DM_413_B

identifiantDM_413_B
est validéoui
titreProjet d’un obélisque pour la ville de Douai, chef-lieu du département du Nord
coteBibliothèque Thiers, fonds Masson, DM 413 B
date1800
détails techniquesPierre noire, plume et encre noire sur papier verger gris 18,4 x 11,5 cm
contexte (markdownL’installation d’obélisques dans l’espace urbain au centre de places ou formant perspectives, est envisagé à Paris dès l’Ancien Régime, sur l’exemple de la Rome des papes. Dès la Révolution, une pyramide en forme d’obélisque est établie pour un temps en lieu et place de la statue de Louis XIV sur la place de la Victoire. L’expédition d’Égypte renforce ensuite l’intérêt pour une telle forme, dont l’emploi se généralise sous le Consulat. En 1800, l’obélisque devient, comme la colonne, une solution privilégiée pour bon nombre de projets destinés à combler le vide laissé par la destruction de monuments de l’Ancien Régime, tels que la Bastille ou les statues royales de la place de la Victoire, d’Henri IV sur le Pont-Neuf, ou encore celle de Louis XV sur l’ancienne place éponyme (l’actuelle place de la Concorde). Leurs formes géométriques conviennent au monument commémoratif avec leurs bases et leurs surfaces susceptibles de recevoir des textes. Le 29 ventôse an VIII (20 mars 1800), un arrêté consulaire décrète un programme de commémoration des soldats morts pour la patrie dans chacun des 108 départements que compte alors la France. Les deux formes sont dès lors privilégiées par les architectes amenés à participer.
analyse et description (markdown)Planche issue d’un montage consacré aux supposés travaux de [Jean-Jacques Huvé (1742-1808) ?]. Cet architecte est principalement actif sous l’Ancien Régime. Bien qu’incarcéré pendant la Terreur, il réalise différentes propositions pour les concours de l’an II. Libéré après le 9 thermidor, Huvé cherche ensuite à intégrer la nouvelle administration. Il participe alors au grand concours des colonnes départementales de 1800, dont ce projet d’obélisque a été rapproché. Le dessin correspond en réalité à une copie d’après une gravure de Charles Normand, d’une production de l’architecte parisien Jean-François Poidevin. Les propositions de ce dernier, pour le programme des colonnes départementales, ont en effet été gravées et publiées au sein des Annales du musée et de l’école moderne des beaux-arts. Poidevin, a présenté ses projets au Salon du Louvre de 1801 ses projets au Salon du Louvre de 1801 (Livret du Salon du Louvre de l’an IX/1801, n. 504 – une colonne départementale pour la ville de Bruxelles, DM 413 A ; n. 505, le projet d’obélisque dont il s’agit). Il est alors directeur des travaux de reconstruction de la place forte de Landrecies, dans le Nord de la France, ce qui explique ses propositions pour Douai et Bruxelles. Cet obélisque devait être érigé « sur l’ancien emplacement de l’église Saint-Jacques » de Douai, selon les Annales du Musée, mais reste à l’état de projet. La fondation Dosne-Thiers conserve une série de telles œuvres créées pour ce périodique du peintre Landon, essentiellement des compositions d’architecture (il publiait aussi des sculptures et des tableaux anciens et modernes). On y apprend également que Poidevin, « pour donner à ce monument un double motif d’utilité », avait établi que « le soubassement servirait de fontaine publique », à l’exemple d’obélisques de Rome. Une vasque circulaire percée régulièrement d’ouvertures devait alors permettre un approvisionnement en eau de la population. Au regard du décor de l’ensemble, il est prévu que soient inscrits les noms des soldats morts sur l’obélisque, à la manière de hiéroglyphes égyptiens. L’arrêté consulaire stipulait en effet que « la plus grande place du chef-lieu recevrait une colonne portant les noms des militaires morts sur le champ de bataille ». L’ensemble est aussi surmonté d’une Victoire ailée.
fait partie dearchitecture