DM_414_C

identifiantDM_414_C
est validéoui
titreProjet d'arc de triomphe
coteBibliothèque Thiers, fonds Masson, DM 414 C
date1806
détails techniquesPlume et encre noire sur papier verger blanc 15,9 x 10,9 cm
contexte (markdownCe dessin est une copie d'un projet d'arc diffusé en 1806. C'est dans un climat propice à la réflexion autour du type de l'arc de triomphe qu'est publiée sous l'Empire, une gravure tirée d'un dessin original de Jean Baptiste Philibert Moitte (1754-1808) primé à l'occasion du concours de l'an II (1794). Athanase Détournelle (1766-1807), Guillaume Édouard Allais, Antoine Laurent Thomas Vaudoyer (1756-1846), grands prix d'architecture. Projets couronnés par l'Académie d'architecture et par l'Institut de France. Gravés et publiés par Allais, Détournelle et Vaudoyer, À Paris, 1806, planche 25. S'intéresser à nouveau au type de l'arc de triomphe sous l'Empire n'est pas anodin, puisqu'en plus des deux arcs érigés dans la capitale, d'autres projets sont aussi restés lettre morte. Après la victoire d’Austerlitz en 1805, contre la Russie et l’Autriche, Napoléon aurait déclaré à son armée « vous ne rentrerez dans vos foyers que sous des arcs de triomphe ». Ce fut chose faite en février 1806, lorsqu’il ordonna la construction à Paris de deux arcs de triomphe s’inscrivant ainsi dans la tradition de la Rome antique. L’arc du Carrousel, confié aux architectes Charles Percier et Pierre Fontaine, est pensé comme une entrée monumentale pour le palais des Tuileries, une des résidences de l'Empereur, et devait aussi servir de cadre aux revues militaires. L'arc de l’Étoile, dessiné initialement par Jean François Thérèse Chalgrin, devait dominer une des hauteurs de Paris en culminant à plus de 50m de haut, mais n'est achevé que sous la Monarchie de Juillet. Si ce projet d'arc précède l'Empire, la figure de l'éléphant retient néanmoins l'attention dans la mesure où il fait écho à d'autres projets non réalisés. Cet animal, qui ne fait pas partie du bestiaire impérial, composé d’aigles ou d’abeilles, est en effet mis à l'honneur dans un des grands projets de Napoléon. Le 26 octobre 1808, il ordonne la construction place de la Bastille d'une fontaine décorée d’un gigantesque éléphant. Au-delà de la tradition éléphantesque des projets monumentaux d'architecture publique, Napoléon était attaché à sa dimension triomphale, et certainement à la référence aux Anciens, et plus particulièrement à celle d’Hannibal, qui avait franchi les Alpes avec des éléphants. C'est donc naturellement qu'en 1806, Détournelle, Allais et Vaudoyer publient ce projet révolutionnaire dans leur recueil d'architecture. La réflexion autour des monuments inspirés de l'antiquité, au vocabulaire triomphal et aux proportions démesurées, était dans l'air du temps.
analyse et description (markdown)Ce dessin une copie, soit du dessin de Moitte, soit de la gravure tirée de ce dessin et publiée sous l'Empire, en 1806. À l'occasion du concours de l'an II (1794), Moitte proposait un arc dans des proportions monumentales, dont on peut prendre la mesure à l'aide des personnages esquissés sous l'arche centrale. Le programme décoratif est riche : la base de l'édifice est cernée de trophées d'armes, qui en rappellent la fonction ancestrale. Un troupeau d'éléphants gigantesques habillés à l'orientale composent les piédroits de l'arc et en supportent le plein cintre entouré d'allégories de la renommée et de la victoire. Une rangée de lions devance la figure sommitale couronnée de lauriers. Un dessin attribué à Moitte et Jacques Caumont, Projet d'arc de triomphe primé au concours de l'an II (1794) et transformé à la gloire de Napoléon, est conservé au musée national des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau (M.M.40.47.3256). Daté de 1809, il s'agit d'une mise à jour impériale du projet révolutionnaire. Dessin annoté: "Arc de triomphe" ; "Programme : sujet d'un prix proposé par le gouvernement dans un concours public et remporté par Philibert Moitte en 1795, l'an 3e de la République : l'auteur à dans ce monument cherché à exprimer les vertus qui assurent la victoire. Les lions désignent le Courage ; les taureaux et le chêne, la force ; le coq, la vigilance, les éléphants, la Sagesse".
fait partie dearchitecture