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DM_254| identifiant | DM_254 |
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| est validé | oui |
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| titre | Maison privée |
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| cote | Bibliothèque Thiers, fonds Masson, DM 254 |
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| date | 1780-1810 |
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| détails techniques | Pierre noire
20, 5 x 14,8 cm |
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| contexte (markdown | L'architecture domestique parisienne produite durant les dernières années de l'Ancien Régime est l'objet de nombreuses représentations. Dès les années 1770, les habitations modestes, dont les chantiers étaient jusqu'alors réservés aux praticiens « secondaires » ( entrepreneurs de bâtiments ou les maîtres maçons), deviennent l’apanage d’architectes célèbres qui auparavant délaissaient ce sujet. Des constructeurs de renom occupant des postes officiels ou travaillant pour des commanditaires prestigieux, tels Ledoux, Brongniart ou Bélanger, érigent à la fois des hôtels particuliers, mais aussi des bâtiments et maisons plus modestes sur les nombreux terrains rendus disponibles. Cette nouvelle architecture qui marque le paysage éveille l’attention des dessinateurs, des architectes et des graveurs qui se lancent dans l’édition. Si celui ici représenté n'a pas encore été identifié, il est probable qu'il appartienne à une suite de dessins, ou qu'il s'agisse d'un projet isolé. Les suites de planches gravées des " vues pittoresques des principaux édifices de Paris" de Jean Nicolas Louis Durand et Jean François Janinet (1752-1814), des frères Campion ou encore d'Antoine Joseph Gaitte (1753-1835), regorgent d'élévations de petits bâtiments construits dans la capitale et ses alentours. William Chambers ou Jean-Baptiste Maréchal participent également à cette production de dessins d'architecture domestique, parfois relevés in situ ou bien copiés d'autres documents. Les ouvrages plus volumineux de Jean Charles Krafft et Nicolas Ransonnette se composent eux aussi de plans coupes et élévations de petites maisons urbaines ou suburbaines dont les grandes lignes sont semblables à celle-ci. Ces maisons, déclinées et diffusées sous divers formats, semblent être le reflet d’un processus commun de démocratisation du livre et de l’habitat. Dans ces vues, l’architecture est souvent assujettie aux éléments de la composition picturale. Des paysages imaginaires entourent les bâtiments dont les façades se détachent d’un ciel nuageux, tandis que les rues, cours et jardins sont parfois animés par des mises en scène de personnages, qui peuvent induire en erreur l'œil contemporain. |
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| analyse et description (markdown) | Ces deux élévations correspondent certainement aux façades côté rue et côté jardin d'une même maison de taille plutôt modeste. Elle se compose de trois travées et d'un rez-de-chaussée, auquel on accède à l'aide d'un perron de part et d'autre, surmonté d'un étage d'attique. La différence dans le traitement de la toiture et du soubassement entre les deux façades pourrait s'expliquer par un effet de trompe-l'œil, lorsque le terrain est penché, les constructeurs usent parfois de ce stratagème pour masquer un demi-étage. La distribution intérieure s'observe sur le plan du rez-de-chaussée esquissé en contrebas : quatre pièces sont disposées autour d'un escalier situé dans l'axe de l'entrée principale, la chambre est aménagée côté jardin. L'absence de signature ou de localisation rend malaisée l'identification de cette demeure, qui ne semble pas figurer dans les nombreux albums de vues ou recueils d'architecture publiés entre 1780 et 1809. L'anonymat de cette demeure n'est pas anodin, il témoigne de l'ampleur des corpus qui circulent alors autour du sujet de l'architecture domestique dont la production touche différents secteurs (architectes, dessinateurs, ouvriers, entrepreneurs, propriétaires) et de sa démocratisation. Il pourrait ici aussi bien s'agir d'une maison réalisée puis disparue, ou au contraire d'un projet non concrétisé, voire d'un modèle qui n'aurait jamais eu vocation à être construit. |
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| fait partie de | architecture |
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