CG6-13650.md

identifiantCG6-13650.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1806/11/27 00:00
titreNapoléon au général Clarke, gouverneur général de Berlin et de la Prusse
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG6</i> - 13650. - </b>Au général Clarke, gouverneur général de Berlin et de la Prusse</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Meseritz, 27 novembre 1806</h2><p>Monsieur le générale Clarke, j’ai fait donner l’ordre aux gouverneurs de Stettin, de Küstrin, Spandau, Magdebourg et Wittemberg<sup>[^1]</sup> de correspondance avec vous tous les jours. J’ai ordonné qu’il fût placé des postes le long de l’Oder : par le commandant de Stettin, jusqu’à Oderberg, et par celui de Küstrin, de Küstrin jusqu’à Oderberg ; de sorte qu’il n’y aura plus aucune correspondance sur l’Oder que par Stettin, Küstrin et Francfort. Diligences, courriers, chariots de commerce, etc., devront passer la rivière sur un de ces points. M. de Thiard commande la place de Dresde ; il est fort convenable que vous vous mettiez en correspondance avec lui.</p><p>Berlin peut être attaqué par la Poméranie suédoise : j’ai ordonné au maréchal Mortier de tenir à Rostock et à Anklam deux fortes divisions, qui formeront de 12 à 14 000 hommes ; non seulement elles contiendront les Suédois, mais aussi serviront de réserve pour se porter à Berlin et partout où il sera nécessaire.</p><p>Des partis ennemis peuvent partir des bords de la Vistule pour tenter un coup de main sur Stettin, le gros de mon armée opérant sur le haut de la Vistule : j’ai donné des ordres circonstanciés dans ce sens au commandant de Stettin. J’ai ordonné qu’une partie des dépôts de cavalerie fût portée sur l’Oder ; dans un cas d’événement pressant, on trouvera toujours dans ces dépôts un millier de chevaux qui repousseraient les partis ennemis. Dans ce cas même j’ai ordonné au commandant de Stettin de prévenir les généraux du corps du maréchal Mortier, qui ont ordre de venir au secours de Stettin et de border l’Oder.</p><p>Une révolte à Berlin me paraît difficile. Je pense que, des 1 600 hommes de garde nationale, vous devez n’en armer que 800, sous prétexte que les fusils manquent ; un fusil peut servir à deux hommes ; ils se le passeraient. Il y aura à Berlin assez de garnison pour pouvoir contenir la population. D’ailleurs, le dépôt de Potsdam sera toujours en mesure de fournir un millier d’hommes, ainsi que les garnisons de Stettin, de Küstrin, et enfin le corps du maréchal Mortier, si les choses devenaient graves. Le principal est de ne souffrir à Berlin ni fusils, ni canons, ni sabres ; tout doit être enfermé soigneusement à Spandau et dans les places fortes. La populace sans armes ne peut rien faire. Au moindre événement, vous devez faire arrêter le prince Auguste<sup>[^2]</sup> et le mettre à Spandau, en otage. Vérifiez ce que sont devenues les armes provenant du désarmement. Si on les a laissées à Berlin, faites-les transporter sans délai à Spandau.</p><p>Je vais vous envoyer à Berlin, pour garnison, deux bataillons de Nassau qui font bien le service.</p><p>Enfin, cependant, si l’ennemi parvenait à passer l’Oder, ou d’un autre côté menaçait Berlin, vous vous retireriez dans la citadelle de Spandau, après avoir prévenu le plus possible les commandants des différentes places et donné des ordres pour qu’on n’éprouve point des pertes.</p><p>Je vais ordonner la formation de plusieurs colonnes et camps volants, qui pourront se trouver à Berlin et parcourir les provinces. D’ailleurs pendant longtemps vous aurez des troupes de passage. En exigeant que les commandants de Wittemberg, Magdebourg et Erfurt<sup>[^3]</sup>, etc., vous écrivent fréquemment, vous saurez toujours sur quoi vous pourrez compter. Une division de cuirassiers de 2 000 hommes, que commande le général Espagne<sup>[^4]</sup>, n’arrivera guère que dans quinze jours à Berlin ; enfin des bataillons provisoires, formés de conscrits que j’organise à Mayence, arriveront à la fin de décembre et en janvier, et vous fourniront plusieurs milliers d’hommes.</p><p>Portez une grande attention à ce qu’il n’y ait ni canons ni armes à Berlin, à ce qu’il n’y en ait que dans les places fortes. Envoyez des individus inspecter les lieux où il y a eu des combats du côté de Prenzlau, pour en retirer tous les canons qui pourront s’y trouver et les envoyer dans les places fortes. Il y a un conseiller du grand-duc de Berg qui a servi à Wesel et dans la campagne passée ; il parle bien allemand, c’est un homme sûr ; vous pouvez vous en servir avec avantage pour la police<sup>[^5]</sup>. Sur toutes choses, écrivez tous les jours afin qu’on sache ce qui se passe.</p><p>Portez une grande surveillance à ce que l’on confectionne des souliers et qu’on les envoie à Küstrin ; le temps devient mauvais, et l’on commence à en avoir très grand besoin.</p><p>On avait conclu ici une suspension d’armes avec le roi de Prusse, qui a déclaré qu’il ne pouvait point la ratifier, parce qu’il était entièrement au pouvoir des Russes.<sup>[^6]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napol</i></h3> [^1]: Respectivement Thouvenot, Ménard, Corbineau, Eblé, Nivet. [^2]: Cousin germain du roi de Prusse, il était prisonnier sur parole à Berlin. [^3]: Nivet, Eblé, Dorsner. [^4]: <span></span> La 3<sup>e</sup>. [^5]: Il s’agit peut-être de Geither. [^6]: Expédition, collection privée.</body>