DM_413_C

identifiantDM_413_C
est validéoui
titreElévation de l'ancienne fontaine des Innocents
coteBibliothèque Thiers, fonds Masson, DM 413 C
datec. 1800
détails techniquesPierre noire, plume et encre noire sur papier verger gris 20 x 13,5 cm
contexte (markdownLa Fontaine des Innocents a été modernisée une première fois dans les années 1550, sur les plans du célèbre architecte du Louvre, Pierre Lescot (1515-1578). Comme l'atteste un grand nombre de dessins et gravures, elle était adossée au mur mitoyen de l'église des Saints-Innocent, à proximité des Halles, au croisement entre la rue Saint-Denis et la rue aux Fers. Les nombreux embellissements entrepris à Paris dès la fin de l'Ancien Régime incitèrent les architectes et dessinateurs à produire des relevés des édifices tels qu'ils étaient avant leur transformation, et après leur modernisation. C'est à l'occasion du réaménagement de ce secteur dans les années 1780 que la fontaine a été modifiée. La décision de déplacer les cimetières hors de Paris entraîna la suppression du charnier des Saints-Innocents, suivie de la démolition de l'église du même nom, un marché aux fruits et aux légumes est installé à leur emplacement en 1788 : c'est certainement cette nouvelle occupation du quartier qui incite à remonter la fontaine en son centre. C'est à l'initiative de l'architecte Six et sous la supervision de Bernard Poyet, architecte de la ville de Paris et en charge de la gestion de l'adduction d'eau, que la fontaine des Innocents est déplacée et modernisée. Il s'agissait notamment d'ajouter une quatrième face à cette fontaine, auparavant dotée de trois arcades, et de la reconfigurer avec un plan carré aux élévations symétriques. Les architectes Jacques Guillaume Legrand (1753-1807) et Jacques Molinos (1743-1831) participent également au chantier, tandis que le sculpteur Augustin Pajou (1730-1809) se charge de réaliser la quatrième façade en suivant le style de Jean Goujon. Cet édifice, jugé harmonieux, se retrouve au premier ou à l'arrière-plan de nombreuses vues consacrées à l'espace public parisien qui attestent de son succès.
analyse et description (markdown)Planche issue d’un montage consacré aux supposés travaux de [Jean-Jacques Huvé (1742-1808) ?]. Cette gravure présente la restitution d'une des façades de l'ancienne fontaine des Innocents avant sa restructuration à la fin des années 1780. On observe une fontaine monumentale composée d'une base imposante et sobre d'où s'écoulait l'eau mise à disposition des Parisiens. La décoration se concentre sur les parties hautes, plusieurs bas-reliefs attribués à Jean Goujon (1510-1567) figurent cinq naïades portant des vases dont l'eau parfois se déverse, et diverses scènes mêlant des nymphes dans un registre aquatique. Les deux arcades ici représentées, séparées par des pilastres, sont celles qui donnaient sur la rue aux Fers, tandis que la façade côté rue Saint-Denis ne disposait que d'une seule arcade en largeur. D'autres bas-reliefs occupent l'attique des façades et font échos à ceux qui se trouvent au registre inférieur. L'utilisation d'un piédestal, d'un ordre antique, surmonté d'un entablement lui-même couronné de frontons, correspond alors au goût de la Renaissance. On ne peut s'étonner que les grandes lignes de ce monument aient été conservées lors de sa reconfiguration à la veille de la Révolution, au regard de l'attrait pour la Renaissance et l'Antiquité durant cette période. L'ajout de la lettre "N" au centre des couronnes de laurier situées entre chaque pilastre permet de supposer que le dessin a été réalisé sous l'Empire. La fontaine modernisée est représentée sur le dessin côté DM 413 D.
fait partie dearchitecture