DM_248

identifiantDM_248
est validéoui
titreProjet d'une salle de trône
coteBibliothèque Thiers, fonds Masson, DM 248
date1810-1815
détails techniquesPierre noire, plume, encre noire et aquarelle 38,5 x 36,4 cm
contexte (markdownAvec l’établissement de l’Empire, le gouvernement a besoin de nouveaux espaces, décors et emblèmes architecturaux pour incarner son pouvoir. En témoignent les nombreuses commandes de la famille impériale, à l’échelle européenne, qui représentent pour les artistes et les architectes une formidable opportunité de création. Inspiré de l’ancienne Maison du Roi, la Maison de l’Empereur organise la mise en place de cette nouvelle architecture princière. Les réaménagements, agrandissements et transformations des domaines déjà existants, comme le Palais des Tuileries à Paris ou le Palais du Quirinal à Rome, représentent les principales interventions. La création de salles du trône figure alors parmi les opérations les plus importantes. Dans ce contexte, les principaux architectes de l’empereur, Percier et Fontaine, se voient confier des projets de nouvelles résidences, comme celle imaginée pour le roi de Rome sur la colline de Chaillot. Ils bénéficient dans ce cadre de plus de liberté pour imaginer le dispositif palatial. Le contexte financier difficile de la fin de l’Empire interdit cependant toute réalisation de ce genre.
analyse et description (markdown)Ce projet architectural, représenté dans une vignette ronde sur fond blanc, aux lignes de fuite à peine esquissées donnant à l’ensemble un aspect inachevé, est parfois considéré comme un projet pour une « salle du trône du Palais du Roi de Rome ». Celle-ci semblant être de petites dimensions, il est peu probable qu’il soit destiné au complexe imaginé par Percier et Fontaine sur la colline de Chaillot. Il s’agit peut-être davantage d’une proposition de réaménagement d’un espace préexistant, comme une ancienne chapelle dont l’abside serait ici utilisée pour abriter le trône. Cela pourrait alors concerner le château de Rambouillet, ou même l’un des palais impériaux du domaine étranger. L’auteur est inconnu. Les caractéristiques formelles et de composition cependant, notamment dans la décoration à l’antique de l’abside et de la voûte, ainsi que la compartimentation des murs, évoquent certains projets d’Étienne-Chérubin Leconte. Celui-ci s’est notamment distingué avec sa proposition pour la Salle du Conseil des Cinq-Cents à Paris (1795), ou encore la Chapelle du palais royal de Naples, qu’il transforme pendant le règne de Murat. Le décor architectural, à tonalité bleu et or, est d’une grande richesse, avec marbres colorés, colonnes, voûte à caissons... Le trône, placé au fond d’une abside, est entouré d’une structure architecturale à colonnes corinthiennes, dans laquelle sont placées six sculptures allégoriques complétant le décor de figures et de paysages dominant le reste de la salle. Si le trône en question semble décoré des armoiries aux trois abeilles, l’absence de symboles impériaux plus évidents ailleurs est néanmoins frappante.
fait partie dearchitecture