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CG6-13719.md| identifiant | CG6-13719.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1806/12/02 00:00 |
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| titre | Napoléon au maréchal Murat |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG6</i> - 13719. - </b>Au maréchal Murat</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Posen, 2 décembre 1806, 10 heures du matin</h2><p>Mon
frère, je reçois vos lettres du 29 novembre à 11 heures du soir.
Les Polonais qui montrent tant de circonspection et demandent tant de
garanties sont des égoïstes que l’amour de la patrie n’enflamme
pas<sup>[^1]</sup>.
Je suis vieux dans la connaissance des hommes. Ma grandeur n’est
point fondée sur le secours de quelques milliers de Polonais. Ce
n’est pas à moi à faire le premier pas, c’est à eux à
profiter avec enthousiasme de la circonstance actuelle. Qu’ils
montrent la ferme résolution de devenir indépendants et qu’ils
s’engagent à soutenir le roi qui leur serait donné, et alors je
verrais ce que j’aurai à faire. Les provinces de Posen et Kalisz
n’ont point montré cet égoïsme, j’y ai trouvé dévouement et
décision.</p><p>Vous
aurez vu par la proclamation du palatin Radziminski que le 15
décembre toute la noblesse doit se réunir à Lowicz. Faites mettre
dans la gazette de Varsovie les discours qu’ils m’ont tenus et
mes réponses. Je connais Poniatowski mieux que vous, parce que je
suis depuis dix ans les affaires de Pologne. C’est un homme léger
et inconséquent, plus que ne le sont d’ordinaire les Polonais, ce
qui est beaucoup dire. Il a peu de confiance dans Varsovie. Ce n’en
est pas moins un homme qu’il faille bien traiter et ménager. Quant
à ce qu’il vous a dit du projet de mettre le prince de Czartoryski
roi, c’est pour se rendre important. La Russie, je vous assure, n’a
jamais rêvé à se dessaisir de la Pologne.</p><p>J’approuve
du reste les mesures que vous avez prises. Il faut mettre des
patriotes en place, des hommes qui veuillent se mettre en avant, et
ne point calculer arithmétiquement sur le rétablissement de la
Pologne. Faites bien sentir que je ne viens pas mendier un trône
pour un des miens, je ne manque pas de trônes à donner à ma
famille.</p><p>J’imagine
que vous m’aurez envoyé une députation de Varsovie ; je
l’attendrai ici.</p><p>Je
vous ai mandé hier que je désirais que vous puissiez passer la
Vistule et occuper le faubourg de Praga. Si vous passiez la Vistule,
faites passer sur-le-champ les corps des maréchaux Davout et Lannes,
et la plus grande partie de votre cavalerie. Faites approcher le
corps du maréchal Augereau entre Varsovie et le confluent de la
Narew, mais instruisez-moi par des gens qui aillent vite.</p><p>Le
maréchal Ney arrivera demain ou après à Thorn. Le parc général
d’artillerie est parti aujourd’hui pour Lowicz où je donne ordre
qu’on forme de grands magasins et où je fais envoyer vos petits
dépôts. Si l’ennemi était tellement en force à Praga, qu’il
vous fût impossible de tenter le passage, laissez le maréchal
Augereau à plusieurs jours sur votre gauche le long de la Vistule.</p><p>Je
vous envoie trois gazettes polonaises d’ici ; il n’y a pas
d’inconvénient que vous en fassiez mettre des extraits dans les
gazettes de Varsovie, si vous trouvez un Polonais qui se charge
d’aller en Moldavie porter une lettre à mon chargé d’affaires à
Jassy, M. Reinhard, vous pouvez mander à ce chargé d’affaires,
sans faire de réflexion, que je suis maître de tous les États de
la Prusse jusqu’à la Vistule et des places fortes, et que je suis
maître de Varsovie dont j’ai chassé les Russes ; qu’il
transmette les nouvelles à Constantinople ; et qu’en réponse il
vous donne des nouvelles de Constantinople et du mouvement des Russes
sur le bas Dniestr. Vous promettrez une bonne récompense à ce
Polonais s’il remplit cette mission en peu de jours. De Varsovie à
Jassy, il ne doit pas y avoir plus de cent lieues. Vous manderez à
M. Reinhard d’envoyer copie de votre lettre au général
Sebastiani<sup>[^2]</sup>.<sup>[^3]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napoléon</i></h3><p><br/>
</p><p><br/>
</p><p style="margin-bottom: 0cm; font-variant: small-caps; line-height: 100%">
<br/>
</p>
[^1]: Murat avait écrit de Varsovie que, malgré l’aspiration unanime à l’indépendance, les grands seigneurs ne voulaient pas s’insurger ni « hasarder leur existence » avant que Napoléon ait déclaré formellement ses intentions.
[^2]: <span></span> Ambassadeur à Constantinople. Le dernier paragraphe de cette lettre formait le 1<sup>er</sup> paragraphe de la lettre 11350 de la <i>Correspondance</i>.
[^3]: <span></span> Expédition, Archives nationales, 31 AP 24, d. 460, p. 26. La lettre publiée dans la <i>Correspondance</i> (11350, d’après les Archives de l’Empire) comporte de nombreuses variantes de forme.</body> |
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