DM_37-4525

identifiantDM_37-4525
est validéoui
titreEsquisses pour un projet de tombeau à Napoléon
coteBibliothèque Thiers, fonds Masson, DM 37-4525
date1840
détails techniquesPierre noire, encre de chine, plume et encre noir rehaussé de lavis noir 30 x 23,4 cm
contexte (markdownDans le testament qu’il rédige en 1821, Napoléon déclare souhaiter que ses cendres reposent sur les bords de la Seine, « au milieu de ce peuple français qu’il a tant aimé ». À l’occasion du retour des cendres en 1840, se pose alors le choix du meilleur site pour accueillir le mausolée de l’empereur. Au regard du coût des projets présentés pour la construction de monuments fastueux sur la colline de Chaillot, à l’emplacement du palais du Roi de Rome imaginé sous l’Empire, l’idée de construire un tombeau monumental au sein des Invalides s’impose finalement. Le lieu est bien situé en bords de la Seine, et est de plus un symbole de la puissance militaire française. Un grand concours est organisé en 1841, suscitant une large participation. L’absence de programme encourage une liberté totale, de laquelle naissent des propositions très disparates. Tout est en effet à définir, depuis l’emplacement du monument, son rapport avec l’architecture de Mansart, ou encore le choix iconographique à mettre en œuvre. Les débats tant politiques qu’artistiques retardent cependant la mise en place d’un consensus. La dépouille impériale doit ainsi attendre vingt et un ans avant d’être installée le 2 avril 1861 dans le mausolée finalement construit par Louis Visconti.
analyse et description (markdown)Ce dessin, dont la signature est illisible, est daté du 14 décembre 1840, jour où est débarquée à Courbevoie la dépouille de Napoléon, avant que celle-ci ne parcoure une dernière fois les rues de la capitale. C’est un témoignage précieux de l’enthousiasme et l’émulation artistique que le retour des restes de l’empereur suscite, alors que ce dernier s’impose comme un mythe international. Dans le contexte du grand concours organisé pour construire le mausolée impérial, de nombreux architectes, mais aussi des artistes peintres comme Théodore Chassériau ou même Ingres, imaginent leurs propres « tombeaux », sans pour autant concourir à la compétition artistique officielle pour la construction du monument. Ce projet semble ainsi davantage appartenir à la production de la sphère des peintres que celle des architectes. Parmi les quelque quatre-vingts dessins exposés à l’École de Beaux-Arts, la plupart installent leurs projets sous le dôme de l’église. Nombre d’entre eux, comme celui-ci, figurent en un monument vertical, à l’opposé des propositions « souterraines », à l’image de celle de Visconti. L’auteur conçoit ici un monument funèbre de taille discrète par rapport à d’autres projets plus grandiloquents. Il imagine un piédestal sur lequel trois victoires rappellent le triomphe impérial et couronnent la figure de Napoléon vêtue à l’antique et portant le globe. L’auteur compose à partir de traits de crayon, rehaussés d’encre de chine, et de quelques touches de lavis. Le projet paraît alors une proposition rapide et spontanée, encouragée par la nouvelle du débarquement de la dépouille impériale aux alentours de Paris à l’hiver 1840. Il ajoute aussi au crayon les inscriptions envisagées pour son monument : « Vaillance, sagesse, majesté, vigilance, courage et génie », dont l’emplacement est probablement au pied des allégories placées aux angles du socle. Les éléments manquent pour savoir s’il s’agit d’un monument autonome, conçu pour être érigé au milieu d’un espace architectural, ou au contraire, si l’ensemble est pensé pour être accolé à un mur ouvert d’une porte donnant éventuellement accès à une crypte. Il s’agit en définitive d’une proposition simple, dépourvue de toute la surcharge symbolique et artistique dont la plupart des projets pour le tombeau impérial ont fait l’objet. Au verso, une probable première version de la même proposition, présente quelques différences iconographiques.
fait partie dearchitecture