| identifiant | DM_418_E |
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| est validé | oui |
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| titre | Plans de l’École royale des Beaux-Arts |
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| cote | Bibliothèque Thiers, fonds Masson, DM 418 E |
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| date | c. 1810-1832 |
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| détails techniques | Pierre noire, plume, encre noire et lavis d'encre noire sur papier
41,9 x 32,2 cm |
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| contexte (markdown | En 1816, une ordonnance du roi crée l’Académie royale des Beaux-Arts pour former les peintres, sculpteurs, graveurs et architectes. À la Révolution, l’Académie royale de peinture et de sculpture ainsi que celle d’architecture, qui logeaient au Louvre, avaient été dissoutes. Diverses institutions en prirent la suite et dispensèrent tant bien que mal des formations quand celles-ci n’étaient pas entreprises sur l’initiative personnelle d’anciens professeurs. Avec l’Institut créé sous le Consulat, une école des beaux-arts intégra le Collège des Quatre-Nations. En 1832, l’architecte Debret rappelle qu’ensuite « Napoléon fit jeter sur le quai des Invalides les premiers fondements d’un immense palais, destiné aux lettres et aux arts, fondements dont les moindres traces disparurent avec lui ». En fait, dès 1811 l’institution s’engageait dans l’élaboration d’un bâtiment propre où mener ses travaux. Sous la Restauration finalement, « […] une ordonnance royale affectait en 1819 à l’École des Beaux-Arts les localités des Petits-Augustins […], connue sous le nom du Musée des monuments français, mais qui devenait disponibles par le transport tant au Louvre qu’à Saint-Denis des objets précieux qu’il renfermait » (Debret). En tant qu’architecte de la basilique, Debret fut chargé d’une partie de ce transfert. Charles Percier et Antoine Vaudoyer avaient aménagé les salles historiques du musée dans l’ancien couvent ; un jardin élyséen agrémentait aussi l’ensemble. À partir de 1808, ce même Vaudoyer proposait des plans pour la nouvelle école, mais on l’écarta finalement, notamment parce que l’édifice devait être « élevé sans luxe » (Debret) alors que l’architecte voyait grand. Debret en fut donc chargé et « le 3 mai 1820, dans le jardin des Petits-Augustins, fut posée la première pierre du palais de l’École des Beaux-Arts ». |
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| analyse et description (markdown) | Le bâtiment principal que François Debret (1777-1850) construit pour l’Académie correspond à ce palais des études ici représenté à la fois en élévation de sa façade principale et en plan au sol du rez-de-chaussée. Cet édifice rectangulaire est d’un étage, surélevé d’un attique seulement sur les parties latérales et arrière. Il est d’inspiration Renaissance, avec linteaux rectangulaires moulurés, sommés d’un fronton au bel étage, bossages aux pavillons d’angles et motif d’arc de triomphe avec colonnes pour magnifier la porte centrale. Les statues de cette dernière, ainsi que celles placées dans les niches des pavillons latéraux, achèvent de l’orner sobrement. À l’intérieur, une galerie couverte coupe la cour en deux et permet de relier l’entrée monumentale à l’hémicycle des séances solennelles situé dans son prolongement. En 1832, Debret demande des fonds pour l’achever. Il écrit que « ces travaux évalués à 1,500,000 fr., ne furent alimentées que par une somme annuelle de 60 à 80,000 fr., fond sur lesquels on dut prélever les dépenses urgentes qu’il fallut faire pour l’installation provisoire des salles d’études dans les bâtiments en délabre […] du couvent ». Il fut ensuite contraint de créer un autre bâtiment dit des « loges » pour les études et les concours. En 1832, le palais des études « fondé dans toute sa superficie [n’a encore que] l’aile gauche [de] terminée [,] […] L’aile droite et le corps de bâtiment du fond sont élevés jusqu’à la hauteur du premier étage ». Debret se voyait contraint d’écrire ces lignes pour demander au gouvernement d’achever de financer les travaux, alors même que le palais ne répondait plus aux besoins croissants d’espace demandés par ses confrères de l’Académie. Nous sommes alors sous la monarchie de Juillet et son gendre Duban prit la liberté de soutenir un projet alternatif, qui rencontra l’approbation de Thiers, ministre en charge. Son programme monumental incorporait des élévations témoins de l’histoire de l’architecture française rapportées dans les cours à l’époque du musée et provenant des châteaux de Gaillon et d’Anet. Elle les obstruait partiellement et Debret voulait les rendre libres. Dubant souhaitait en fait donner à ces lieux une nouvelle esthétique, romantique, capable selon lui de renouveler les fondements de l’école d’architecture française. Il réussit donc à récupérer le chantier et l’acheva magistralement. |
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| fait partie de | architecture |
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