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DM_258| identifiant | DM_258 |
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| est validé | oui |
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| titre | Projet pour la colonne de Boulogne |
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| cote | Bibliothèque Thiers, fonds Masson, DM 258 |
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| date | 1804-1805 |
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| détails techniques | Pierre noire, plume, encre noire et lavis brun 97,2 x 62,5 cm |
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| contexte (markdown | A partir de la Révolution, la construction de monuments publics prend une importance significative en France en raison des bouleversement historiques en cours. En témoigne le Discours prononcé par Kersaint en 1791, qui souligne la valeur hautement symbolique de ces dispositifs propres à diffuser les messages politiques. Il s’agit notamment de supplanter l’héritage de l’Ancien Régime en réinvestissant l’espace urbain par le biais d’ambitieuses opérations d’embellissement. Différents concours d’architecture sont dès lors organisés par les autorités afin de contribuer à la « régénération » de la Nation, à la manière de ceux de l’an II restés célèbres au regard de leur ampleur. Ceux-ci suscitent l’émulation d’une sphère artistique puisant en premier lieux ses références dans l’Antiquité, dont les modèles circulent activement par le biais de la publication de recueils spécialisés. Parmi les formes mises en évidence par les théoriciens de l’architecture tels que Marc-Antoine Laugier et Jean-Nicolas-Louis Durand, le type de la colonne commémorative est particulièrement prisé. Le décret du 29 ventôse an VIII (20 mars 1800) ordonne d’ailleurs que chaque chef-lieu français soit doté d’une colonne en l’honneur des morts aux champs de bataille pour la gloire du pays, en plus de la construction d’une colonne nationale sur la place de la Concorde à Paris. Leurs formes doivent être arrêtées par un jury d’artistes composé du peintre Jacques-Louis David et des architectes Jacques-Guillaume Legrand et Pierre Fontaine. Bien que cette initiative entraîne de multiples propositions et variantes, elle n’est suivie que de peu de réalisations. L’idée donne cependant lieu sous l’Empire à la construction de la colonne d’Austerlitz ou de la Grande armée reprenant l’exemple de la colonne Trajane, dans le cadre des grandes transformations de la capitale encouragée par Napoléon. D’autres monuments similaires sont imaginés durant cette période afin de célébrer les hauts faits du régime et d’écrire un nouveau récit national, comme en témoignent ces différents projets conservés au sein de la collection Dosne-Thiers. |
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| analyse et description (markdown) | Lors du rassemblement en 1804 de l’armée des « côtes de l’Océan » à Boulogne, appelée à devenir la « Grande armée », les soldats font vœu de la construction à leurs frais d’un monument en hommage à Napoléon. Après plusieurs projets, le chantier est finalement confié à Eloi Labarre (1764-1833), architecte s’étant distingué par la réalisation du théâtre de Boulogne et l’achèvement du palais de la Bourse après la mort d’Alexandre-Théodore Brongniart. Le monument prend place sur un socle à cinq degrés, défendu par deux lions allongés. La colonne est établie sur un piédestal à bas-relief dont la scène principale évoque la présentation du projet de monument par l’armée à Napoléon. Ce dernier est entouré de différents génies militaires. Ce motif central est encadré par un décor rappelant l’expédition d’Égypte, à travers la mise en scène du Nil au bord duquel prennent place un obélisque, un sphinx et un palmier-trophée militaire. La base de la colonne est ensuite ornée d’une aigle impériale placée dans une couronne de laurier sur la face principale et de rostres sur les côtés. Le fût lisse est quant à lui couronné d’un chapiteau corinthien également orné d’aigles impériales. Il sert de plateforme accessible par un escalier interne et bordée par une barrière à doubles croisées, sur laquelle est installée la base de la statue de l’empereur en tenue de sacre érigée au sommet de l’édifice. L’ensemble, conçu dans le cadre des préparatifs du débarquement en Angleterre auquel les éléments militaires maritimes font peut-être allusion, est construit à partir de 1804 et n’est achevé qu’en 1841 sous la Monarchie de Juillet. Avec ses deux pavillons d’entrée et son enceinte, il forme un complexe monumental à l’entrée de la ville de Wimille. Le DM 259 montre la version définitive du même projet. |
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| fait partie de | architecture |
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