DM_250

identifiantDM_250
est validéoui
titreProjet d’un monument équestre pour Napoléon sur l’esplanade des Invalides
coteBibliothèque Thiers, fonds Masson, DM 250
datec. 1840
détails techniquesPierre noire, encre noire et aquarelle 58 x 41,8 cm (dessin) 64,1 x 49,7 cm (support en papier blanc)
contexte (markdownLors du retour des cendres, plusieurs voix s’élèvent pour demander l’installation d’une statue équestre de Napoléon sur une place publique parisienne. Il s’agit de célébrer la figure de l'empereur comme celles des rois de l’Ancien Régime, dont les statues ont été rétablies durant la Restauration. Dans le cadre du concours pour le tombeau de Napoléon, pour lequel environ quatre-vingts projets sont soumis, plusieurs propositions intègrent une telle sculpture, notamment ceux envoyés par Carlo Zucchi depuis l’Amérique latine. Finalement, la commission en charge préconise la réalisation d’« une crypte ouverte à l’intérieur, et d’une statue équestre à l’extérieur » des Invalides. Malgré ce concours, Charles de Rémusat, ministre de l’Intérieur, fait le choix de deux artistes : l’architecte Félix Duban et le sculpteur d’origine italienne Carlo Marochetti. Ce dernier fait alors carrière à Paris grâce aux travaux notamment de l’Arc de l’Étoile. Il s’est surtout distingué en 1838 avec un monument équestre représentant Emmanuel-Philibert, duc de Savoie, exposé dans la cour du Louvre avant d’être placé sur l’une des principales places de Turin. Cette commande directe soulève l’opposition de la communauté artistique, qui réclame la mise au concours public d’un chantier si prestigieux. En 1842, le tombeau est finalement confié à Visconti, et la statue, à Marochetti, dont les deux projets pour le mausolée n’ont pas été retenus. Les deux artistes sont alors tenus de collaborer pour la construction du piédestal du monument équestre. Pour l’emplacement de ce dernier, les différentes cours de l’hôtel des Invalides sont d’abord envisagées, avant que ne soit choisie l’esplanade en face de la Seine. Le costume avec lequel Napoléon doit être représenté est aussi l’objet de débat entre les partisans d’un portrait à l’antique, un portrait en costume militaire moderne, ou encore un portrait figurant « Napoléon-Charlemagne ». Outre ses projets graphiques, Marochetti matérialise deux de ses propositions sous la forme de petites statues. Il réalise aussi un modèle en plâtre de grandes dimensions, qui le met en difficulté financière. Après la Révolution de 1848, faute de crédits suffisants, l’Assemblée décide de supprimer la réalisation d’une statue équestre du programme général du tombeau.
analyse et description (markdown)Il s’agit d’une des propositions pour un monument équestre de Napoléon sur l’esplanade des Invalides. Bien que sa qualité semble inférieure à la production de Marochetti, elle peut être rapprochée de l’activité de son atelier durant la décennie de 1840, où il se concentre en priorité sur ce projet. Ce dessin anonyme représente une élévation latérale, ainsi qu’une vue perspective du monument, composé d’une plateforme sur laquelle est érigé un haut piédestal en pierre. Celui-ci est entouré de quatre victoires ailées, aux attributs militaires en bronze. Aucun bas-relief n’est prévu, le reste du décor consistant en des inscriptions commémoratives. Le classicisme de ce haut piédestal, devant être commandé à Visconti, évoque les monuments équestres de la Renaissance italienne, en particulier celui dédié à Bartolomeo Colleoni à Venise. Napoléon est ici représenté en costume de Charlemagne, choix également retenu par Marochetti ainsi que le rapporte Le Constitutionnel au printemps 1840, évoquant une statue dédiée à « l’empereur des francs » conçue par ce dernier, dont la version finale était plus ornée.
fait partie dearchitecture