DM_253

identifiantDM_253
est validéoui
titreProjet pour un arc de triomphe à la Place de la Concorde
coteBibliothèque Thiers, fonds Masson, DM 253
date1793-1794
détails techniquesPlume et lavis d'encre noire 31,6 x 97,4 cm
contexte (markdownIssus du répertoire antique, et connaissant de nombreuses déclinaisons sous l’Ancien Régime, les arcs de triomphe sont plébiscités par une jeune République guerrière. Cette typologie figure ainsi en bonne place dans les programmes des concours décrétés à partir du printemps 1793 par la Convention nationale et le Comité de Salut public. La récente suppression des académies royales, ainsi que l’effervescence politique, encourage une participation massive des artistes qui y perçoivent une opportunité sans précédent.Les quinze programmes soumis aux vingt-cinq concours organisés à cette occasion ont alors pour objet l’architecture publique et monumentale. Cela concerne des arènes, des panthéons, des colonnes monumentales, des temples à l’Égalité et bien sûr des arcs de triomphe. En 1795, quarante et un prix sont décernés aux concourants. Parmi ceux-ci figurent les principaux acteurs de la sphère architecturale de l’Empire (Percier et Fontaine, Durand, Gisors, Brongniart, ou encore Vignon …). Malgré cette impulsion officielle, ces concours ne se soldent par aucune réalisation et les projets ont pour la plupart été dispersés. Werner Szambien a cependant parfaitement démontré que ces épreuves ont été le point de départ d’une nouvelle manière de concevoir l’architecture publique en France, faisant de Paris le centre de l’avant-garde architecturale de la période. C’est probablement à ce contexte unique que ce projet anonyme doit être rattaché.
analyse et description (markdown)Le décret du 5 floréal de l’an II (24 avril 1794) prévoit la concrétisation à Paris de certaines architectures éphémères mises en place pour la fête du 10 août 1793, dont la construction d’un grand arc de triomphe. Pour cet arc monumental, les concurrents disposent d’une grande liberté pour choisir le lieu,et la plupart privilégient l’une des voies d'accès de la place de la Révolution (actuelle place de la Concorde) dont différents projets sont conservés au Musée Carnavalet. Plusieurs candidats proposent la construction d’un grand arc comme trait d’union entre les deux corps de bâtiment construit par Ange-Jacques Gabriel, ainsi qu’en témoigne ce dessin. Ici, l’auteur anonyme imagine des changements importants dans le décor et la composition des façades conçues sous le règne de Louis XV, qu’il relie par un arc monumental couronné d’un quadrige consacré « À la gloire du peuple Français ». Derrière la colonnade corinthienne, un long bas-relief à inscriptions commémoratives se déroule. Sur les quatre frontons d’angle des bâtiments de Gabriel sont aussi gravés l’éloge du courage, de la vieillesse, du malheur et de la vertu. Par ailleurs, tels des piliers fondamentaux de la Patrie, l’architecte inscrit sur l’arc les mots « liberté, égalité, union, force », accompagnés de différents symboles républicains. Il y a également quatre victoires ailées tenant des balances, symbole de la justice, face au peuple parisien qui, depuis la place, est invité à contempler cette structure colossale s’imposant sur une architecture déjà monumentale de l’Ancien Régime. Le sommet de l’arc est aussi orné d’un relief allégorique à l’antique, représentant un cortège cérémoniel de sacrifices s’élançant de part et d’autre vers le centre, où se trouve un autel évoquant les rituels républicains. L’arc s’ouvre enfin sur une voie imaginaire arborée, à l’emplacement de l’actuelle rue Royale.
fait partie dearchitecture