DM_262

identifiantDM_262
est validéoui
titreProjet d'aménagement entre le Louvre et les Tuileries
coteBibliothèque Thiers, fonds Masson, DM 262
date1789-1791
détails techniquesPierre noire, plume, encre noire, lavis gris et aquarelle 99,6 x 35 cm
contexte (markdownLe secteur du Louvre et des Tuileries concentre l'intérêt des architectes et du gouvernement pendant plusieurs siècles. Dès les années 1770-1780, l’augmentation du nombre de projets incluant le dégagement des abords des Tuileries est représentative de l’apogée de la notion d’embellissement au siècle des Lumières. Ces multiples acteurs ont imposé au territoire urbain une vision à la fois esthétique et rationnelle, à travers un réseau de rues droites et ordonnées pour pallier les problèmes de circulation et favoriser l’aération des villes, tout en multipliant les places et les lieux d'agrément. Le quartier des Tuileries est alors structuré par deux places royales au nord et à l’ouest, et un palais au sud. Les projets qui naquirent sous le règne de Louis XVI s’intéressaient davantage à l’espace situé à l’est du quartier. La plupart sont conditionnés par la construction dans cet espace d’une salle d’opéra, projetée à proximité du pavillon de Marsan, ou bien en face du pavillon central des Tuileries, et d’une nouvelle place en l’honneur du roi. Quelques années avant que ce dessin ne soit réalisé, l'architecte François Jospeh Bélanger avait notamment proposé d'installer une place Louis XVI et une salle pour l'opéra, au même emplacement que dans le dessin en question, en face du palais des Tuileries, (voir Première idée pour placer dans le Carrousel, la Statue de Louis XVI, et l'Opéra, en pratiquant des communications couvertes, des Écuries du Roi, et celles de la Reine, pour arriver à la Salle, et en ouvrant une grande rue en face du Vieux Louvre, (s.n), Paris, 1781, BnF). Un projet attribué à l'architecte Theuriet, illustre une autre proposition de reconfiguration de l'espace entre les deux palais (Plan de la réunion des Tuileries au vieux Louvre, de l’établissement d’une salle d’Opéra, d’une salle de concert..., BnF, Est, EV 440). Ce projet anonyme s'inscrit dans cette période de réflexion générale autour de l'aménagement du Carrousel, qui s'intensifie à l'aube de la Révolution. Le remodelage des abords des Tuileries fait alors l’objet de nombreuses considérations n'aboutissant pas. Il faut attendre l'Empire, et la construction de l'arc de triomphe du Carrousel sur les plans des architectes Percier et Fontaine, pour que l'espace situé autour de cette place soit totalement dégagé et finalement laissé vide selon les désirs de l'Empereur. La réunion des deux palais, qui a débuté dès Henri IV n'est quant à elle achevée que sous le Second Empire.
analyse et description (markdown)Annotation au verso "Projet de réunion du Louvre". Inscription : "Plan général des Palais des Tuileries et du Louvre et des rues et places adjacentes, sur les quel sont lavées en rouge foncé les masses AB. de deux salles de spectacle projetées pour l'opéra et le théâtre de la nation. Ces salles seraient réunies du côté du Carrousel par un arc triomphale C. formant l'entrée d'une rue de 60 pieds de largeur qui serait ouverte dans l'axe des deux avant-corps du Louvre et du Palais des Tuileries. Deux autres rues DE, également percées depuis le Carrousel jusqu'à la place du Louvre, isoleraient les deux salles. Deux ponts placés aux points FG procureraient la facilité de descendre à couvert..." Ce plan se compose de trois feuillets accolés. l s'agit d'un projet d'aménagement de l'espace situé entre le Louvre et les Tuileries, datant probablement du début de la Révolution française, avant que ne soit lancé le concours révolutionnaire relatif à l'opération urbaine du secteur des Tuileries en mai 1793. Les mentions du "musée" mais aussi du "palais du roi" et d'une communication entre les palais agréable pour "ses majestés" mais aussi la construction d'un opéra et d'un théâtre "de la nation" orientent cette hypothèse. La présentation du projet se termine ainsi "Les artistes qui proposent ce projet en réaliseront l'exécution pour Pâques prochain au plus tard", ils ne demandent rien pour les travaux excepté la jouissance de l'hôtel de Longueville et ses dépendances pendant 25 ans. Il est stipulé ensuite que "ces constructions et les deux salles resteront au bout de 25 années à la nation sans aucune indemnité". Cette mention permet de supposer que le projet est porté par des entrepreneurs. À l'analyse du plan, on remarque que la rue de Rivoli (1802) n'a pas encore aménagé. Les dispositions sont ambitieuses, les auteurs anonymes prévoyant que les deux salles, agrémentées de ponts pour descendre à couvert, aboutissent à un arc triomphal qui formerait l'entrée d'une rue. Une place d'armes environnée de corps de garde est également envisagée devant la cour royale du palais des Tuileries. La faisabilité du projet est défendue par l'économie des propriétés à démolir dont la majeure partie est à "la disposition du roy". L'ensemble serait agrémenté d'arbres dans la perspective d'un embellissement global de cet espace.
fait partie dearchitecture