| identifiant | CG6-13844.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1806/12/14 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Chasseloup, commandant en chef du génie de la Grande Armée |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG6</i> - 13844. - </b>Au général Chasseloup, commandant en chef du génie de la Grande Armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Posen, 14 décembre 1806</h2><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%">
Je reçois votre lettre du 10 décembre. Vous dites que deux îles
avoisinent le confluent des deux rivières, une supérieure et
l’autre inférieure, et ces deux îles ne vous paraissent pas
convenir : l’île supérieure, parce qu’il faudrait un pont
sur la Narew. Si cela était, ce serait une propriété de plus
qu’aurait ma place, si elle me donnait à la fois des débouchés
sur les deux rivières de la Vistule et de la Narew ; ce qui
ferait qu’en cas de nécessité je pourrais me passer de l’autre
pont établi sur la Narew. Quant à l’objection que l’autre île,
qui est inférieure, ne peut convenir parce qu’elle est dominée
par la rive droite, c’est un inconvénient, mais non pas une
objection ; on peut y remédier. J’attendrai la reconnaissance
que vous devez m’en envoyer ; mais l’une et l’autre me
conviennent. Par tout cela, je vois qu’il est nécessaire de vous
faire connaître mes projets.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%">
Mon projet est de prendre pour champ de bataille le confluent des
deux rivières, ma droite appuyée à Praga, et ma gauche à
Wieliszewo, et, si j’avais peu de troupes, en appuyant ma gauche
sur<b> </b>Jablonna, je n’occuperais qu’une ligne de 4 000
toises. Je veux que ce camp retranché ait derrière lui une île
située au confluent des deux rivières, et ayant deux têtes de pont
sur les deux rives de la Vistule, me donnant la facilité de passer
de ce camp sur l’une et l’autre rive. Indépendamment de ce,
j’aurais un pont à Varsovie, un fortifié à Praga et un autre
situé à l’embouchure de la Wkra dans le Bug. Selon les
circonstances et les temps, je couvrirais de bonnes redoutes la
distance de Jablonna à Wieliszewo, et j’aurais là la conservation
de mes ponts, de mes magasins, un bon camp retranché où une armée
de 30 000 Français et de 20 ou 30 000 Polonais ou alliés
serait à l’abri de toute attaque. Et si, au lieu de cela, on y
suppose réunie mon armée, ma cavalerie sur la rive gauche de la
Vistule, vous voyez que je suis en position de faire ce qui peut me
convenir, et que, dans une telle position, l’ennemi se trouve fort
embarrassé.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%">
Quant à Thorn, c’est un système à part ; il est impossible
que vous vous en occupiez pour le moment. Donnez tous vos soins à
l’autre système. J’attends une reconnaissance de Thorn ;
j’ai fait relever la vieille enceinte, et, avant deux mois, j’aurai
là une place très forte. On m’assure que les massifs des
fortifications sont en meilleur état que ceux de Wittemberg.</p><p>Chargez
quelque ingénieur de lever sur un grand plan la réunion des deux
rivières, de bien remonter la Wkra. Mon intention est de faire
travailler sérieusement à ce camp retranché et aux deux ponts. Je
veux m’arranger de manière à battre avantageusement, avec 40 à
50 000 hommes, 150 000 ennemis.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%">
Quant à Praga, les lignes polonaises me paraissent absurdes. Les
petites redoutes faites sur des mamelons me paraissent bonnes, mais
je désirerais qu’elles fussent fermées à la gorge ;
toutefois cela n’inspire pas une grande confiance. Votre tracé est
beaucoup meilleur [<i>sic</i>] ; mais ce que je préfère à
tout, c’est l’île C. D., qui, ayant 600 toises de long et 60 à
80 de largeur, peut contenir toute mon armée. L’île C. D. n’est
séparée de la rive droite que de 60 à 80 toises. Cela est assez et
pas trop. Ne perdez pas un moment à me construire à C. D. une
redoute en forme de cavalier, qui domine bien les deux rives, et à
tracer une belle tête de pont. Celle que vous avez tracée, qui est
une couronne, n’a point assez de profondeur, puisque du bastion du
centre au rivage il n’y a que 120 toises. Je désirerais que les
deux fronts fussent plus éloignés de 60 toises. Vous briseriez la
branche de la couronne au milieu, de manière que les 60 dernières
toises de la branche se trouvent bien flanquées. S’il y a
possibilité d’établir sur la rive gauche une autre tête de pont,
il ne faut pas manquer de le faire. Je ne sais s’il y a beaucoup de
maisons. Toutefois, si cela est impossible, ne perdez pas un moment à
établir un pont de l’île à la rive droite, et une bonne tête de
pont, et un bon bac, dans le genre de ceux établis sur le Pô, de
l’île à la rive gauche, sauf à le remplacer par un pont, lorsque
nous serons moins pressés. Je vois que vous avez établi une espèce
de bonnet-de-prêtre en avant de Praga ; cela obligerait à
démolir beaucoup de maisons, et cela ne serait pas grand-chose.
Toutefois faites faire plusieurs tambours en palissades, de manière
que les habitants de Praga, par trahison ou autrement, ne puissent
s’en emparer, et que le corps de garde qui sera là soit tout à
fait maître du pont. En cas donc que l’ennemi passât le Bug, et
fût en force sur l’offensive, on lèverait le pont de Praga, et la
communication se ferait par l’île C. D. Un des inconvénients de
la tête de pont en avant de l’île C. D., c’est que la gorge n’a
que 300 toises et qu’il serait possible d’abattre à coups de
canon le pont. Ainsi, si on pouvait établir la communication de la
rive droite au pont, en avant de l’île C. D., en radeaux, cela
serait très avantageux. On a établi de ces ponts sur le Danube, et
ils ont très bien réussi, et le Danube est la même chose que la
Vistule.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%">
Quant aux redoutes de Praga, il faut les faire fermer ; ce
serait pour un corps de 40 000 hommes qui voudrait soutenir là
l’attaque de l’ennemi.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%">
J’imagine que vous avez du bois tant que vous voulez et à portée.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%">
Quant à la tête de pont de la Narew, je vous ai dit, au
commencement de ma lettre, que je désirais qu’elle fût au
confluent de la Wkra, si la localité est bonne. Quant au débouché,
il n’est pas difficile d’en établir un. Par le plan général
que je vous ai fait connaître, il vous est facile de comprendre
pourquoi je désire qu’elle soit là plutôt que du côté de
Sierock.<sup>[^1]</sup></p>
[^1]: Minute, Archives nationales, AF IV 871, décembre 1806, n° 148. </body> |
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