DM_257

identifiantDM_257
est validéoui
titreProjet de colonne commémorative pour la victoire d’Austerlitz
coteBibliothèque Thiers, fonds Masson, DM 257
dateAprès 1805 (?)
détails techniquesPierre noire, plume, encre noire, lavis d'encre brune, aquarelle 45,5 x 27,9 cm
contexte (markdownÀ partir de la Révolution, la construction de monuments publics prend une importance significative en France en raison des bouleversements historiques en cours. En témoigne le Discours prononcé par Kersaint en 1791, qui souligne la valeur hautement symbolique de ces dispositifs propres à diffuser les messages politiques. Il s’agit notamment de supplanter l’héritage de l’Ancien Régime en réinvestissant l’espace urbain par le biais d’ambitieuses opérations d’embellissement. Différents concours d’architecture sont dès lors organisés par les autorités afin de contribuer à la « régénération » de la Nation, à la manière de ceux de l’an II restés célèbres au regard de leur ampleur. Ceux-ci suscitent l’émulation d’une sphère artistique puisant ses références dans l’Antiquité, dont les modèles circulent activement par le biais de la publication de recueils spécialisés. Parmi les formes mises en évidence par les théoriciens de l’architecture telles que Marc-Antoine Laugier et Jean-Nicolas-Louis Durand, le type de la colonne commémorative est particulièrement prisé. Notamment, le décret du 29 ventôse an VIII (20 mars 1800) ordonne que chaque chef-lieu de département soit doté d’une colonne en l’honneur des morts aux champs de bataille pour la gloire du pays, en plus de la construction d’une colonne nationale sur la place de la Concorde à Paris. Leurs formes doivent être arrêtées par un jury d’artistes composé du peintre Jacques-Louis David et des architectes Jacques-Guillaume Legrand et Pierre Fontaine. Bien que cette initiative entraîne de multiples propositions et variantes, elle n’est suivie que de peu de réalisations. L’idée donne cependant lieu sous l’Empire à la construction de la colonne d’Austerlitz ou de la Grande Armée reprenant l’exemple de la colonne Trajane. D’autres monuments similaires sont imaginés durant cette période afin de célébrer les hauts faits du régime et d’écrire un nouveau récit national, comme en témoignent ces différents projets conservés au sein de la collection Dosne-Thiers.
analyse et description (markdown)Ce projet de colonne commémorative pour célébrer la victoire d’Austerlitz (11 frimaire an XIV / 2 décembre 1805), commandé par l’impératrice Joséphine et destiné au parc du château de la Malmaison à est peut être l'œuvre de Jean-Thomas Thibault (1757-1826). Le dessin comprend également un projet de médaille représentant sur une face la colonne en question accompagnée de l’inscription « Aux Vainqueurs d’Austerlitz » et sur l’autre face le profil à l’antique de l’impératrice avec l’inscription « Joséphine Impératrice ». Le monument défendu par une barrière à double croisées se compose d’un piédestal décoré d’un bas-relief figurant une représentation de la Renommée reconnaissable à sa trompette. Elle inscrit sur un bouclier pendu à un olivier le nom de la victoire napoléonienne. La base du fût de la colonne, vraisemblablement pensée en marbre ou granit rouge, est orné de guirlandes tenues par des aigles impériales en bronze doré. L’ensemble est couronné d’une statue de la Victoire également en bronze doré tenant une palme et une couronne de laurier, reposant sur un globe de marbre ou de granit. Le rapprochement hypothétique entre ce projet et l’architecte Jean-Thomas Thibault, au regard de la signature difficilement déchiffrable, s’explique par l’activité de ce dernier au service de l’impératrice à Malmaison en 1805. Durant l’Empire, celui-ci est aussi employé par Louis Bonaparte pour les transformations de ses résidences, comme le Château de Saint-Leu, son hôtel de la rue Cerutti à Paris. Il travaille aussi en Hollande à la restauration du palais de La Haye et de l’hôtel de ville d’Amsterdam. Il intervient également dans le réaménagement des résidences de Caroline et Joachim Murat, au palais de Neuilly et de l’Élysée. Annoté: « Projet demandé par Joséphine à Thibault [?] pour Malmaison ». Signé [Thibault ?].
fait partie dearchitecture