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CS_Jourdain_70.md| identifiant | CS_Jourdain_70.md |
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| fait partie de | lettres_soldats |
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| est validé | oui |
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| date | 1813/01/20 00:00 |
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| titre | Laurent Jourdain à M. Ortillon |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CS-JOURDAIN</i> - 70 - </b>Laurent Jourdain à son beau-frère M. Ortillon</h1>
<h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Berlin, le 20 janvier 1813</h2>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Vous voyez, mon cher Ortillon, par le lieu d’où je date ma lettre que j’ai déjà fait une centaine de lieues pour me rapprocher de vous depuis la dernière que je vous ai écrite de Thorn. Cette lettre devait se ressentir du désordre où se trouvaient alors mes facultés physiques et morales, car immédiatement après l’avoir écrite, j’ai été attaqué d’une fièvre violente avec délire. Cet état a duré cinq à six jours au bout desquels j’ai eu quelque relâche. Mais j’étais considérablement affaibli et peu en état d’entreprendre une nouvelle route ; il a cependant bien fallu s’y déterminer, les circonstances étaient trop impérieuses pour différer. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Je ne vous ai pas parlé dans ma dernière de ma blessure ; elle est très heureusement cicatrisée depuis la maladie que j’ai essuyée, mais je suis pour longtemps, je crois au nombre des claudicants. Je ne pourrai aller au pas qu’avec mon oncle Louis qui, autant qu’il m’en souvient est aussi estropié du pied gauche. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> D’après l’ordre général de l’armée, tous les militaires blessés et hors d’état de faire campagne sont dirigés sur Mayence où la commission de santé doit prononcer s’ils sont admissibles à la retraite. C’est en conséquence de cet ordre que je suis en route ; j’arriverai à Mayence dans les premiers jours de février. J’y passerai la visite de la commission et, soit qu’elle décide que je suis dans le cas d’être admis à la retraite, soit qu’elle pense que les eaux thermales ou autres moyens curatifs peuvent me rendre l’usage de mon pied blessé, je me mettrai toujours en route pour Paris puisque le dépôt du régiment s’y trouve. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> J’espère donc vous embrasser tous vers la fin de février, à moins que des obstacles imprévus ne s’y opposent. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Nous aurons bien des choses à nous dire car Dieu merci, depuis huit mois, je n’ai pas reçu une lettre de vous. Je vous en ai écrit cinq ou six du fond de la Russie. Je ne sais si elles vous seront parvenues, celle entre autres où je vous faisais part de la blessure que j’avais reçue à la bataille du 7 septembre. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Présentez à ma mère l’assurance de mon respect et de mon attachement. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Soyez l’interprète des mêmes sentiments près de mes oncles et tantes et n’oubliez pas surtout la bonne tante. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Adieu. Embrassez pour moi ma sœur et ma nièce. </p>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> Votre ami et frère, </p>
<h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Jourdain</h3>
<p style="text-indent: 1.25cm; margin-top: 0cm"> <i>P.S.</i> Il est inutile que vous m’écriviez, je ne saurais où trouver vos lettres d’une manière sûre. [^1]</p>
[^1]: Archives municipales de Châtillon-sur-Seine, dépôt famille Ponsignon, 3Z.</body> |
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