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titre (fr)Collection Denon
titre (en)The administrative correspondance of Vivant Denon
description (fr)Directeur des musées sous le Consulat et l'Empire, Dominique Vivant-Denon a entretenu une abondante correspondance avec Napoléon, ainsi que les professionnels des musées et les artistes. C'est un ensemble de plus de 3 000 lettres qui sont présentées.
description (en)Dominique Vivant-Denon, the Directeur des musées during the Consulate and Empire periods, corresponded frequently not only with Napoleon but also with French museum professionals and artists. This corpus comprises more than 3,000 of his letters.
contenu de la page de présentation en markdown (fr)# Correspondance administrative de Vivant Denon ## Fiche signalétique de la collection | Intitulé | Correspondance administrative de Vivant Denon| |----------|-------------------------------------------------| | Date | 1802-1815| | Producteur&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;| Dominique Vivant-Denon, directeur des musées sous le Consulat et l'Empire | |Importance matérielle| 3 996 lettres.| | Aperçu du contenu | La correspondance de Denon est composée de deux corpus. Un premier corpus constitué de 6 registres provenant des Archives des musées nationaux. Un deuxième corpus de lettres à Napoléon, provient des fonds des Archives nationales. Le numéro de ces lettres, provenant des Archives nationales, est précédé de la mention AN.| <a href="https://www.napoleonica.org/fr/collections/denon/search?page=0&pageSize=20">Voir les documents</a> ## Description détaillée <div class="small-image-text"> ![Couverture de la Correspondance de Vivant Denon](./images/CorrDenon_couv.jpg) <div class="side-text"> Cette collection réunit des documents appartenant à deux fonds distincts : d'une part une suite de registres provenant des Archives des musées nationaux, et, d'autre part, des lettres conservées aux Archives nationales. Cette collection est issue de la publication papier réalisée en 1999 par Marie-Anne Dupuy, Isabelle Le Masne de Chermont, Elaine Williamson, "Vivant Denon, directeur des musées sous le Consulat et l'empire : correspondance (1802-1815)", Réunion des Musées Nationaux, Paris. Le travail de mise en ligne a été effectué par les auteures et Émilie Barthet. </div> </div> ## Source ### Les registres des Archives des musées nationaux #### Description matérielle Les copies des lettres rédigées par Vivant Denon dans le cadre de ses fonctions de directeur des musées ont été transcrites dans plusieurs registres conservés aujourd'hui dans la série \*AA des Archives des musées nationaux. Les cinquante-cinq registres de cette série couvrent près de trois quarts de siècle de la vie des musées, depuis la création du Museum en 1793 jusqu'au départ en 1870 de Nieuwerkerke, dernier directeur des musées impériaux. Les 3 609 lettres publiées ici figurent dans six registres chronologiquement continus de 1802 à 1815 (*AA 4, 5, 7, 8, 9, 10), auxquels ont été adjoints les courriers transcrits dans un registre dit de "correspondance supplémentaire" (*AA 12), dont les quelque quatre cents lettres, distinguées ici par une numérotation séparée par un trait d'union, ont été insérées dans cette édition à la place chronologique qu'elles auraient dû occuper. Les lettres sont soigneusement transcrites, dans une écriture claire et facile à lire, de plusieurs mains différentes, sur du papier réglé et margé, les mentions marginales précisant l'objet et le destinataire du courrier. Le but de ces registres étant de garder mémoire des courriers envoyés et de pouvoir en retrouver le texte, chaque volume s'achève par une table alphabétique des correspondants (classés par la première lettre du nom et non strictement par ordre alphabétique), donnant la date du courrier, son objet et l'indication de la page à laquelle il a été transcrit. Seul le registre *AA 5 a gardé son cartonnage vert d'origine ; sur chacun des plats se remarquent encore les deux points d'attache des lacets, aujourd'hui disparus, destinés à assurer une bonne fermeture du volume. Il convient de souligner ici que l'édition des lettres reproduites à partir des registres conservés aux Archives des musées nationaux s'appuie sur des copies, souvent effectuées avant l'envoi des lettres elles-mêmes. Destinées à des fins uniquement administratives, ces copies ne font jamais apparaître les formules de politesse finales ; transcrites avec un grand soin, elles trahissent néanmoins quelques incompréhensions ou étourderies du commis aux écritures, les plus fréquentes étant les sauts du même au même qui provoquent l'omission d'un ou plusieurs membres de phrase. Lorsque l'original était accessible, le texte a été rétabli à partir des lettres conservées aux Archives nationales ou au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale de France. #### Destinataires et contenu Les destinataires de ces lettres peuvent se classer en trois catégories : les autorités dont relève le directeur des musées (ministère de l'Intérieur et Maison de l'Empereur), les autres agents de l'État, parmi lesquels ses subordonnés, et enfin les particuliers. Si, lors de sa nomination en 1802, Denon relève uniquement du ministère de l'Intérieur, tout change au premier jour de l'an XIII (23 septembre 1804), date à compter de laquelle une partie de ses attributions est transférée à l'intendance de la Maison de l'Empereur qui se met alors en place. L'emprise de l'intendance va encore s'accroître avec la nomination de Daru en 1805, ce qui entraîne une correspondance abondante liée au fonctionnement de l'établissement : élaboration du budget annuel, envoi chaque mois, généralement par deux courriers distincts, des états de traitement des employés du musée Napoléon et de ceux du musée de Versailles, envoi trimestriel des bordereaux et des pièces justificatives des dépenses de fonctionnement de ces deux établissements (chauffage, éclairage, petits travaux divers...). L'autorité de l'intendance s'étend en outre à deux domaines des plus importants pour ce qui concerne l'activité de Denon : l'entretien et l'aménagement des palais impériaux pour lesquels les musées doivent fournir des tableaux et les grandes commandes, comme celle des portraits des dix-huit maréchaux de l'Empire ou les statues des princes et des grands dignitaires. Denon est en outre en relation avec de nombreux agents de l'État, et en tout premier lieu avec ses subordonnés, les échanges épistolaires les plus orageux étant sans conteste ceux qu'il entretient avec Lenoir, conservateur du musée des Monuments français, tandis que le commerce avec Versailles relève davantage de la routine. Pour ce qui est des tableaux envoyés en province, ses interlocuteurs sont les préfets et les maires. Enfin, les particuliers auxquels il écrit sont essentiellement les artistes dans le cadre des commandes, pour lesquelles il a également à informer les princes et les grands dignitaires, les fournisseurs divers et, de manière épisodique, les rédacteurs de journaux, les membres des sociétés savantes de son temps, parmi lesquelles des académies étrangères. ### Les lettres provenant des Archives nationales #### Sources Nous présentons ici un choix des lettres originales adressées par Denon à Napoléon et conservées aux Archives nationales. Nous avons privilégié celles provenant des fonds de la secrétairerie d'État et tout particulièrement les manuscrits classés dans les cartons AF IV 1049 et AF IV 1050 relatifs à l'administration des arts. Y sont réunies non seulement des lettres au Premier Consul puis à l'Empereur mais également des notes confidentielles à lui adressées ainsi que les "feuilles de travail" destinées à préparer les discussions et à enregistrer les décisions prises. Nous y avons adjoint, de manière ponctuelle, des documents provenant d'autres fonds, notamment de la série O-2 (Maison de l'Empereur). Il s'agit là soit de lettres retransmises par Napoléon à ses ministres ou à l'intendant général de sa Maison, soit de pièces apportant un complément d'information utile à la compréhension des textes publiés ici. Certaines de ces lettres originales figurent également dans les registres des Archives des musées nationaux. Nous avons pris le parti, dans ce cas, de reproduire les deux versions du texte afin de conserver l'intégralité du corpus des lettres recopiées dans les registres de correspondance du musée, tout en respectant le caractère authentique de l'original. On constatera par ailleurs qu'il se présente parfois des variantes importantes entre les deux états qu'il convenait de ne pas négliger. #### Description matérielle Les lettres administratives de Denon sont rarement écrites de sa main et ne sont pas toujours signées, même quand elles sont destinées à l'Empereur. Lorsque manque la signature, le filigrane ou le format et la teinte du papier utilisé, l'écriture du copiste ou du secrétaire, la couleur de l'encre, voire la finesse de la plume, sont autant d'éléments qui permettent l'attribution à Denon du texte en question, ainsi, parfois, que sa datation. Celle-ci est également facilitée par l'enregistrement des lettres reçues à la secrétairerie d'État, la date de réception étant souvent inscrite sur les documents envoyés à l'Empereur. Le courrier adressé par Denon à Napoléon a ceci de particulier qu'à partir de 1804 il est rarement rédigé sur du papier à en-tête, à la différence des lettres envoyées aux ministres et aux particuliers. Sous le Consulat, en revanche, le directeur avait employé le papier à lettres à trois en-têtes différents successivement conçus pour refléter l'évolution de ses titres, de la transcription de son propre nom et le changement de l'appellation du musée (AN 1, AN 3, AN 4, AN 6-AN 11, AN 12-AN 13). #### Contenu Dans les lettres et notes qu'il adresse au Premier Consul puis à l'Empereur, Denon traite des principales entreprises artistiques de la période : conception et réalisation des monuments, statues, médailles, tableaux, tapisseries, gravures et dessins destinés à commémorer les moments forts de l'histoire nationale contemporaine et les personnalités qui l'ont illustrée ; organisation des expositions et du Salon ; choix des objets d'art à enlever dans les pays conquis ; envoi de tableaux aux palais impériaux et aux musées de province. Mais cette correspondance permet également au lecteur de pénétrer dans les coulisses de l'administration des arts, qu'il s'agisse de la restructuration d'un établissement placé sous la responsabilité de Denon ; de l'art de diriger l'opinion des membres de commissions chargées de prendre des décisions importantes ; des négociations relatives à la rémunération à accorder aux artistes, et tout particulièrement au Premier Peintre de l'Empereur, David. Parfois enfin, sur un plan plus personnel, deviennent perceptibles les sentiments de joie mais aussi de peine qu'a pu éprouver le directeur des musées dans ses relations avec l'Empereur. ## Présentation de l’édition numérique ### Le bandeau de données essentielles Ce sont des informations rassemblées en début de chaque lettre qui sont constituées du numéro de publication de la lettre, de sa date, du nom ou fonction du destinataire, du nom de l'auteur de la lettre (qui n'est pas Denon, dans le cas du Précis), du nom, côte et page du registre de provenance ; de sorte que les lettres sont toujours liées à l'ensemble de la correspondance administrative de Vivant Denon. La source bibliographique a été reporté après le texte de chaques lettre. L'indication de provenance du registre supplémentaire se fait à la suite du numéro de la lettre, non par un exposant, mais un trait d'union suivi d'un chiffre. Il en est de même pour les côtes de registres conservés aux Archives nationales. ### Principe d’édition La graphie du document est respectée, pour les noms propres, comme pour certaines particularités orthographiques de l'époque, par exemple "mai", orthographié "may". Les formes jugées anormales sont signalées par le mot *sic*, entre crochets droits, matérialisant l'intervention des auteurs. Les passages soulignés dans le manuscrit sont rendus par l'italique et ont été maintenus dans la présente édition. L'accentuation, la ponctuation, l'utilisation des majuscules, du trait d'union et du "c" cédille suivent l'usage moderne. Les abréviations sont résolues. Les mots raturés dans l'édition papier sont, ici, grisés.
contenu de la page de présentation en markdown (en)# The Denon corpus ## Introduction to the Denon corpus | Title |The administrative correspondance of Vivant Denon | |--------------------|-----------------------------------------------------------------------------------| | Dates |1802-1815 | | Author |Dominique Vivant-Denon, Director of Museums during the Consulat and the Empire | |Significance&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; | A first group consisting of six registers from the Archives des musées nationaux [The Archives of the Musées Nationaux] (AA 4, 5, 7, 8, 9, 10) and one register of ‘additional correspondence’ (*AA 12). A second group of letters to Napoleon from the collections of the Archives Nationales [French National Archives] and kept in boxes IV 1049, AF IV 1050 and AF IV 1676, as well as in series O-2, BB-30 and F-21.| | Content overview | Group 1 consists of 3,928 letters, including 319 from the additional register and 85 from the "Précis". Group 2 consists of 97 letters, reports or notes from Denon to Napoleon, accompanied by attachments, including 60 addressed to Napoleon. The reference numbers of these letters are preceded by the siglum AN as they are located at the Archives Nationales. | <a href="https://www.napoleonica.org/fr/collections/denon/search?page=0&pageSize=20">See the documents</a> ## Detailed description <div class="small-image-text"> ![Book cover of the de Vivant Denon's Correspondance](./images/CorrDenon_couv.jpg) <div class="side-text"> This corpus brings together documents from two distinct archives; registers from the Archives des Musées Nationaux and letters from the Archives Nationales. The letters have been arranged into two volumes and published by Marie Anne Marie Dupuy, Isabelle Le Masne de Chermont, and Elaine Williamson, with the title *Vivant Denon, directeur des musées sous le Consulat et l'empire: correspondance (1802-1815)* [Vivant Denon, Director of Museums under the Consulat and the Empire: correspondance], (Réunion des Musées Nationaux, Paris, 1999). </div> </div> ## Source ### The registers of the Archives des Musées Nationaux #### Material description Copies of the letters written by Vivant Denon during his time as Director of Museums have been transcribed in several registers which are now kept in series AA at the Archives des Musées Nationaux. The 55 registers of this series cover almost three quarters of a century of museum life, from the founding of the museum in 1793 until the departure of Nieuwerkerke, the last Director of the Imperial Museums, in 1870. The 3,609 letters published here are taken from six chronological registers dating from 1802 to 1815 (AA 4, 5, 7, 8, 9, 10), along with letters transcribed from a register titled ‘additional correspondence’ (*AA 12) comprising four hundred or so letters (distinguished here by numbers separated by a hyphen) which have been added to this edition at the appropriate chronological points. The letters are in several different, clear and easy-to-read hands, and they were carefully transcribed. The paper is ruled, with margins containing the specifications of the subject and addressee of each letter. As the purpose of these registers is to keep a record of dispatched letters, and to make the texts accessible, each volume ends with an alphabetical table of correspondents (classified by the first letter of the name and not strictly in alphabetical order), giving the date of the letter, its subject and a note of the page on which it was transcribed. Only register *AA 5 is preserved in its original green folder. Two marks can still be seen on both the front and back covers: this is where the original string would have been attached to secure the register. It should be noted that the letters reproduced for the collection from the registers kept at the Archives des Musées Nationaux are based on copies, which were often made before the original letters were sent. These copies were produced for administrative purposes only and as such do not include the polite formulas that would have been included in the final versions. In addition, despite having been transcribed with great care, these copies often show misunderstandings or mistakes on the part of the copyist, the most frequent being "sauts du même au même" causing the omission of one or more elements in the sentence. Wherever possible, the original versions of these letters have been located at the Archives Nationales or the manuscript department at the Bibliothèque Nationale de France [the French National Library]. #### Recipients and contents The recipients of the letters can be divided into three categories, namely: the authorities to whom the Director of Museums reported (the Ministry of the Interior and the "Maison de l’Empereur" [the Emperor’s Household); other public officials (including his subordinates); and private individuals. When he was appointed in 1802, Denon reported directly to the Ministry of the Interior. This changed on the first day of the Year XIII (23 September 1804) when his duties were placed under the authority of the newly established "Maison de l’Empereur". The influence of the "Maison de l’Empereur" increased with Daru’s appointment in 1805, which led to a great deal of correspondence between the Maison and Denon relating to the day to day running of the establishment. The correspondence often focused on topics such as the annual budget, the monthly distribution (normally by two separate couriers) of the employees’ salary statements (for employees at the Napoleon Museum and the Museum of Versailles), as well as the quarterly reports and supporting documents detailing the running costs of these two establishments (heating, lighting, various minor works, etc.). The Maison’s authority also extended to two of Denon’s most important areas of activity: the maintenance and fitting out of the imperial palaces (for which most of the paintings came from the museums), and major commissions, such as paintings of the 19 marshals of the Empire, or statues of the princes and great dignitaries. Denon also corresponded with many state officials, first and foremost with his subordinates. His correspondence with officials in Versailles was fairly routine in nature, but there were a number of fiery exchanges with Lenoir, the curator of the Musée des Monuments Français. He corresponded mostly with the local prefects and mayors when dealing with the transportation of paintings to the provinces. Finally, those in the ‘private individuals’ category are mostly artists he wrote to on the subject of commissions. On this topic, he also had to correspond with princes and high-level dignitaries, suppliers, and sometimes newspaper editors and members of different ‘learned’ societies (including foreign academies). ### The letters preserved at the Archives Nationales #### Sources We have selected a number of original letters, written by Denon to Napoleon, from the collection preserved at the Archives Nationales. The selection includes letters written to the First Consul and later Emperor, but also confidential notes and **feuilles de travail [worksheets]** written to record discussions and the decisions taken. Documents from other collections, notably the O-2 series (Maison de l'Empereur), have been added to the collection on an ad hoc basis. These are either letters sent by Napoleon to his ministers or to the intendant general of his Maison, or documents that provide additional information useful for understanding the context of the other texts. Some of these original letters are also part of the registers at the Archives des Musées Nationaux. In these cases, we have decided to reproduce both versions of the text in order to preserve the entire body of copied letters in the museum's correspondence registers, while maintaining the authenticity of the original version. There are sometimes significant differences between both versions of a text which have been noted in the collection. These discrepancies should not be overlooked. ## Material Description Denon’s administrative letters were rarely written by hand and weren’t always signed, even when they were intended for the Emperor. Even without a signature, texts can be attributed to Denon on the basis of the watermark or size and colour of the paper, the handwriting of the scribe or secretary, the colour of the ink, the width of the nib, or sometimes the dating of the document. Letters received by the Emperor at the Secretary of State were registered and often inscribed with their date of reception, which also aids the process of attribution. Denon’s letters to Napoleon are particular in that from 1804 onwards, they were rarely written on letterhead paper in contrast to letters he wrote to ministers or other individuals. During the Consulat, the director had written on paper with three different letterheads, successively designed to reflect the evolution of his job title, the transcription of his own name, and the change in the name of the museum. (AN 1, AN 3, AN 4, AN 6-AN 11, AN 12-AN 13). ## Content In the letters and notes he wrote to the First Consul and then to the Emperor, Denon addressed the principal artistic activity of the time. This included the design and construction/production of monuments, statues, medals, paintings, tapestries, engravings and drawings to commemorate the achievements of period as well as the individuals behind them; the organisation of the Salon and other exhibitions; choosing the works of art to be brought to France from the conquered territories; and the transfer of paintings to the imperial palaces and provincial museums. But his correspondence also gives the reader a behind-the-scenes look at the artistic administration of the time, for example details of the reorganisation and restructuring of an artistic establishment under Denon’s direction, Denon’s persuasion of the members of the commissions charged with making important artistic decisions, the negotiation of artist fees (in particular the Emperor’s **Premier Peintre [First Painter]**, David). Finally, the reader can sometimes perceive Denon’s personal feelings of joy and sorrow in response to the changing nature of his relationship with the Emperor. ## Introduction to the digital edition The information included at the beginning of each letter gives the bibliographical source, the number of the letter, its date, the name or role of the addressee, the name of the author of the letter (“Précis” when a letter was not written by Denon), the name, side and page of the source register. This is so that the letters remained linked to all of Denon's administrative correspondence. The indication of the origin of the additional register is made after the number of the letter by a hyphen followed by a number. The same applies to the registers kept in the Archives Nationales. In the paper edition, the footnotes are located at the bottom of the page where they have been renumbered and attached to the letter to which they belong. This is so that both the text of the letter and its notes could be printed. ## Editing The original spelling has been maintained throughout the correspondence, both for proper nouns and for certain spelling peculiarities of the time, e.g. "mai" [May], is spelled "may". Abnormal spelling is indicated by the word ‘sic’ in square brackets, indicating authors' interventions. Any underlined passages in the manuscript have been maintained and reproduced in italics. Emphasis, punctuation, use of capital letters, hyphens and the cedilla follow modern usage. Abbreviations have expanded. Words that have been erased in the paper edition are shaded in grey.
contexte en markdown (fr)# Dominique-Vivant Denon : un collectionneur d'aventures Textes rédigés par Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, Elaine Williamson <div class="text-small-image"> <div class="side-text"> Né à Chalon-sur-Saône en 1747, Dominique-Vivant Denon, après avoir fréquenté les ateliers d'artistes de la capitale, est rapidement introduit à la cour de Versailles. Remarqué par Louis XV, il se voit attribuer à 21 ans la charge de Gentilhomme ordinaire du Roi. Si Julie ou le bon père, la pièce qu'il fit jouer à la Comédie française en 1769 n'eut qu'un faible retentissement, il en fut tout autrement de Point de lendemain, petit conte libertin devenu chef-d'œuvre du genre, publié anonymement en 1777. Entre temps des missions pour le compte des Affaires étrangères conduisent Denon en Russie (1773-1774) puis en Suisse (1775), occasion qu'il saisit pour rencontrer Voltaire et faire son portrait. C'est dans le but d'accompagner les artistes chargés d'illustrer le Voyage pittoresque ou Description des royaumes de Naples et de Sicile de l'abbé de Saint-Non et pour en rédiger le texte, que Denon gagne l'Italie en 1777. Alors que l'ouvrage en cinq volumes sera publié sous le seul nom de son commanditaire, l'abbé de Saint-Non, Denon est retenu à Naples en tant que secrétaire d'ambassade jusqu'en 1785. </div> ![Portrait de Vivant Denon au Conseil d'État](./images/portrait_denon.jpg) _Vivant Denon au Conseil d'Etat, Houdetot, 1807, © Bibliothèque du Conseil d'Etat_ </div> À son retour en France, il revend à Louis XVI la collection de vases étrusques qu'il a rapportée et se fait admettre à l'Académie royale de peinture et sculpture en tant que graveur. C'est ensuite à Venise qu'il élit domicile. Il y partage son temps entre la peinture, la gravure qu'il enseigne, la recherche de nouvelles pièces pour enrichir sa collection et le salon d'Isabella Teotochi Marin sous le charme de laquelle il est tombé. Mais, soupçonné d'espionner pour le compte de la Convention il est expulsé de la Sérénissime en juillet 1793. Grâce probablement à l'appui du peintre David, il peut rentrer en France et se faire rayer de la liste des émigrés. La gravure et les achats d'œuvres d'art accaparent alors Denon jusqu'à ce que l'Expédition en Égypte transforme en destin un parcours pour le moins chaotique et un avenir incertain. Agé de cinquante ans, Denon est sans doute le doyen de l'Expédition qui embarque à Toulon au mois de mai 1798. Après Alexandrie et le Caire, Denon, suit le général Desaix parti à la conquête de la Haute-Égypte. Une fois de retour à Paris qu'il a regagné en compagnie de Bonaparte, Denon va s'employer à faire graver les quelques trois cents dessins exécutés sur place, dans des conditions parfois périlleuses, et à mettre en forme le récit de son voyage qu'il publie à l'automne 1802, non sans l'avoir dédié au Premier Consul. L'ouvrage, immédiatement traduit dans différentes langues, confère à son auteur une réputation internationale sinon de savant, du moins de connaisseur et joua un rôle de premier plan pour la révélation de l'Égypte ancienne et contemporaine comme pour la diffusion de ses modèles artistiques à l'origine de l'égyptomanie. Le 19 novembre 1802 Denon est nommé directeur du Musée Central des Arts. Jusqu'à la chute de l'Empire, le premier directeur du Louvre va mettre entre parenthèse ses talents d'artiste et de littérateur, si l'on excepte sa volumineuse correspondance ici publiée. Mais c'est avec un enthousiasme à peine entamé par l'âge et les revers de la fortune qu'il les retrouvera en 1815 pour se consacrer à la publication de sa collection devenue une des plus célèbres de son temps, plus encore du fait de son éclectisme et de son originalité que de sa qualité. Le 28 avril 1825, à près de quatre-vingts ans, le baron Denon s'éteint dans son appartement du quai Voltaire. Ses deux neveux, Vivant-Jean et Dominique-Vivant Brunet-Denon, après avoir dispersé sa collection, achevèrent l'œuvre de leur oncle en publiant les lithographies réalisées d'après les principales pièces sous le titre des Monuments des Arts du dessin. ## Le Directeur des Arts 1802-1815 ### 1802-1804 : Du Musée central des Arts au Musée Napoléon Lorsque Denon arrive à la tête du Muséum central des arts, celui-ci était, depuis son inauguration en 1793, administré par un conservatoire composé essentiellement d'artistes. La nomination de Denon vient apporter une réponse aux plaintes de plus en plus nombreuses - parmi lesquelles celles du peintre David qui convoitait le poste de Denon - s'élevant contre la mauvaise gestion du musée. Denon va conserver auprès de lui les principaux membres de l'ancienne administration. Athanase Lavallée reste secrétaire. C'est lui qui en l'absence du directeur tient sa correspondance. L'architecte Léon Dufourny reçoit la charge de conserver les tableaux. Mais accaparé par les cours qu'il dispense, c'est surtout Denon qui œuvrera dans ce domaine comme sa première lettre à Napoléon à propos de la présentation des Raphaël dans le Grande Galerie le montre clairement. Visconti et Morel d'Arleux conservent respectivement la garde des Antiques et celle des dessins et de la chalcographie. Le décret qui, le 19 novembre 1802, nomme Denon à la tête du musée n'en fait pas seulement le premier directeur du Louvre : il place également sous sa responsabilité directe le musée des Monuments français, le musée spécial de l'École française de Versailles, les galeries des palais du gouvernement. La Monnaie des médailles, les ateliers de la Chalcographie, de gravures sur pierres fines et de mosaïque sont également soumis à son autorité, auxquels s'ajoutent bientôt les manufactures de Sèvres, de Beauvais et des Gobelins. Denon occupe en quelque sorte les fonctions d'un ministre des Beaux-Arts. Parmi les "dossiers" qui reviennent régulièrement sur le bureau du directeur figure bien entendu la comptabilité. Les courriers échangés à ce propos avec Alexandre Lenoir, conservateur du musée des Monuments français, témoignent des conceptions divergentes sur le musée de ces deux personnalités. Autre sujet récurrent, les envois de tableaux dans les musées de province décidés par la "loi Chaptal" en 1801. Denon gère le choix des œuvres, surveille l'avancement des restaurations impérativement exécutées au Louvre, le paiement de celles-ci par les municipalités et enfin leur bon acheminement. Une des préoccupations majeures de Denon au cours des premières années de son directorat, va être de trouver et d'aménager de nouveaux espaces - quitte à chasser l'Institut - afin de pouvoir exposer les collections qui ne cessent de s'accroître. En effet, aux collections royales à partir desquelles le musée s'est constitué, se sont ajoutées les saisies chez les émigrés et les conquêtes opérées par les troupes révolutionnaires en Belgique et en Italie. <div class="text-small-image"> <div class="side-text"> Chaque nouvel arrivage de chef-d'œuvre permet à Denon d'exprimer ses talents de courtisan : n'est-il pas à l'origine du changement d'appellation de l'institution qu'il dirige en "Musée Napoléon" ? De même il se fait l'agent de la propagande napoléonienne en organisant les fêtes du camp de Boulogne, la distribution de la gravure du Concordat et l'envoi des portraits du Premier Consul en province. L'exposition au Louvre de la tapisserie de Bayeux et la rocambolesque "invention" - projet heureusement avorté - de la statue de Guillaume le Conquérant relèvent également de son initiative personnelle. La correspondance reflète aussi les inconvénients d'un tel cumul de fonctions qui conduisent le conservateur à oublier ses responsabilités premières pour répondre aux exigences du gouvernement puis de la Cour. Le décor des résidences princières et l'aménagement de l'appartement du Pape au Louvre grâce aux ressources du musée, tout comme la réalisation de l'autel pour le sacre à partir de la fonte d'anges en argent du XVIIeme siècle en sont la preuve manifeste. </div> ![Denon recevant les tableaux au Louvre](./images/Denon_artRMNGP.jpg) _Dominique-Vivant, baron Denon recevant les tableaux au Louvre. Photo © RMN-Grand Palais / Jean-Gilles Berizzi_ </div> Du côté des commandes aux artistes, Denon veut reprendre les choses en main. L'exemple du concours - sans lauréat - pour la Paix d'Amiens et qu'il doit "liquider" à son arrivée, l'incite à faire des propositions pour que les talents soient mieux employés et encouragés. Il met en place un contrôle attentif - trop au regard des artistes qui n'aiment pas être surveillés - de l'exécution des œuvres, des délais de réalisations, ainsi que de leur prix, sujet de conflit avec David et plus tard Gérard ou Isabey. Des commandes sont passées pour la réalisation de monuments, notamment ceux dédiés au général Desaix et pour lesquels Denon s'implique particulièrement, sans toutefois rencontrer toujours le succès ; de même est poursuivie la commande de bustes des généraux et officiers morts sous la Révolution et l'Empire, série dont Denon suivra de très près la bonne exécution. Signalons aussi l'organisation du Salon où les artistes viennent exposer leurs œuvres qui tous les deux ans accaparent une bonne part de l'emploi du temps, déjà bien chargé, du directeur. ### 1805-1811 - Un directeur itinérant au service du "plus bel établissement de l'univers" L'année 1805 inaugure une série de voyages qui vont amener Denon à parcourir l'Europe dans le sillage de l'Empereur. Les galeries et bibliothèques des villes conquises sont systématiquement visitées par le directeur du Louvre qui fait dresser de longues listes répertoriant les pièces à expédier à Paris. Lors de ces voyages Denon fait aussi dessiner tous les sites des batailles de Napoléon, ambitieux projet dont il rend compte régulièrement dans sa correspondance, mais qui n'aboutira pas. Son premier périple le voit successivement ordonner les cérémonies funèbres en l'honneur de Desaix à l'Hospice du Grand-Saint-Bernard, assister à Milan au couronnement de l'Empereur qu'il a supplié de l'autoriser à le suivre, faire quelques incursions - de repérage pourrait-on dire - en Autriche et en Allemagne, tout en proposant à Napoléon ses services d'agent de renseignement. En 1806 et 1807 un nouveau séjour en Allemagne le tient éloigné du Louvre neuf longs mois. Puis c'est l'Espagne en 1808, et à nouveau l'Autriche et l'Allemagne l'année suivante. Enfin son ultime mission le conduira pour la dernière fois en Italie en 1811. Si 1810 reste une année sans voyage, elle n'en fut pas pour autant de tout repos pour Denon qui eut fort à faire avec les cérémonies du mariage de l'Empereur avec Marie-Louise dont on sait qu'il se tint dans le Salon carré du Louvre. Outre l'organisation des cimaises à revoir en fonction de l'affluence de la foule le jour des festivités, il a fallu pendant plusieurs semaines se battre pour obtenir dans les temps la vaisselle de Sèvres conçue pour le banquet et des milliers de médailles à distribuer à la foule. Mais ces absences répétées n'ont jamais empêché Denon de garder la haute main sur la vie quotidienne du musée comme sur la production artistique française. Des problèmes de gardiennage à l'avancement de l'inventaire du musée sous la houlette de Stendhal, Denon suit de près la gestion du Musée où se succèdent les expositions des conquêtes. A ces enrichissements massifs il faut ajouter les acquisitions que Denon continue à négocier : quelques tableaux au gré des ventes, une fabuleuse collection de dessins florentins rassemblée par l'historien Baldinucci et surtout la fameuse collection d'antiques du prince Borghèse. Force est de constater que l'appétit de Denon dépasse de loin les capacités d'absorption du musée. Des travaux pour refaire les parquets ou destinés à améliorer l'éclairage de la Grande Galerie réduisent encore plus les espaces ouverts au public, pour le plus grand énervement du directeur, tandis que les ateliers de restauration croulent sous la charge de travail. Par ailleurs des séries de commandes sont régulièrement lancées aux artistes : portraits en pieds des maréchaux, statues des grands dignitaires de l'Empire, décor de la Galerie de Diane aux Tuileries, sans oublier les monuments destinés célébrer la gloire de l'Empire : colonne Vendôme, arc du Carrousel, pont de la Concorde, Éléphant de la Bastille…. De même les manufactures sont attelées à reproduire les œuvres désignées par le directeur. ### 1812-1815 - Apothéose et chute du Musée Napoléon Les problèmes du personnel du musée, le retard pris dans la rédaction de l'inventaire, et les travaux qui n'en finissent pas et alimentent la polémique avec Fontaine sont quelques-uns des soucis qui occupent les dernières années du directeur. Cependant celui-ci est surtout préoccupé par l'exposition des tableaux qu'il a sélectionnés en Italie et dont l'acheminement, puis la restauration mobilisent son énergie. Ces tableaux, essentiellement des primitifs - Fra Angelico, Giotto, Mantegna - en complétant les collections du musée démontrent l'ambition de Denon, celle de faire du Louvre un musée universel. N'est-ce pas dans ce but qu'il a aussi acquis des pièces asiatiques et préparé l'ouverture d'une salle égyptienne ? Lorsque cette exposition des "primitifs" est enfin prête, c'est Louis XVIII qui vient l'inaugurer. Denon est maintenu en place, et sa trahison ne lui sera même pas reprochée puisqu’avec les Cent Jours le Musée Royal redevient Musée Napoléon sans que le directeur soit inquiété. Si depuis 1812, les commandes ont commencé à se tarir, la première Restauration oblige à des bouleversements dans le décor des résidences et l'iconographie des œuvres qui conduisent Denon à jouer les prestidigitateurs. Par ailleurs il doit faire face aux premières demandes de restitutions. Elles sont encore modestes à l'exception de Brunswick. Plus délicat est le sort de Denon au lendemain de Waterloo. Face aux revendications des alliés, et malgré des menaces d'emprisonnement, il oppose une résistance tenace, afin de préserver l'intégrité du musée qu'il a en partie créé, mais aussi la sécurité des œuvres que la confusion du moment menace. Denon choisit alors de "mettre en scène" sa correspondance des trois derniers mois, en y introduisant les courriers de ses interlocuteurs afin qu'on ne puisse l'accuser d'avoir bradé le patrimoine artistique européen guetté par le vandalisme comme le démontre le récit de l'enlèvement des Chevaux de Saint-Marc de l'arc du Carrousel. S'il est contraint de céder, il aura tout de même réussi à user la patience des commissaires étrangers qui laisseront au Louvre un certain nombre d'œuvres. Son dernier geste, avant de donner sa démission au roi, est de recommander ses collaborateurs. ### Le travail de Denon au travers sa correspondance La lecture en continu de cette correspondance permet une étude approfondie des différentes questions que Denon a été appelé à traiter et offre ainsi de nouvelles pistes de recherche. A titre d'exemple, nous voudrions évoquer brièvement ici trois points particuliers : les relations de Denon avec l'Empereur, quelques aspects de la vie des employés du musée, le rythme d'activité du directeur. #### Relations avec Napoléon Pendant les premières années de son directorat, Denon entretient avec le Premier Consul puis avec l'Empereur des relations assez étroites. En font foi les ordres verbaux auxquels il fait lui-même allusion dans sa correspondance et les "feuilles de travail" que nous avons évoquées plus haut. Celles-ci prennent la forme soit de questions/réponses, soit de notes préparatoires aux réunions, et attestent que Denon travaille en direct avec Napoléon au même titre que les ministres et les grands commis de l'État. A cette époque surtout, Denon prend l'initiative de lui soumettre des propositions ou des projets, dont la majorité sont approuvés mais dont certains frappent par leur extravagance : le projet d'une fausse découverte d'une fausse statue de Guillaume le Conquérant au moment des préparatifs du débarquement en Angleterre en est un des exemples les plus savoureux, et qui fut prudemment rejeté par le Premier Consul (AN 15, AN 16). Ces relations étroites se manifestent également par le ton professoral que s'autorise parfois le directeur. Une lettre du 28 frimaire an 11 (19 décembre 1802, AN 1) présente ainsi une "note historique et anecdotale" sur les tableaux qu'il vient de choisir pour la bibliothèque du Premier Consul aux Tuileries, note qui préfigure non seulement l'intéressante notice sur l'aménagement du trumeau consacré à Raphaël dans la Grande Galerie du musée (AN 3), mais également les rapports qu'il rédigera sur les Salons à partir de 1804 (AN 24, AN 75, AN 89). La mise en place de structures beaucoup plus hiérarchisées sous l'Empire provoque une évolution importante dans le mode de travail de Denon : pour ce qui concerne les grandes commandes, le budget et la comptabilité du musée, il doit désormais s'adresser en premier lieu à l'intendance générale. Du coup, ses rapports directs avec l'Empereur vont se distendre. Dans une lettre adressée à Daru le 6 août 1805, deux semaines après la nomination de celui-ci comme intendant général, Napoléon écrit en effet : "Il faut désormais que M. Denon vous soit subordonné, comme il doit naturellement l'être, en ménageant son amour-propre, et qu'il reste conservateur du Museum, n'ordonnant point de dépenses et mes ordres passant toujours par vous" (Correspondance de Napoléon Ier, lettre 9050). A partir de ce moment Denon est rarement admis au déjeuner de l'Empereur, réservé aux collaborateurs les plus proches (AN 53), et l'on voit progressivement disparaître le ton de franchise - parfois tranchant - qu'il s'était permis au début de son directorat. Si les décrets de février et mars 1806 sont le fruit d'une collaboration encore étroite entre Napoléon, Maret, secrétaire d'État, et Denon (AN 48, AN 49), en juin 1806, ayant su par Daru que l'Empereur avait manifesté une certaine inquiétude au sujet de l'état de son médaillier, Denon, "profondément affligé", exprime son exaspération et propose sa démission (AN 56, AN 58). Ce mouvement d'humeur a dû être rapidement calmé par Napoléon, car moins de quinze jours plus tard, Denon s'adresse directement à l'Empereur à propos de la décoration de l'arc de triomphe du Carrousel (lettre 927-3). Il lui demande des instructions personnelles sur le programme iconographique, en prenant bien soin de préciser qu'il soumettra au supérieur hiérarchique compétent devis et pièces comptables. Mais si Napoléon continue de lui donner parfois des ordres verbaux, de l'appeler auprès de lui dans ses campagnes, de se laisser souvent guider dans le choix des œuvres à enlever dans les pays conquis, il semble maintenir à distance son directeur, dont le zèle ne faiblit pas pour autant. Son voyage en Italie en 1811 en est la preuve : il en rapporte une suite fort importante de dessins représentant les sites des victoires de son Empereur, et un relevé des nombreuses œuvres à prélever pour le musée Napoléon (AN 93-AN 96). #### Quelques aspects de la vie des employés du musée Les effectifs des personnels du Louvre au début du XIXe siècle sont tout à fait modestes et un certain nombre d'entre eux sont maintenant bien connus, comme Lavallée, le secrétaire général, ou Morel d'Arleux, Visconti et Dufourny, tous trois conservateurs. La correspondance du directeur est en revanche une des seules sources permettant de mieux connaître les autres employés du musée et notamment les gardiens ; en effet, leurs dossiers sont bien loin d'être tous conservés aux Archives des musées nationaux, où il n'existe guère de pièces relatives à ce sujet pour cette période. Nous nous attacherons ici à deux points particuliers : les salaires des gardiens et la mise en place de mesures de protection sociale. En 1805, les appointements annuels de chacun des treize gardiens et des deux portiers s'élèvent à 100 F par mois, soit 1 200 F par an. A titre de comparaison, le secrétaire général perçoit 4 000 F, Debusne, le premier commis, 2 500 F et Giosi, marbrier chargé de la restauration des marbres antiques, 2 000 F. Les traitements des gardiens sont modestes, mais cependant légèrement plus élevés que le salaire moyen des ouvriers parisiens, estimé pour la période à 900 F ; ils trouvent des compléments appréciables dans les gratifications accordées pour travaux exceptionnels sur les recettes intérieures du musée, à l'occasion notamment de l'accrochage du Salon et de l'envoi des tableaux en province. Quelques francs sont encore glanés chaque mois par les femmes des gardiens chargées de vendre les notices explicatives dans l'enceinte du musée. Il existe également des avantages en nature, certains gardiens sont logés, essentiellement au musée spécial de l'École française de Versailles, les gardiens et les portiers du musée Napoléon sont habillés à la livrée de l'Empereur et reçoivent vestes et pantalons de travail. Sous l'effet des mesures de protection sociale prises par l'Empire, et dont les conséquences sont observables jusque dans le microcosme du Louvre, le sort des gardiens va connaître une amélioration considérable avec la mise en place des systèmes de retraite. En mars 1810, à la mort du marbrier Mariano Giosi, sa femme Anna Maria, sans appuis familiaux car elle avait quitté Rome pour suivre son mari, doit subvenir aux besoins de ses cinq enfants, aidée du faible salaire de son fils, qui, comme apprenti marbrier au musée, touche 5 F par jour. L'usage était alors d'accorder dans ce cas un secours sur les recettes propres réalisées par le musée sur la vente des notices, du livret du Salon, des estampes et des moulages. Denon sollicite une première fois l'autorisation de l'intendant général à hauteur de 500 F, puis réitère sa demande au mois de juillet suivant. Si la réponse se fait attendre, c'est que se met alors en place dans les différents ministères le système des retraites, qui constitue un des éléments déterminant de la politique sociale de la période. Pour la Maison de l'Empereur, c'est le décret du 14 juin 1810 qui fixe les retraites et les pensions à accorder aux employés des établissements. Ces nouvelles dispositions se mettent lentement en place et ce n'est que le 19 mai 1811, soit plus d'un an après la mort de son mari, qu'un décret accorde à Mme Giosi une pension annuelle de 220 F payable trimestriellement à compter du 1er janvier précédent, tandis que le même décret fixe à 195 F le montant de la pension accordée à la veuve de Clausel, chef des gardiens du musée de Versailles, mort le 2 avril de la même année. Le décret du 14 juin 1810 assurait le financement de ces retraites en prévoyant une retenue à la source de 4 % sur les salaires, montant ramené à 2 % peu de temps après. Ces mesures devaient être étendues à l'ensemble des employés de l'État en avril 1811, s'appliquant donc notamment au musée des Monuments français. Les premiers employés à toucher leur retraite, pour laquelle il fallait justifier de vingt-cinq années d'activité, seront en 1812 Bidot (699 F, 71 ans, dont 27 ans de service), Forney (720 F, 64 ans, 42 ans d'activité dont 19 au Louvre) et Pillon (400 F, 72 ans dont 30 ans d'activité). En 1813 vient le tour d'Aubourg, expert du musée (220 F), puis, en 1815, de Rime (800 F). Devenue veuve, Mme Pilon touchera 200 F par an à partir de 1813. Même si le directeur a pu demander quelques augmentations de traitement, sa marge de manœuvre est des plus faibles dans ces domaines. En revanche, il peut jouer de son influence pour venir en aide aux employés du musée, faisant ainsi admettre le gardien Bidot, septuagénaire sans famille, dans un hospice, pour tenter de différer le recrutement du jeune Giosi, atteint par la conscription, ou pour maintenir le salaire de Leroux, commis attaché à la rédaction de l'inventaire Napoléon, pendant son absence pour des raisons de santé. #### Le rythme d'activité du directeur On ne peut qu'être frappé, à la lecture en continu de la correspondance, par la capacité du directeur à mener de front de nombreux projets de grande ampleur. <div class="text-image"> <div class="side-text"> L'année 1806, décisive pour la mise en place des grands projets, est probablement une des plus éclairantes sur ce point. Au mois de février Denon est chargé de la conception du décor sculpté de l'arc de triomphe du Carrousel, soit huit statues et six bas-reliefs. Deux jours plus tard, un autre décret officialise son projet de faire exécuter et graver les dessins des campagnes d'Italie et d'Allemagne. Le décret du 1er mars 1806 ordonne la réalisation des portraits des sept princesses de la famille impériale, suivi immédiatement par le décret du 3 mars prévoyant la réalisation des dix-huit tableaux destinés à l'aménagement de la galerie de Diane aux Tuileries. Ces trois grands programmes doivent être mis en œuvre alors même que Denon ne cesse d'enrichir le programme de médailles commémoratives des grands épisodes du règne (AN 48, AN 56), et d'en diriger l'exécution ; continue à suivre l'avancement des travaux de la colonne Vendôme et des monuments à Desaix au Grand-Saint-Bernard et pour la place des Victoires à Paris ; poursuit les projets d'acquisition des collections Borghese et Baldinucci et enfin bat le rappel auprès des artistes pour que soit respectée la date d'ouverture du Salon fixée au 15 septembre de la même année. Et toute cette activité se déploie entre deux voyages en Allemagne : Denon revenu à Paris en janvier 1806, repartira une fois le Salon ouvert. Ce panorama met clairement en évidence l'omniprésence de Denon dans la conception, la réalisation et la diffusion des grandes œuvres, sa capacité à suivre simultanément des projets aussi multiples que divers, où l'attention portée au moindre détail ne nuit pas à une vision d'ensemble. </div> ![Denon travaillant dans la salle de Diane au Louvre](./images/Denon_Zix_artRMNGP.jpg) _Benjamin Zix, Vivant-Denon travaillant dans la salle de Diane au Louvre. Photo © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Thierry Le Mage_ </div> L'année 1806, décisive pour la mise en place des grands projets, est probablement une des plus éclairantes sur ce point. Au mois de février Denon est chargé de la conception du décor sculpté de l'arc de triomphe du Carrousel, soit huit statues et six bas-reliefs. Deux jours plus tard, un autre décret officialise son projet de faire exécuter et graver les dessins des campagnes d'Italie et d'Allemagne. Le décret du 1er mars 1806 ordonne la réalisation des portraits des sept princesses de la famille impériale, suivi immédiatement par le décret du 3 mars prévoyant la réalisation des dix-huit tableaux destinés à l'aménagement de la galerie de Diane aux Tuileries. Ces trois grands programmes doivent être mis en œuvre alors même que Denon ne cesse d'enrichir le programme de médailles commémoratives des grands épisodes du règne (AN 48, AN 56), et d'en diriger l'exécution ; continue à suivre l'avancement des travaux de la colonne Vendôme et des monuments à Desaix au Grand-Saint-Bernard et pour la place des Victoires à Paris ; poursuit les projets d'acquisition des collections Borghese et Baldinucci et enfin bat le rappel auprès des artistes pour que soit respectée la date d'ouverture du Salon fixée au 15 septembre de la même année. Et toute cette activité se déploie entre deux voyages en Allemagne : Denon revenu à Paris en janvier 1806, repartira une fois le Salon ouvert. Ce panorama met clairement en évidence l'omniprésence de Denon dans la conception, la réalisation et la diffusion des grandes œuvres, sa capacité à suivre simultanément des projets aussi multiples que divers, où l'attention portée au moindre détail ne nuit pas à une vision d'ensemble. Les impératifs de délais régissant la création artistique sous Napoléon sont de ces contraintes qui révèlent les talents d'organisateur de Denon. Comment garantir par exemple la bonne ouverture du Salon de 1810 à la date prévue ? Comment assurer la présentation à l'exposition des commandes officielles ? De la définition des sujets et du choix des artistes à la distribution des récompenses, Denon veille à tout. Le tableau exposé au Salon de 1810 par Meynier nous sert d'illustration. Ainsi voyons-nous Denon proposer en février 1809 que soit représenté L'Entrée de l'Empereur à Berlin parmi les tableaux à commander pour la Galerie de Diane aux Tuileries en remplacement de ceux qui avaient déplu à l'Empereur (1574-3). Ce sujet avait déjà été suggéré par le directeur à l'automne précédent (AN 76). En mars 1809, il recommande que Meynier soit chargé de son exécution (1584-2). L'artiste est payé au mois de mai suivant (1609-2). Une fois le tableau accroché en bonne place au Salon (n° 570), Denon demande, en vain, dans son rapport à l'Empereur que le peintre soit décoré de la Légion d'honneur (AN 89). Le tableau ira ensuite, en 1811, aux Tuileries pour se substituer à ceux envoyés aux Gobelins (2040). Denon doit également prendre, dans le mois précédant l'ouverture, un certain nombre de dispositions pratiques : enregistrement des œuvres remises par les artistes, organisation des réunions du jury, choix d'accrochage, réalisation du livret, préparation de l'inauguration puis mise en place des mesures de sécurité permettant de faire face à l'affluence prévue. L'ouverture du Salon impose encore de nouvelles tâches : prévoir les visites des personnalités, les conseiller éventuellement sur leurs acquisitions, répondre aux récriminations des nombreux artistes qui se jugent desservis par l'accrochage, faire face aux réclamations consécutives à des vols d'œuvres survenus pendant l'exposition, prévoir des gratifications aux gardiens pour les indemniser des travaux supplémentaires occasionnés par cette manifestation et enfin prévoir le décrochage et la remise des œuvres aux artistes. Alors que le Salon a ouvert le 5 novembre, Denon présente dès le 11 un rapport détaillé à l'Empereur (AN 89), dans lequel il signale les tableaux particulièrement dignes d'intérêt, dont il analyse les mérites techniques, en insistant sur les progrès faits par l'école française dans les dix dernières années, sans négliger les tableaux de genre, et évoque également la sculpture et la gravure. Il rend compte de tous les travaux ordonnés par l'Empereur et indique les tableaux qu'il serait bon d'acquérir, ainsi que les artistes qui doivent recevoir des gratifications ou des médailles d'encouragement, proposant que la Légion d'honneur distingue deux peintres et deux graveurs. ### Conclusion Ces trois exemples bien différents démontrent la richesse des informations contenues dans cette correspondance. A nos yeux, cette édition n'est en soi qu'une étape : elle portera ses fruits par l'exploitation qui en sera faite par d'autres. Bien des voies de recherche sont encore à poursuivre, relevant aussi bien de l'histoire des institutions, de l'histoire du goût ou de l'histoire des mentalités sous le Consulat et l'Empire. On pourrait citer en particulier la médiatisation de l'art, les mécanismes autorisant la production d'œuvres en série dans des temps limités, les ruptures et les surprenantes continuités de la Première Restauration, sur laquelle il existe bien peu de publications. Mais le texte le plus riche et le moins exploité encore, même s'il est souvent cité, demeure sans conteste le "Précis de ce qui s'est passé au Musée royal depuis l'entrée des alliés à Paris", relation des dernières semaines de Denon à la tête du musée. Une lettre adressée le 11 septembre 1815 par le directeur à son amie vénitienne, Isabella Albrizzi, témoigne de son désarroi&nbsp;: "J'élevais, j'achevais le plus beau, le plus grand monument qui ait jamais existé, à présent je ne suis là que pour le distribuer méthodiquement et prouver à l'Europe rassemblée qu'il y a encore un honnête homme en place" (Lettres à Bettine, Actes Sud, 1999). On retrouve dans le "Précis" la clarté du style de Vivant Denon, allié à un sens du mouvement dramatique et animé par un souffle quasi épique. Ce récit complète le portrait de Denon écrivain et trouve sa place légitime aux côtés de Point de lendemain et du Voyage dans la Basse et la Haute Égypte. ## Repères chronologiques de la vie et de l'époque de Vivant Denon **1747** 4 janvier Naissance de Dominique-Vivant Denon, à Chalon-sur-Saône. **1768** 10 mai Denon obtient une charge de gentilhomme ordinaire du roi. **1769** 14 juin Première représentation par la troupe de la Comédie française de Julie ou le Bon Père. **1772** Un nouvel ambassadeur, François-Michel Durand de Distroff, est nommé à Saint-Pétersbourg. Denon doit l'accompagner en tant qu'attaché d'ambassade. **1773** 16 janvier Brevet du roi autorisant Denon à voyager en Russie pendant trois ans. **1774** 11 mai Denon et M. de Langeac, conseiller de Légation, enlèvent la comédienne Dorseville, emprisonnée à Saint-Pétersbourg. L'aventure tourne mal et Denon et Langeac sont contraints de quitter la Russie. **1775** En vue du renouvellement de l'alliance avec la Suisse, Denon parcourt les cantons. L'organisation de la mission de Denon n'est pas connue. Ce voyage est surtout resté célèbre par son passage à Ferney. 4 juillet Denon soupe chez Voltaire en compagnie de sa nièce, Mme Denis, et du père Adam. **1777** Juin Parution de Point de lendemain dans les Mélanges littéraires, ou Journal des dames de Dorat. Octobre Denon quitte Chalon pour l'Italie, avec son précepteur, l'abbé Buisson, qui l'accompagnera jusqu'en mai 1778. Denon entreprend ce voyage à la demande de l'abbé de Saint-Non et de Jean-Benjamin de Laborde qui se sont associés pour publier le Voyage pittoresque ou Description des royaumes de Naples et de Sicile. Denon doit en rédiger le texte et encadrer le travail des artistes chargés de son illustration : les dessinateurs Cl. L. Châtelet et J. Desprez ainsi que l'architecte J. A. Renard qui rejoint l'équipe à Naples. Novembre Arrivée à Naples. **1778** Avril-novembre Denon, en compagnie de Châtelet, Desprez et Renard, entreprend l'exploration du sud de l'Italie. Après avoir suivi la côte adriatique, ils atteignent Reggio d'où ils embarquent pour la Sicile qu'ils parcourent entre le 2 mai et le 26 novembre avec une excursion à Malte du 4 au 19 septembre. Denon et son équipe quittent Messine le 26 novembre et leur retour à Naples se situe peu avant Noël de la même année. **1779** Février Denon est nommé conseiller d'ambassade auprès de l'ambassadeur à Naples, Clermont d'Amboise. **1781** Cette année voit la publication par l'abbé de Saint-Non, du premier volume du Voyage pittoresque ou Description des royaumes de Naples et de Sicile. **1782** Suite au départ de Naples de l'ambassadeur de France, Denon se voit confier de nouvelles responsabilités. La position du jeune chargé d'affaires fut assez inconfortable. A l'époque, le royaume de Naples est sous la domination des Bourbons d'Espagne. Ferdinand IV (1751-1816) laisse gouverner sa femme, Marie-Caroline d'Autriche. Mais sous l'ascendant de John Acton celle-ci tente de se débarrasser de la tutelle de l'Espagne en s'appuyant sur l'Angleterre et l'Autriche. Dans la correspondance qu'il échange avec son ministre jusqu'à son départ en 1785, Denon rend compte des sentiments anti-français et des agissements des deux amants aux yeux desquels il apparaît très rapidement comme un "épouvantail insupportable". Bien que son rappel en France soit demandé par la Cour de Naples dès juillet 1783, Denon, soutenu auprès du gouvernement de Versailles par Collichi, avocat de la France à Naples, est maintenu en poste et doit subir maintes humiliations jusqu'à l'arrivée du nouvel ambassadeur. Cependant ses rapports déplaisent fort à Marie-Antoinette, sœur de Marie-Caroline et il se voit reprocher à plusieurs reprises de donner des détails sur la vie privée de cette dernière. **1783** Septembre Le comte de Cagliostro, présent à Naples, rencontre Denon à plusieurs reprises. **1785** Septembre Denon est de retour à Versailles. **1786** Avril-juin La collection de 525 vases étrusques que Denon avait rassemblée en Italie, est acquise par d'Angiviller pour 30.000 livres et entreposée à la Manufacture de Sèvres. **1787** 28 juillet Denon est reçu à l'Académie avec L'Adoration des bergers, eau-forte d'après L. Giordano. Denon semble avoir bénéficié d'appuis solides pour être reçu au mépris de toutes les règles de l'Académie qui veulent que le morceau de réception soit un burin, d'après un portrait ou une composition importante d'un académicien. Au Salon de 1787, Denon expose cinq gravures. **1788** Denon quitte Paris en juin avec le projet de faire le tour de la péninsule italienne pour visiter les villes qu'il ne connaît pas encore. Il parcourt la Lombardie, visite Turin et Parme. Il arrive à Venise dans le courant du mois d'octobre. Il y fréquente l'aristocratie vénitienne ainsi que les milieux politiques, intellectuels et artistiques. Il est introduit dans le salon d'Elisabetta Teotochi Marin, dénommée Isabella, avec qui il va bientôt nouer une étroite liaison. **1789** Avril-octobre Denon se rend dans différentes villes dans le but semble-t-il de graver les principales œuvres qu'elles conservent : Ferrare, Bologne, où il est reçu à l'Accademia Clementina, Cento, Modène, Florence, Volterra… Sa situation matérielle devient préoccupante à la suite des événements qui se déroulent en France. **1790** Avril-mai Au cours de son séjour à Venise, Goethe fait la connaissance de Denon. 12 août Les événements révolutionnaires ayant rendu la présence des Français à Venise suspecte, Denon est convoqué par les inquisiteurs de Venise auxquels il déclare se consacrer entièrement à la gravure. À partir de cette date, Denon fait l'objet d'une surveillance très méticuleuse. **1791** Au Salon de 1791, Denon expose un dessin et deux gravures. **1793** 15 juillet Accusé d'être un espion de la Convention, Denon reçoit l'ordre de quitter Venise, et s'embarque pour Padoue. 21 juillet-26 octobre Denon réside à Florence, territoire neutre jusqu'à ce que l'Angleterre force le grand-duc de Toscane Ferdinand III, à expulser les Français de son Etat. Denon est de retour à Paris au mois de décembre. **1794** 29 juin Denon est rayé de la liste des émigrés du département de Saône-et-Loire. **1795** Au Salon de 1795, Denon expose quatre gravures. **1796** 16 août Denon signe la pétition adressée au Directoire exécutif pour appuyer les thèses de Quatremère de Quincy contre le déplacement inconsidéré des œuvres d'art en provenance de Rome. Au Salon de 1796 Denon expose trois gravures. **1798** 14 mai À Toulon, Denon embarque pour l'Egypte. 2 juillet Après la prise de Malte (13-19 juin), débarquement des troupes françaises à Alexandrie. 10 septembre départ pour le Delta avec le général Menou. Denon réside ensuite au Caire de façon quasi permanente jusqu'à son départ pour la Haute-Egypte au mois de novembre. **1799** Dans la nuit du 22 au 23 août, à la suite de Bonaparte, Denon embarque pour la France à Alexandrie. 9 octobre Débarquement à Fréjus. **1800** 7 novembre Denon assiste à l'inauguration par Bonaparte des salles d'antiques du Musée central des Arts. **1802** Mai Parution du Voyage dans la Basse et la Haute Egypte, à Paris chez Didot et la même année à Londres chez Peltier ; plusieurs traductions anglaises paraissent également en 1802 à Londres par Aikin, Blagdon et Kendal ; J.-G. Legrand fait paraître une première adaptation française. 19 novembre Denon est nommé directeur général des Musées. **1803** 31 janvier Par arrêté consulaire, Denon est nommé, et non élu, membre de l'Institut, IVème classe (Beaux-Arts), 1ère section (Peinture). 17 mai Comme cela est prévu par le décret nommant Denon à la tête du musée, un logement lui est attribué au Louvre. 18 novembre Denon est fait chevalier de la Légion d'honneur. **1804** 26 avril Denon publie dans Le Moniteur une défense de la statue du Premier Consul par Chaudet destinée au Corps législatif (Ermitage) où il prône l'utilisation du nu en sculpture. 16 août La distribution des croix à l'armée au camp de Boulogne est organisée par Denon. 18 septembre Ouverture du Salon où sont exposés deux bustes représentant Denon, par Boichot et par Chaudet. 2 décembre Sacre de Napoléon : le décor des "Honneurs de Charlemagne" est dû à Denon. **1805** Avril Denon quitte Paris pour se rendre au Couronnement de Napoléon à Milan le 26 mai. 14 juin Dans la chapelle de l'Hospice du Grand-Saint-Bernard, Denon assiste aux funérailles du général Desaix dont il a lui-même réglé le cérémonial. Juillet-août Denon retrouve Isabella Teotochi Marin en Italie puis parcourt le nord de la péninsule. Août Denon séjourne à Vienne dont Napoléonva s'emparer en octobre. Septembre Denon est à nouveau en Italie et revoit Isabella. Octobre-novembre À Strasbourg, Denon fait la connaissance du dessinateur Benjamin Zix qu'il engage à son service. Il se rend ensuite à Munich. **1806** Janvier Denon est de retour à Paris. 26 février Décret ordonnant la construction d'un arc sur la place du Carrousel à la gloire des armées ; les architectes en sont Percier et Fontaine ; Denon est chargé des "travaux d'art et de sculpture". Le monument sera inauguré le 15 août 1808. 28 février Décret confiant à Denon l'illustration des campagnes d'Italie et d'Allemagne. 1er mars Décret concernant les portraits des princesses et les statues des généraux. Denon est chargé d'en suivre l'exécution. 15 septembre Ouverture du Salon où un portrait de Denon par Soiron est exposé. 20-27 septembre Denon participe au jury du concours pour le prix de Rome. Octobre-décembre Voyage en Allemagne : Francfort, Weimar, où Denon est logé chez Goethe, Berlin, Potsdam, Custrin, Wolfenbüttel, Brunswick… **1807** Denon continue ses saisies d'œuvres dans les galeries d'Allemagne et de Pologne jusqu'à la fin juin : après Cassel (janvier), Brunswick (février), Hambourg, Schwerin, Berlin (mars), Dantzig (mai), Heilbing, Tilsit (juin). 7 mars Denon établit le programme du concours pour la représentation de la Bataille d'Eylau. **1808** 29 juin Denon est fait chevalier de l'Empire. 14 octobre Ouverture du Salon où est exposé le portrait de Denon par Lefèvre (Versailles). Fin novembre, Denon quitte Paris pour l'Espagne. Il est à Madrid en décembre. **1809** Janvier Après Valladolid, Denon retourne en France à la fin du mois. Mai-juin Voulant suivre la campagne d'Autriche, Denon quitte Paris, pour Vienne, où il séjournera six mois à partir du 6 juin. 15 juin Denon assiste à la cérémonie funèbre en l'honneur d'Haydn en compagnie de Stendhal. 15 août Décret signé par l'Empereur à Schönbrun ordonnant l'édification sur le pont Neuf d'un obélisque destiné à commémorer les faits d'armes de la Grande Armée ; Denon est chargé de son exécution. 15 octobre À Schönbrunn, Napoléon nomme Denon officier de la Légion d'honneur. Novembre À Munich, Denon s'essaie à la lithographie dans l'atelier des frères Senefelder. 26 novembre Denon est de retour à Paris. **1810** 1er janvier Décret concernant le décor pour le pont de la Concorde dont Denon est chargé de mener à bien les travaux. 9 février Décret ordonnant la construction, place de la Bastille, d'une fontaine en forme d'éléphant ; Denon doit en suivre la réalisation. 27 mars Denon est présent à l'arrivée de Marie-Louise d'Autriche à Compiègne ; il lui présentera Prud'hon comme professeur de dessin. 5 novembre Ouverture du Salon ; Bosio expose un buste de Denon. 10 novembre Décret nommant Denon directeur des fouilles à Rome. **1811** 18 août Départ de Denon, pour l'Italie, d'où il ne reviendra qu'en janvier de l'année suivante. Octobre-novembre Après Gênes et Florence, Denon est à Rome. 7 décembre Sur le chemin du retour, Benjamin Zix décède à Pérouse. Denon regagne ensuite la France en passant par Florence, Plaisance et Milan. **1812** 1er novembre Ouverture du Salon où sont exposés trois portraits de Denon par Augustin, Parent, et Jeannest. **1813** Denon loue pour 6000 francs le premier étage du 5 quai Voltaire (actuel 7). **1814** 4 avril Louis XVIII monte sur le trône. La première Restauration n'entraîne pas de modifications dans les attributions de Denon. Sa situation matérielle est cependant fragilisée. Mai-juin Denon reçoit Jean Henry chargé de réclamer les œuvres confisquées par Denon à Berlin en 1806-1807, et notamment les pièces du "cabinet des antiques" du roi de Prusse dont il est le directeur. 25 mai Denon accueille le Tsar à la Monnaie des médailles. 1er novembre Ouverture du Salon où le portrait de Denon en émail par Augustin est à nouveau exposé. **1815** 3 octobre Denon présente sa démission au roi. **1825** 28 avril Denon s'éteint dans son appartement du quai Voltaire ; il est enterré au cimetière du Père Lachaise deux jours après. **1826-1827** Vente en trois parties des collections de Vivant Denon. **1829** Parution des Monuments des Arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernes, recueillis par le Baron Vivant Denon.
contexte en markdown (en)# Dominique-Vivant Denon: a seeker of adventure Text by Marie-Anne Dupuy, Isabelle le Masne de Chermont, and Elaine Williamson <div class="text-small-image"> <div class="side-text"> Dominique-Vivant Denon was born in Chalon-sur-Saône in 1747, and introduced to the Court of Versailles after circulating the artist atelier scene in Paris. At the age of 21 he came to the attention of Louis XV who appointed him Gentilhomme ordinaire du Roi. His 1769 play, *Julie ou le Bon Père* [Julie or the Good Father], made very little impact when it was performed at the Comédie Française, but his anonymously published 1777 libertine novel *Point de Lendemain [No Tomorrow]* became a masterpiece of its genre. Between writing these two works Denon was sent on two diplomatic missions, the first to Russia (1773-1774) and the second to Switzerland (1775). His trip to Switzerland gave him the opportunity to meet Voltaire and paint his portrait. Denon went to Italy in 1777 to accompany a group of artists sent to illustrate the Voyage pittoresque ou Description des royaumes de Naples et de Sicile de l'abbé de Saint-Non [The picturesque voyage with descriptions of the Kingdoms of Naples and Sicily by the Abbé de Saint-Non] and to write the accompanying text. The five-volume work was published under the name of the project’s patron, the Abbé de Saint-Non. Denon was kept in Naples as embassy secretary until 1785. </div> ![Portrait of Vivant Denon at the Conseil d'État](./images/portrait_denon.jpg) _Vivant Denon at the Conseil d'Etat, Houdetot, 1807, ©Bibliothèque du Conseil d'Etat_ </div> While in Naples, he collected a number of Etruscan vases, which he sold to Louis XVI on his return to France. He was admitted to the Royal Academy of Painting and Sculpture as an engraver. After this he chose to relocate to Venice, where he divided his time between painting, engraving (which he also taught), searching for new pieces to add to his collection, and frequenting the salon of Isabella Teotochi Marin (with whom he fell in love). However, his time in Venice was cut short when he was suspected of spying for the Convention and expelled from the city in July 1793. It was probably thanks to the support of the painter Jacques-Louis David that he was able to return to France and have his name removed from the list of emigrants. He continued to spend his time engraving and purchasing works of art, until the Expedition to Egypt set the path of his destiny on a different course. At fifty years of age, Denon was the oldest member of the Expedition. They left from Toulon in May 1798 and travelled to Alexandria and Cairo, after which Denon followed General Desaix in his mission to conquer Upper Egypt. Once he had returned to Paris (with Bonaparte), Denon set about making engravings of the three hundred or so drawings he had made (sometimes in perilous conditions) on his travels. He put together an account of his journey, which he dedicated to the First Consul and published in the autumn of 1802. The work was immediately translated into various languages, and gave its author an international reputation as a connoisseur, if not as a scholar. It played a leading role in informing ‘western’ countries about ancient and contemporary Egypt, as well as in the dissemination of Egyptian art, which fed into the phenomenon of ‘Egyptomania’. Denon was appointed director of the Central Museum of the Arts On 19 November 1802. In order to carry out his responsibilities in his role as the first director of the Louvre Museum (he maintained this post until the fall of the Empire) he put his talents as an artist and writer on hold (except for the production of his voluminous correspondence, which is published here). In 1815 he devoted his time and energy to the publication of his collection of art and artefacts. It is now one of the most famous of its time, more for its eclecticism and originality than its quality. On April 28, 1825, at nearly eighty years of age, Baron Denon died in his apartment on Quai Voltaire. His two nephews, Vivant-Jean and Dominique-Vivant Brunet-Denon, disbanded his collection and completed their uncle's work by publishing the lithographs he’d made of the main pieces under the title Monuments des Arts du Dessin. ## The Director of Arts, 1802-1815 ### 1802-1804: From the Central Museum of Arts to the Napoleon Museum When Denon took over as head of the Muséum Central des Arts, it had been under the administration of a conservatoire (mostly made up of artists) since its inauguration in 1793. His appointment was made in response to a growing number of complaints, including from the painter David (who wanted the role himself) about the poor management of the museum. Denon kept on the key members of the museum’s former administration. Athanase Lavallée kept his role as secretary, and kept up the director’s correspondence in his absence. The architect Léon Dufourny was tasked with the conservation of the paintings, but it was mostly Denon himself who carried out the work as the former’s time was taken up by teaching (as evidenced by Denon’s letter to Napoleon concerning the presentation of the Raphael paintings in the Grande Galerie). Visconti and Morel d'Arleux kept their positions as the heads of the antiques and drawings and chalcography respectively. The decree that appointed Denon as head of the museum on 19 November 1802 not only made him the first director of the Louvre but also gave him direct responsibility for the Musée des Monuments Français [the French Monuments Museum], the Special Museum of the French School of Versailles, and the galleries of the government palaces. He also took over responsibility for the Monnaie des Médailles [the Paris Mint], and the Chalcography, Fine Stone Engraving and Mosaic ateliers. The factories at Sèvres, Beauvais and Gobelins were soon added to this list. In a way, Denon had become a Minister of Fine Arts. Accounting files regularly landed on Denon’s desk. His correspondence with Alexandre Lenoir (curator of the Musée des Monuments Français) on the subject testifies to their differing opinions about the management and organisation of the museum. Another of Denon’s common tasks was the transferal of paintings to provincial museums in accordance with the "Chaptal Law" of 1801. He managed the selection of the paintings, monitored the progress of their restoration (this was carried out at the Louvre), oversaw the payment for the restoration work (made by the municipalities) and ensured delivery of the artwork. One of Denon's major tasks during the first years of his directorship was to find and fit out new exhibition spaces - even if it meant the eviction of the Institute [quitte à chasser l'Institut] - in order to be able to exhibit the ever-growing collections. The royal collections from which the museum was built up were supplemented by objects seized from emigrants and the items looted by the revolutionary troops in Belgium and Italy. <div class="text-small-image"> <div class="side-text"> The arrival of each new masterpiece allowed Denon to express his talents as a courtier; it was Denon himself who was behind the museum’s new name, ‘Musée Napoléon’. He became Napoleon's propagandist when he organised the Boulogne camp celebrations and distributed the engraving of the Concordat. He also sent portraits of the First Consul to the provinces. The exhibition of the Bayeux Tapestry at the Louvre, as well as a plan to ‘discover’ a planted statue of William the Conqueror in the Seine (fortunately this plan never came into fruition) were also part of his personal initiative. The correspondence shows how the sheer number of his imperial tasks led the curator to forget his primary responsibilities in order to meet the government’s demands (and later those of the Court). Proof of this can be seen in the decoration of the princely residences and the furnishing of the Pope's apartment in the Louvre (thanks to the museum’s resources), la réalisation de l'autel pour le sacre à partir de la fonte d'anges en argent du XVIIeme siècle en sont la preuve manifeste. </div> ![Denon receiving the paintings at the Louvre](./images/Denon_artRMNGP.jpg) _Dominique-Vivant, baron Denon receving paintings at the Louvre. Photo ©RMN-Grand Palais / Jean-Gilles Berizzi_ </div> When it came to the commissioning of new artwork, Denon preferred to take matters into his own hands. There is the example of the competition for the Peace of Amiens (which was met with a lack-lustre response and ultimately won by no one), which Denon meant to expedite upon his arrival, and which encouraged him make sure that the artists and their talents were put to the best use. He kept a careful eye (far too careful in the eyes of artists who resented such monitoring) on the production of art, deadlines, and prices, all of which became points of contention with David, and later François Gérard and Eugène Isabey. Denon was deeply involved in the ordering of commissions for new monuments dedicated to figures such as General Desaix, but was not always successful in his endeavours. He also kept a close eye on the production of a series of successful commissions for busts of the generals and officers who died during the Revolution and the Empire. He also had to organise the Salon, where the artists exhibited their works every two years, which dominated a large part of the director's already busy schedule. 1805-1811 - An itinerant director in the service of the “plus bel établissement de l'univers” [most beautiful establishment in the universe]** The year 1805 took Denon on a tour of Europe in Napoleon’s wake. He made the rounds of the galleries and libraries of the conquered cities, armed with long lists he had drawn up of the pieces he wanted to be sent to Paris. While travelling, he also had all of the sites of Napoleon's battles drawn up, an ambitious project that features regularly in his correspondence but ultimately did not materialise. His first trip saw him arrange Desaix ‘s funeral ceremony at the Hospice du Grand-Saint-Bernard, and also attend the Emperor's coronation in Milan. He begged Napoleon to be allowed to follow him and make a few forays into Austria and Germany, while offering his services as an intelligence agent (while in reality it was more like glorified sightseeing). In 1806 and 1807 he spent nine months in Germany, which kept him away from his responsibilities at the Louvre. He was away in Spain in 1808, and again in Austria and Germany the following year. In 1811 his last mission took him to Italy. Although he didn’t travel in 1810, it was not a restful year for Denon. It was largely taken up with arranging the ceremonies for the Emperor's marriage to Marie-Louise, which took place in the Salon Carré of the Louvre. In addition to the organisation of the picture rails (to be rearranged according to the crowd's attendance on the day of the festivities), it took several weeks of struggle to ensure the Sèvres crockery designed for the banquet would be delivered on time, and to obtain the thousands of medals that were to be distributed to the crowd. However, his repeated absences never stopped him from keeping a firm handle on the daily running of the museum nor of French artistic production. From problems with the museum’s security to the expansion of the museum’s inventory under the leadership of Stendhal, Denon kept a firm grip on the management of the museum, where one exhibition of its seized artefacts and artworks followed another. In addition to the influx of museum pieces, Denon continued to negotiate acquisitions: a few paintings through discrete sales, a fabulous collection of Florentine drawings assembled by the historian Baldinucci, and, above all, the famous collection of antiques of Prince Borghese. Denon’s appetite for new acquisitions far exceeded the museum’s capacity. The work to repair the parquet flooring and improve the lighting in the grand gallery saw areas of the museum closed off to the public, much to the annoyance of the director, while the ateliers crumbled under their workload. In addition, there were regular artist commissions for full-length portraits of the marshals, statues of the great dignitaries of the Empire, as well as the decoration of the Galerie de Diane in the Tuileries, and the commission of monuments intended to celebrate the glory of the Empire (the Vendôme column, the Carrousel arch, the Concorde bridge, and the Bastille Elephant, among others). Factories were commandeered to reproduce the works designed by the director. ### 1812-1815 – Apotheosis and Napoleon’s downfall During his last years in his role as Director, Denon was plagued with various issues such as museum staffing problems, delays in drawing up the inventory, and the never-ending construction work that increasingly soured his relationship with Fontaine. However, he was consistently focused on the exhibitions of the paintings he selected from Italy, and he found himself invigorated by the organisation of their transportation and restoration. These paintings were mainly Italian primitives (Fra Angelico, Giotto, Mantegna), which broadened and enriched the museum's collections. They demonstrated Denon's ambition to make the Louvre a universal showcase. With the same goal in mind, he also acquired pieces from Asia and made plans for the opening of an Egyptian room. When this exhibition of the "primitives" was finally ready, Louis XVIII came to inaugurate it. Although Denon kept his post after Napoleon’s downfall, his ‘betrayal’ was not held against him. During the Hundred Days the Royal Museum was once again named the Napoleon Museum with no trouble caused for the director. Although commissions began to dry up in 1812, the first Restoration demanded changes to the decor of the residences and the iconography of the artwork that Denon had to work magic to achieve. In addition to these task and projects, he had to deal with incoming demands for the restitution of artwork, although at this point they were modest in nature (with the exception of those made by Brunswick). After Waterloo, Denon's position was a little bit more precarious. Despite the demands made by the allies and threats of imprisonment, he fought extremely hard to preserve the integrity of the museum he had invested so much of his time and energy in, and to keep the artefacts safe during the ensuing political and social upheaval. In order to prevent himself from being accused of selling off the artefacts that had been acquired during the time of the Empire, Denon made the last three months of his correspondence available to the public. An example of this is the account of how the Horses of Saint Mark were taken from the Arc de Triomphe du Carrousel. Even though he was forced to concede on many accounts, he did manage to keep hold of a number of works for the Louvre through a battle of attrition with the foreign commissioners. In a last act before handing in his resignation to the king, he advocated on behalf of his collaborators. ### Looking at Denon’s work through his correspondence Denon’s correspondence allows us an in-depth look at many aspects of his role as the museum’s director, and in this way opens up new avenues of research. Here we look at three examples; his relationship with the Emperor, certain aspects of the life of the museum’s employees, and the pace at which he worked. ### Denon’s relationship with Napoleon During his first years as director of the museum, Denon maintained a close relationship with the First Consul (and later Emperor). We can see evidence of this in his correspondence and work documents (as previously mentioned), when he alludes to verbal orders in the form of questions/answers and preparatory meetings. This shows that Denon worked directly with Napoleon in the same manner as a minister or a high-ranking state clerk. It was during this time in particular that Denon took the initiative to submit the proposals and projects to Napoleon. The majority of these were approved but others were overwhelmingly extravagant, for example the plan to discover a ‘fake’ statue of William the Conqueror to coincide with the planned invasion of England, which was wisely rejected by the First Consul (AN 15, AN 16). This close relationship is also reflected in the instructive tone Denon sometimes adopted. In one letter, dated 28 Frimaire, An 11 (19 December 1802, AN 1) we can see an ‘historical and anecdotal note’ about the paintings he had just selected for the First Consul’s library in the Tuileries. This note prefigures not only that which he wrote about the arrangement of the trumeau dedicated to Raphaël in the museum's Grande Galerie (AN 3), but also the reports on the Salons he would go on to make from 1804 onwards (AN 24, AN 75, AN 89). With introduction of much more hierarchical structures under the Empire came a major change in the way Denon carried out his work: for high-profile orders and matters concerning the budget and the museum's accounts he first had to consult the *l'intendance générale [the general steward]*. As a result, his direct relationship with the Emperor became more formal and removed. In a letter addressed to Daru on 6 August 1805, (two weeks after the latter's appointment as intendant général) Napoleon wrote, "From now on, Mr Denon must be subordinate to you, as must naturally be the case, sparing his self-esteem, and remain curator of the Museum, ordering no expenditure and my orders always going through you" (Correspondence of Napoleon I, letter 9050). From that moment on Denon was rarely admitted to dine at the Emperor's table (an honour now reserved for the closest collaborators (AN 53)), and the frank (and sometimes sharp) way in which he had addressed Napoleon at the beginning of his directorship gradually disappeared. Napoleon, Maret (the Secretary of State), and Denon worked closely together to produce the decrees of February and March 1806 (AN 48, AN 49), but in June 1806, having learned from Daru that the Emperor had expressed some concern about the state of his commemorative medallion, Denon became “profondément affligé” [deeply distressed], and offered his resignation, expressing his exasperation (AN 56, AN 58). Napoleon must have resolved the situation quickly and calmed Denon’s mood, for less than a fortnight later the latter addressed the Emperor directly about the decoration of the Arc de Triomphe du Carrousel (letter 927-3). He asked him for personal instructions on the iconographic programme, taking great care to specify that he would submit the estimates and accounting documents to the relevant superior. Although Napoleon continued to give Denon verbal orders and to call on him during his campaigns, as well as to take guidance from the director when it came to the selection of seized works to be brought back to France, the Emperor seemed to keep him at a distance. This did not cause Denon’s zeal to wane, as evidenced by his trip to Italy in 1811 when he brought back a very important series of drawings representing the sites of his Emperor's victories, and a list of numerous works to be added to Napoleon Museum’s collection (AN 93-AN 96). ### The lives of the museum’s employees At the beginning of the 19th century the Louvre had quite a modest number of staff. Some members are now well known, such as Lavallée, who was the general secretary, and Morel d'Arleux, Visconti and Dufourny, who were all curators. When it comes to the less well-known members of staff, Denon’s correspondence is one of the only sources that allows us any real insight (especially concerning the custodians) into their working conditions. There are hardly any documents on this subject for the period in question in the archives at the Musées Nationaux. Here, the focus will be on two particular aspects of the museum workers’ lives: the salaries of the guards and the introduction of social protection measures. In 1805, the annual salaries of each of the thirteen guards and the two porters amounted to 100F per month, which worked out at 1,200F per year. In comparison, the general secretary received 4,000F, Debusne (the first clerk) earned 2,500F, and Giosi (the mason in charge of restoring the antique marble) earned 2,000F. A guard’s salary was modest but nevertheless slightly higher than the average salary of a Parisian worker at the time, which is estimated to be 900F. They also received gratuities for taking on extra tasks, such as working on the museum’s interiors. Notable examples are when they worked on the hanging of the Salon, or when they helped with the transfer of paintings to the provinces. The wives of the museum guards also earned a few francs each month by selling explanatory notes inside the museum. There were also material benefits. Some guards were provided with housing, primarily those at the Special Museum of the French School of Versailles,[those working at Versailles, or were they housed in Versailles?] and the guards and porters of the Napoleon Museum were dressed in the Emperor's livery, and provided with work jackets and trousers. The impact of the social security measures introduced by the Empire can be seen in the microcosm of the Louvre. The working conditions of the guards improved considerably as a result, primarily due to the introduction of a pension system. When the marble mason Mariano Giosi died in March 1810, his wife Anna Maria, who had no familial support (she had left Rome and followed her husband to Paris), was left to provide for her five children. Her son, an apprentice marble mason at the museum, earned 5 francs a day, which made a small contribution. In cases like this it was customary to grant financial aid from the museum's income (from the sale of notices, the exhibition booklet, prints and casts). Denon first requested 500F from the intendant general on her behalf, and repeated his request the following July. It took a long time to get a response as the pension system (one of the defining elements of public policy under the Empire) had to be set up through various ministries. The ‘Maison de l'Empereur’ [the House of the Emperor] issued a decree on 14 June 1810 that set out the pension and retirement benefits to be granted to the employees of various establishments. The provisions were slowly put into practice, and it was only on 19 May 1811, more than a year after her husband's death, that Madame Giosi was granted an annual pension of 220F (payable quarterly from the first day of that year). The same decree granted a pension of 195F to the widow of Clausel, head of the guards of the Museum of Versailles, who had died on 2 April of the same year. A decree issued on 14 June 1810 secured the funding for the pension system by providing for a 4% withholding tax on salaries, which was reduced to 2% shortly afterwards. These measures were to be extended to all State employees in April 1811, (and therefore to the Musée des Monuments Français). In 1812, the first employees received their pension after proving 25 years of service (as required). These retirees were Bidot (who received 699 francs and retired at 71 years of age after 27 years of service), Forney (who received 720 francs and retired at 64 years of age after 42 years of service, including 19 years at the Louvre) and Pillon (who received 400 francs and retired at 72 years of age after 30 years of service). In 1813 Aubourg (a content specialist [expert du musée]) retired with a pension of 220F, and then Rime retired in 1815 with a pension of 800F. Mme Pilon, having become a widow, received 200F a year from 1813 onwards. Although Denon had managed to successfully request some salary increases, he had very little room for manoeuvre when it came to the payment of his staff. He could, however, use his influence to help out the museum’s employees in a different way. For example, he was able to secure the caretaker, Bidot (a septuagenarian with no family), a place in a hospice. He also tried to postpone the recruitment of a young member of staff named Giosi when he was conscripted, and was able to maintain the salary of Leroux (who worked on the Napoleonic inventory) when he was unable to work for health reasons. ### The Director’s working methods <div class="text-image"> <div class="side-text"> As is clear from his letters, the director's ability to carry out numerous large-scale projects simultaneously was quite remarkable. A number of these projects were launched in 1806, and we can understand a lot from his correspondence that year as a result. In February, Denon was commissioned to design the sculptures that were to decorate the Arc de Triomphe du Carrousel which was to consist of eight statues and six bas-reliefs. Two days later, another decree made official his plan to have the drawings of the Italian and German campaigns executed and engraved. A decree of 1 March 1806 ordered the commission of the portraits of the seven princesses of the imperial family, immediately followed by the decree of 3 March, which commissioned eighteen paintings for the Galerie de Diane in the Tuileries. These three major projects came at a time when Denon was already preoccupied with the constantly evolving series of medals that were being made to commemorate the significant events of the Empire (AN 48, AN 56). He also had to continuously monitor the progress of the work being carried out on the Vendôme Column and the monuments at Desaix in the Grand-Saint-Bernard and Place des Victoires in Paris, as well as to continue the plans to acquire the Borghese and Baldinucci collections and, lastly, to ensure that the artists producing work for the Salon kept to the opening date of 15 September. All of this work was bookended by two trips to Germany; Denon had returned to Paris in January 1806 and left once the Salon opened. From these events, we can see that Denon was omnipresent in the design, production and distribution of several major projects, and that he possessed the ability to work on several projects simultaneously, as numerous as they were diverse. His attention to detail did not detract from his overall vision. </div> ![Denon travaillant dans la salle de Diane au Louvre](./images/Denon_Zix_artRMNGP.jpg) _Benjamin Zix, Vivant-Denon working in the Salle de Diane at the Louvre. Photo ©RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Thierry Le Mage_ </div> The time constraints that came with governing artistic creation in Napoleon’s Empire highlight Denon’s organisational talents. He managed to ensure that the Salon of 1810 opened on time, and oversaw the presentation of the official commissions at the exhibition. From start to finish, Denon took care of everything. The painting by Meynier that was exhibited at the 1810 Salon is a good example. In February 1809, Denon proposed that The Emperor’s Entry into Berlin should be included among the commissions for the Galerie de Diane in the Tuileries, which were going to replace the pieces that had displeased the Emperor (1574-3). He had already suggested this as a subject matter for a painting the previous autumn (AN 76), and in March 1809 he recommended that Meynier be commissioned to do the painting (1584-2). The artist was paid the following May (1609-2). Once the painting had been hung in pride of place in the Salon (no. 570), Denon made the request (in vain) in his report to the Emperor that Meynier should be awarded the Legion of Honour (AN 89). The painting was sent to the Tuileries in 1811 to replace those that had been sent to the Gobelins (2040). In the month prior to its opening, Denon had to make lots of practical arrangements including the registration of artwork, the organisation of the jury meetings, the hanging order and arrangements, the production of the exhibition booklet, the preparations for the inauguration and finally the organisation and implication of safety measures needed to cope with the expected attendance level. With the opening of the exhibition came a host of new tasks. Denon had to arrange visits by high-profile individuals, provide them with advice on what to purchase (should they need it), deal with the complaints made by artists who felt they’d been snubbed by the arrangement of the exhibition, deal with claims of thefts of artworks, arrange due payment for the guards who had taken on extra work leading up to and during the event, and finally, arrange for the artwork to be taken down and returned to the artists. On 11 November, a few days after the opening of the Salon on 5th, Denon presented the Emperor with a detailed report (AN 89). It highlighted paintings of particular interest and analysed their technical merits. It emphasised the progress made by the French school in the past ten years, making mention of genre paintings, sculpture and engraving. It included an account of all the works that the Emperor had commissioned and pointed out the paintings the director believed it would be a good idea to acquire, as well as the artists he believed should receive a financial award or medal of recognition. He also proposed that two painters and two engravers should be awarded the Legion of Honour. ## Conclusion These three very different examples demonstrate the wealth of information to be found through studying Denon’s correspondence. This publication is only the first stage; it will bear fruit through further studies. There are still many avenues of research to be pursued relating to the history of institutions, the history of artistic direction, or the mentality of those working in the arts during the time of the Consulate and the Empire. Of particular note is the opportunity the correspondence gives us to study the mediatisation of art and the mechanisms that enabled works to be produced as part of a series and within a limited period of time. It gives us a remarkable insight into the disruptions and (surprising) continuities of the First Restoration, on which there are very few publications. However, the richest text (rarely used to its full advantage although often cited) is without a doubt the ‘Précis de ce qui a passé au Musée royal depuis l'entrée des alliés à Paris’ [A precise account of what has happened at the Musée Royal since the Allies entered Paris] in which Denon made an account of his last few weeks as the head of the museum. He described his dismay in a letter to his Venetian friend Isabella Albrizzi on 11 September 1815: "I was building – and had almost finished - the most beautiful, the greatest monument that ever existed, but now I am only here to over see its methodical distribution and thus prove to the assembled powers of Europe that there is still an honest man in place" (Lettres à Bettine [Letters to Bettine], Actes Sud, 1999). In the "Précis", Vivant Denon uses his clear writing style to take the reader on a dramatic and almost epic journey through the artistic world at the end of Napoleon’s Empire. This work completed Denons writing profile, and has a rightful place alongside *Point de Lendemain* and *Voyage dans la Basse et la Haute Égypte*. ## Chronology of Vivant Denon’s life **1747** 4 January Birth of Dominique-Vivant Denon in Chalon-sur-Saône. **1768** 10 May Denon is presented with the office of Gentilhomme Ordinaire by the King. **1769** 14 June First performance of Julie ou le Bon Père by the Comédie Française group. **1772** A new ambassador, François-Michel Durand de Distroff, is appointed to the embassy in Saint Petersburg. Denon accompanies him as embassy attaché. **1773** 16 January Denon is given permission from the King to travel to Russia for three years. **1774** 11 May Denon and M. de Langeac (Legation Counsellor) kidnap the actress Dorseville from a St Petersburg prison. The venture goes wrong and Denon and Langeac are forced to leave Russia. **1775** In light of the renewal of the Franco/Swiss alliance, Denon travels round the cantons. We do not know who organised Denon's mission. The most well known part of his trip is his visit to Ferney. 4 July Denon dines at Voltaire's with his niece, Mme Denis, and Father Adam. **1777** June *Point de Lendemain* is published in the Mélanges Littéraires [Literary Mixtures] and the *Journal des Dames de Dorat* [Journal of the Ladies of Dorat]. October Denon leaves Chalon for Italy, accompanied by his tutor, Abbé Buisson, who remained by his side until May 1778. Denon took this journey at the request of the Abbé de Saint-Non and Jean-Benjamin de Laborde who had joined forces to publish the Voyage pittoresque ou Description des Royaumes de Naples et de Sicile [Picturesque journey or Description of the kingdoms of Naples and Sicily]. Denon was asked to write the text and supervise the artists in charge of producing the illustrations (these were the illustrators Cl. L. Châtelet and J. Desprez, as well as the architect J. A. Renard who joined the team in Naples). November Arrives in Naples. **1778** April-November Denon, Châtelet, Desprez and Renard begin their exploration of southern Italy. They followed the Adriatic coast down to Reggio, where they embarked for Sicily. They stayed in Sicily from 2 May to 26 November, taking a trip to Malta from 4 to 19 September. Denon and his companions left Messina on 26 November and returned to Naples shortly before Christmas. **1779** February Denon is appointed embassy counsellor to the ambassador in Naples, Clermont d'Amboise. **1781** The first volume of the project of the Abbé de Saint-Non, Voyage pittoresque ou Description des royaumes de Naples et de Sicile, is published. 1782 Denon is given more responsibility following the departure of the French ambassador from Naples, and finds himself in a rather uncomfortable position. At the time, the Kingdom of Naples was under the rule of the Bourbons of Spain. Marie-Caroline of Austria was ruling on behalf of her husband Ferdinand IV (1751-1816) but, under the influence of John Acton, she tried to rid herself of Spanish tutelage by turning to England and Austria for support. In his correspondence with his minister before his departure in 1785, Denon gave an account of the anti-French sentiment and actions of Marie-Caroline and her ‘favourite’, to whom he very quickly became an unbearable scarecrow. Although the Court of Naples put in a request for his return to France as early as July 1783, Denon, (who was supported by Collichi - France's lawyer in Naples - in his dealings with the government at Versailles) was kept in office and had to endure his humiliation until the new ambassador arrived. Marie-Antoinette (who was Marie-Caroline’s sister) had been displeased by his reports, and repeatedly accused him of sharing information about her private life. **1783** September The Count of Cagliostro meets Denon in Naples on several different occasions. **1785** September Denon returns to Versailles. **1786** April-June The collection of 525 Etruscan vases collected by Denon in Italy is acquired by d'Angiviller for 30,000 pounds and stored at the Manufacture de Sèvres. **1787** 28 July Denon is admitted into the Academy on the merit of his etching *L'Adoration des bergers* [the Adoration of the Shepherds], done in the style of L. Giordano. His acceptance seems to have had complete backing, despite the Academy rules that stated an artist’s admission piece should be a burin based on a portrait or an important piece by an academician. Denon showed 5 etchings at the Salon that year. 1788 Denon leaves Paris in June, planning to tour the Italian peninsula and visit cities he has not yet seen. He travelled through Lombardy, visiting Turin and Parma before arriving in Venice in October. He spent time amongst the Venetian aristocracy, as well as in political, intellectual and artistic circles. He was introduced to the salon of Elisabetta Teotochi Marin, known as Isabella, with whom he would soon establish a close relationship. **1789** April - October Denon travels to different cities with the apparent aim of engraving pieces of art. He travelled through Ferrara, Bologna (where he was received at the Accademia Clementina), Cento, Modena, Florence and Volterra. His presence in the Italian peninsula became increasingly precarious due to the events that were taking place in France. **1790** April-May Goethe meets Denon during his stay in Venice. 12 August The events of the Revolution make French presence in Venice suspect. Summoned by the Venetian inquisitors, Denon insisted that he was entirely focused on his engraving work. From then on he was kept under close surveillance. **1791** Denon shows one drawing and two etchings at the Salon. **1793** 15 July Denon is accused of spying for the Convention, and ordered to leave Venice. He leaves for Padua. 21 July-26 October Denon spends time in Florence, which remained neutral until England forced the Grand Duke of Tuscany, Ferdinand III, to expel all French people from his territory. December Denon returns to Paris. **1794** 29 June Denon’s name is removed from the list of émigrés for the department of Saône-et-Loire. **1795** Denon has four etchings on display at the Salon. **1796** 16 August Denon signs the petition addressed to the Directoire Exécutif in support of Quatremère de Quincy's theses against the ‘reckless’ removal of works of art from Rome. Denon shows three etchings at the Salon of 1796. **1798** 14 May Denon sets off for Egypt from Toulon. 2 July After the taking of Malta (13-19 June), the French troops leave for Alexandria. 10 September He leaves for the Delta with General Menou. Denon stayed in Cairo on an almost permanent basis until he left for Upper Egypt in November. **1799** 22 and 23 August Denon follows Bonaparte from Alexandria to France during the night. 9 October He arrives in Fréjus. **1800** 7 November Denon attends Bonaparte's inauguration of the antique rooms of the Central Museum of Arts. **1802** May *Le voyage dans la Basse et la Haute Egypte* [The voyage through Lower and Upper Egypt] is published in Paris by Didot and the same year in London by Peltier; several English translations also appear in London in 1802 (translated by Aikin, Blagdon and Kendal). J.-G. Legrand publishes a first French adaptation. 19 November Denon is appointed as the General Director of Museums. **1803** 31 January Denon is appointed (not elected) a member of the Institute, 4th class (Fine Arts) 1st section (Painting), by consular decree. 17 May He is given accommodation at the Louvre, as provided for in the decree that named him the head of the museum. 18 November Denon is made a Knight of the Legion of Honour. **1804** 26 April Denon publishes a piece in defence of the statue of the First Consul by Chaudet in *Le Moniteur* [The Monitor]. The statue was intended for the Legislature (Hermitage). In the defence, he advocated the use of the nude in sculpture. 16 August Denon arranges the distribution of crosses to the soldiers at the Boulogne camp. 18 September At the 1804 Salon opening there are two busts representing Denon on display made by Boichot and Chaudet. 2 December The coronation of Napoleon: the "Honneurs de Charlemagne" [the Honours of Charlemagne] are bestowed upon Denon. April Denon leaves Paris for Napoleon’s coronation in Milan on 26 May. 14 June Denon attends the funeral of General Desaix at the Chapel of the Hospice du Grand-Saint-Bernard. He had been responsible for the ceremony’s arrangements. July-August Denon returns to Isabella Teotochi Marin in Italy and then travels to the north of the peninsula. August Denon spends time in Vienna. The city would be taken by Napoleon in October the following year. September Denon returns to Italy and spends more time with Isabella. October-November Denon meets and employs the draughter Benjamin Zix in Strasbourg before travelling to Munich. **1806** January Denon returns to Paris. 26 February The construction of a monumental arch at the Place du Carrousel in honour of the ‘glorious’ armies is ordered by decree. The chosen architects were Percier and Fontaine, and Denon was placed in charge of ‘artwork and sculpture’. The monument would be inaugurated on 15 August 1808. 28 February A decree is issued for Denon to make illustrations of the Italian and German campaigns. 1 March A decree issues commissions for portraits of the princesses, and statues of Napoleon’s generals, and Denon is put in charge of supervising their production. 15 September The Salon opens and includes a portrait of Denon painted by Soiron. 20-27 September Denon is on the panel of judges for the competition for the ‘Prix de Rome’. He stayed with Goethe in Weimar, and travelled to Berlin, Potsdam, Custrin, Wolfenbüttel and Brunswick. [ où Denon est logé chez Goethe, Berlin, Potsdam, Custrin, Wolfenbüttel, Brunswick…] **1807** Denon continues to take works from galleries in Germany and Poland until the end of June. He travelled to Cassel in January, Brunswick in February, Hamburg, Schwerin, and Berlin in March, Danzig in May, and Heilbing and Tilsit in June. 7 March Denon creates the programme for the competition to capture the Battle of Eylau. **1808** 29 June Denon is made a Knight of the Empire. 14 October The Salon opens and includes a portrait of Denon by Lefèvre (this painting is now at Versailles). End of November, Denon leaves Paris for Spain. He reached Madrid by December. **1809** January After visiting Valladolid, Denon returns to France at the end of the month. May-June Denon leaves Paris for Vienna, wishing to follow the Austrian campaign. He spent six months there from the end of June. 15 June Denon and Stendhal attend Haydn’s funeral ceremony. 15 August The Emperor signs a decree ordering the construction of an obelisk on Pont Neuf to commemorate the achievements of the Grande Armée, and Denon is put in charge of the project. 15 October Napoleon makes Denon and officer of the Legion of Honour while in Schönbrunn. November Denon tries his hand at lithography at the workshop of the Senefelder brothers in Munich. 26 November Denon returns to Paris. **1810** 1 January A decree places Denon in charge of overseeing the decoration of the Pont de la Concorde. 9 February A decree is issued for the construction of a fountain in the shape of an elephant at the Place de la Bastille, and Denon is put in charge of the project. 27 March Denon is there when Marie-Louise d'Autriche arrives in Compiègne. He presents Prud'hon to her as a drawing teacher. 5 November Bosio shows a bust of Denon at the Salon. 10 November A decree names Denon the Director of Excavations in Rome. **1811** 18 August Denon leaves for Italy. He would only return at the end of the following January. October-November Denon visits Genoa, Florence, then Rome. 7 December Benjamin Zix died in Perugia on the return journey. Denon then returned to France via Florence, Piacenza and Milan. **1812** 1 November The Salon opens and includes three portraits of Denon by Augustin, Parent, and Jeannest. **1813** Denon rents the first floor of 5 Quai Voltaire (now number 7) for 6000 francs. **1814** 4 April Louis XVIII comes to the throne. The first Restoration did not negatively affect Denon’s work and credibility, but his living situation deteriorated. May-June Denon is visited by Jean Henry, who is charged with reclaiming the works confiscated by Denon in Berlin from 1806-1807, in particular the pieces from the "cabinet of antiques" belonging to the King of Prussia (of which he was the director). 25 May Denon welcomes the Tsar at the Monnaie des Médailles [The Medal Mint]. 1 November Ouverture du Salon où le portrait de Denon en émail par Augustin est à nouveau exposé. The Salon opens, and Augustin's enamel portrait of Denon exhibited once more. **1815** 3 October Denon presents his resignation to the King. **1825** 28 April Denon dies in his apartment on the Quai Voltaire, and is interred at Père Lachaise Cemetery two days later. **1826-1827** Vivant Denon’s collections are sold off in three instalments. **1829** *Monuments des Arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernes, recueillis par le Baron Vivant Denon* [Monuments of the Art of Drawing among both ancient and modern peoples, collected by Baron Vivant Denon] is published.
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