DM_414_D

identifiantDM_414_D
est validéoui
titreProjet d’un arc de triomphe
coteBibliothèque Thiers, fonds Masson, DM 414 D
date1803
détails techniquesPlume et encre noire sur papier verger blanc 9,3 x 13,7 cm
contexte (markdownL’architecte parisien Auguste Famin (1776-1859) remporte le Grand Prix de Rome en 1801. Il étudie en Italie de 1801 à 1806. Dès son retour à Paris, il commence à publier avec Auguste Grandjean de Montigny (1776-1850), ancien pensionnaire de l’Académie de France à Rome comme lui, leurs nombreux dessins d’architecture et de sculpture de la Renaissance toscane : Architecture toscane (1806) ; Recueil des plus beaux tombeaux exécutés en Italie dans les XVe et XVIe siècles (publié sous le seul nom de Grandjean qui remercie cependant dans l’introduction son ami de lui avoir fourni une partie des dessins). Élèves de Percier et Fontaine, ils s’affichent ainsi comme leurs émules, proposant comme une suite toscane à leur ouvrage sur les Palais et maisons de Rome (Paris, Baudouin, 1798). Famin fait donc partie de ces architectes français affichant une double préférence artistique : l’Antiquité et l’architecture de la Renaissance italienne, du Quattrocento même. L’un sied alors aux grandes commandes monumentales d’État, tandis que l’autre permet un renouvellement des formes classiques modernes en accord avec une volonté de rationalisation et de simplification de langage du temps qui facilite notamment la réponse que les architectes doivent apporter à la diversité croissante des types de bâtiments à construire à partir de 1800. Son pavillon de chasse de l’Empereur (dit Pourras) au Perray-en-Yvelines en est un exemple. Sa rénovation de l’ancien hôtel d’Angiviller à Rambouillet (construit dans les années 1780 par Thévenin), qui devient alors le « Palais du roi de Rome », illustre plus précisément comment Famin, en prenant pour référence l’architecture toscane, réussit à composer avec des formes classiques françaises de la fin du 18e siècle, toutes deux caractérisées par un langage architectural d’une grande simplicité. Il n’arrive cependant pas à convaincre qu’il peut mener de plus grands projets, sa proposition de reconstruire le château de Rambouillet n’étant pas retenue.
analyse et description (markdown)Avec cet arc triomphe à trois baies, Famin démontre qu’il maîtrise le langage de l’architecture romaine antique. Au droit des piliers, il place des colonnes d’ordre corinthien formant ressaut (avec colonnes engagées à l’arrière). Elles sont couronnées de ce qui semble être des victoires censées se rapporter à des faits militaires précis. Sur un char dominant un attique au-dessus de l’arc central, une large victoire aux ailes déployées vient en effet adresser ce qui apparaît être des palmes et des couronnes à deux figures menant un double quadrige. De belles figures ailées ornent aussi les écoinçons des arcs et de larges inscriptions recouvrent des tables au niveau de la corniche. Ce dessin a été établi par Normand d’après Famin pour être gravé puis publié dans les Annales des Musées. Un texte critique de Jacques-Guillaume Legrand l’accompagne qui nous indique que c’est un dessin primé publiquement. Ce confrère de Famin considère qu’il « est remarquable par la pureté du style, par son caractère puisé dans les productions de l’architecture antique, par sa richesse et son effet pyramidal ». Selon cet architecte, son format de porte triomphale avec ses deux ouvertures latérales de même grandeur que la centrale apparaît correspondre aux besoins du temps et il soutient donc sa construction. Réunissant « magnificence et […] légèreté », il posséderait les qualités de durabilité de l’architecture romaine sans sa pesanteur ni le caractère par trop léger propres aux créations françaises. Legrand apparaît donc soutenir son confrère alors à Rome pour qu’il se fasse une place d’architecte dans un milieu parisien très concurrentiel. Les projets qu’il mène à son retour à Rambouillet pour Napoléon ne convainquent cependant pas son maître Fontaine qui considérait qu’il manquait de jugement.
fait partie dearchitecture