| identifiant | DM_414_A |
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| est validé | oui |
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| titre | Vue de la barrière d'Italie (Paris) |
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| cote | Bibliothèque Thiers, fonds Masson, DM 414 A |
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| date | 1804 |
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| détails techniques | Pierre noire, plume et encre noire sur papier verger gris
10,6 x 16,7 cm |
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| contexte (markdown | À la fin de l'Ancien Régime, l'enceinte des fermiers généraux est aménagée à Paris à la demande de Louis XVI et de la Ferme générale (1785-1790). Afin de contrôler les marchandises et ainsi de limiter la fraude ou la contrebande, le principal objectif était de construire un mur de plus de 20 km autour de la capitale, ponctué de barrières d'octroi. À cet effet, une cinquantaine de pavillons est installée à des emplacements stratégiques, accompagnés selon les cas d'autres constructions, telles que des corps de garde, des remises, des logements, etc. C'est à l'architecte Claude Nicolas Ledoux qu'est confié ce chantier colossal. Chacune des barrières d'octroi, sur le modèle de propylées symbolisant la séparation entre l'espace urbain et les faubourgs, est conçue différemment. Leurs formes varient selon leur importance et leur usage. Plus que de simples édifices utilitaires, l'architecte leur confère une allure majestueuse, inspirée de l'Antiquité et la Renaissance italienne. Elles incarnent alors parfaitement la pensée ledolcienne : « L’Architecture est à la maçonnerie ce que la poésie est aux belles lettres : c’est l’enthousiasme dramatique du métier » (Claude Nicolas Ledoux, L’Architecture considérée sous le rapport de l’art, des mœurs et de la législation, Paris, 1804). Cet ensemble concentre cependant la colère du peuple parisien à la veille de la Révolution, et est qualifié par ses détracteurs d’"épouvantables maçonnailles". Différents pavillons sont d'ailleurs incendiés lors des émeutes populaires. L'octroi, supprimé en 1791 par décret de l'Assemblée constituante, est néanmoins rétabli en 1798, redonnant ainsi leurs fonctions premières aux barrières. En 1860, lorsque les nouvelles limites de Paris adoptent officiellement le tracé de la dernière enceinte de la ville (dite enceinte de Thiers), le mur des fermiers généraux, ce " mur murant Paris rend Paris murmurant" selon l'expression de Beaumarchais, est finalement démantelé. La barrière d'Italie, ici représentée, est un temps utilisée comme mairie d'arrondissement avant d'être détruite quelques années plus tard. |
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| analyse et description (markdown) | Ce dessin ne représente que la façade principale du bâtiment (dit également barrière de Fontainebleau ou des Gobelins), qui était disposé parallèlement à un second situé en vis-à-vis. L'accès se fait à l'aide d'un perron central à double rampe, qui dessert un portique à colonnes d'ordre dorique grec. Au-dessus de cette loggia, inspirée de l'architecture italienne, se déploie le premier étage percé d'une série de baies de taille variable. L'ensemble est couronné par une frise rappelant celles qui ornaient autrefois les entablements des temples. Triglyphes et métopes s'y succèdent et décorent vraisemblablement les quatre façades. Les fenêtres, discrètement disposées à intervalles irréguliers entre les métopes, permettent d'apporter le jour à l'intérieur sans perdre l'aspect antiquisant de l'extérieur. Ce dessin est une copie de la gravure de la barrière d'Italie publiée par Charles Paul Landon, Annales du musée et de l'école moderne des beaux-arts: Recueil de gravures au trait...volume 5, Paris, 1804, planche 40. Il y est précisé que le monument se trouvait dans le prolongement de la rue Mouffetard, à un emplacement qui correspond actuellement à la place d'Italie. L'auteur du commentaire ne manque pas de rappeler avec justesse que l'architecture de cette construction aujourd'hui disparue était dotée d'un portique à colonnes rappelant les compositions gracieuses du célèbre architecte italien Andrea Palladio (1508-1580). Plusieurs dessins et photographies conservées au musée Carnavalet permettent de voir les évolutions de la barrière à différentes périodes, et dans son environnement urbain. |
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| fait partie de | architecture |
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