fait partie de | lettres_soldats |
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| est validé | oui |
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| date | 1808/11/11 00:00 |
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| titre | [...] à Laurent Jourdain |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CS-JOURDAIN</i> - 62 - </b> […] à Laurent Jourdain</h1>
<h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Düsseldorf, 11 novembre 1808</h2>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Il y a longtemps que je n’ai eu le loisir de t’écrire. J’ai ici du temps de reste. Tu peux te souvenir de ce qui peut m’avoir mené ici, un privilège à obtenir. C’est chose à peu près faite.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je ne suis pas très tranquille pour ton compte. Dans les dispositions où je t’ai vu, la campagne d’Espagne ne t’arrangerait guère. Cependant, tout bien pesé, je ne t’y crois pas. Tes pèlerins figureront mal avec les vieilles bandes. Dis-moi quel parti tu en as tiré. Leur es-tu définitivement incorporé ? Sans doute tu as pris ton parti, et ne respires plus que gloire, carnage, avancement, etc. Je te le souhaite de tout mon cœur. À moins de cela, tu resteras toute ta vie pauvre capitaine, et verras tes cadets te passer sur le corps.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Il y a ici, mon cher ami, le plus joli régiment, les plus jolis officiers, les plus jolis uniformes du monde. À l’exception de quelques chefs français, pas une vieille moustache, pas une balafre. Cela a grand besoin de quelques bonnes campagnes. Tel que c’est, j’en augurerais moins que de ton bataillon de conscrits.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Te souviens-tu d’un capitaine [Mouff], d’un chef de bataillon [Guther], d’un quartier maître Morin ? Tu dois avoir un tout cela dans les revues d’inspection. Cela forme aujourd’hui l’état-major du régiment d’infanterie <u>de 6 bataillons</u>, et parait s’en bien acquitter.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je suis resté à Paris, et ma femme avec moi, jusque vers la mi-octobre. S’il plaît à Dieu, à mon retour, mes affaires s’arrangeront définitivement et à mon gré, moyennant versaient d’une trentaine de mille francs, sur quoi je puis compter, je crois. Quand ce sera terminé, je te l’annoncerai pour que tu m’en fasses ton compliment.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> De ton côté, instruis-moi de tout ce qui pourra t’arriver d’un peu important, tel que coups de canon, nomination, etc.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Si tu trouves en ton chemin, quelqu’un de mes amis, embrasse-le pour moi.</p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Adieu mon cher. Bon courage et bonne fortune.[^1]</p>
<h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> (Signature illisible)</h3>
[^1]: Archives municipales de Châtillon-sur-Seine, dépôt famille Ponsignon, 3Z.</body> |
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