| identifiant | DM_413_A |
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| est validé | oui |
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| titre | Colonne départementale pour la ville de Bruxelles « A la mémoire des braves morts au combat » |
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| cote | Bibliothèque Thiers, fonds Masson, DM 413 A |
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| date | c. 1800 |
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| détails techniques | Pierre noire, plume et encre noire
18,2 x 11,3 cm |
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| contexte (markdown | A partir de la Révolution, la construction de monuments publics prend une importance significative en France en raison des bouleversement historiques en cours. En témoigne le Discours prononcé par Kersaint en 1791, qui souligne la valeur hautement symbolique de ces dispositifs propres à diffuser les messages politiques. Il s’agit notamment de supplanter l’héritage de l’Ancien Régime en réinvestissant l’espace urbain par le biais d’ambitieuses opérations d’embellissement. Différents concours d’architecture sont dès lors organisés par les autorités afin de contribuer à la « régénération » de la Nation, à la manière de ceux de l’an II restés célèbres au regard de leur ampleur. Ceux-ci suscitent l’émulation d’une sphère artistique puisant en premier lieux ses références dans l’Antiquité, dont les modèles circulent activement par le biais de la publication de recueils spécialisés. Parmi les formes mises en évidence par les théoriciens de l’architecture tels que Marc-Antoine Laugier et Jean-Nicolas-Louis Durand, le type de la colonne commémorative est particulièrement prisé. Le décret du 29 ventôse an VIII (20 mars 1800) ordonne d’ailleurs que chaque chef-lieu français soit doté d’une colonne en l’honneur des morts aux champs de bataille pour la gloire du pays, en plus de la construction d’une colonne nationale sur la place de la Concorde à Paris. Leurs formes doivent être arrêtées par un jury d’artistes composé du peintre Jacques-Louis David et des architectes Jacques-Guillaume Legrand et Pierre Fontaine. Bien que cette initiative entraîne de multiples propositions et variantes, elle n’est suivie que de peu de réalisations. L’idée donne cependant lieu sous l’Empire à la construction de la colonne d’Austerlitz ou de la Grande armée reprenant l’exemple de la colonne Trajane, dans le cadre des grandes transformations de la capitale encouragée par Napoléon. D’autres monuments similaires sont imaginés durant cette période afin de célébrer les hauts faits du régime et d’écrire un nouveau récit national, comme en témoignent ces différents projets conservés au sein de la collection Masson. |
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| analyse et description (markdown) | Planche issue d’un montage consacré aux supposés travaux de [Jean-Jacques Huvé (1742-1808) ?]. Cet architecte est principalement actif sous l’Ancien Régime. Bien qu’incarcéré pendant la Terreur, il réalise différentes propositions pour les concours de l’an II. Libéré après le 9 thermidor, Huvé cherche ensuite à intégrer la nouvelle administration. Il participe alors au grand concours des colonnes départementales de 1800, dont ce projet semble se rapprocher. Le dessin correspond en réalité à une copie d’après une gravure de Charles Normand (1765-1840), d’une production de l’architecte parisien Jean-François Poidevin. Les propositions de ce dernier, pour le programme des colonnes départementales, ont en effet été gravées et publiées au sein des Annales du musée et de l’école moderne des beaux-arts. Poidevin, a présenté ses projets au Salon du Louvre de 1801 (Livret du Salon du Louvre de l’an IX/1801, n. 504 – le monument dont il s’agit ; n. 505, voir DM 413 B). Il est alors directeur des travaux de reconstruction de la place forte de Landrecies, dans le Nord de la France, et soumet avec succès deux projets de colonnes départementales locales, plus précisément un obélisque pour Douai, la préfecture du Nord (DM 413 B), et une véritable colonne pour celle de la Dyle, pour Bruxelles. Celle-ci devait être érigée « place de la Liberté (ci-devant Royale) » selon le périodique des Annales du musée. Ce dernier précise que « cette colonne est élevée sur un stylobate ; à chacun des angles sont placées quatre statues, au-dessous desquelles on voit les attributs qui leur sont analogues. Le département de la Dyle étant un des plus agricoles et des plus commerçants de la France, deux statues représent[ent], l’une l’Agriculture, sous la figure de Cérès ; et l’autre le Commerce, sous celle de Mercure. Les deux autres, la Paix et l’Abondance, sans lesquelles il ne peut exister de prospérité publique. Le fût de la colonne est décoré, jusqu’au tiers seulement, de couronnes de chênes et de lauriers entrelacées ; dans les intervalles sont inscrits les noms des guerriers mors sur le champ de bataille. Le chapiteau est composé de feuilles d’acanthe et de palmier. Ce monument est terminé par la statue de la Renommée : elle tient d’une main la trompette, et de l’autre des couronnes destinées aux vainqueurs. Les différents marbres qui se trouvent dans ce département et ceux qui l’avoisinent, connus par la dénomination de marbres de Flandre, seraient employés à l’exécution de ce monument. La dépense serait peu considérable, puisqu’à la facilité de se procurer les matières se joint celle de la main-d’œuvre, l’artiste ayant eu soin d’éviter les profils et tous les détails qui concourent à la rendre dispendieuse ». |
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| fait partie de | architecture |
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