| identifiant | CG6-13640.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1806/11/24 00:00 |
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| titre | Napoléon à Mollien, ministre du Trésor public |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG6</i> - 13640. - </b>À Mollien, ministre du Trésor public</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Berlin, 24 novembre 1806</h2><p>Monsieur
Mollien, je désire que l’an prochain vous suiviez absolument le
budget.</p><p>Je
vous réitère d’avoir en caisse, et comme en dépôt, la solde de
la Grande Armée jusqu’au 1<sup>er</sup> octobre, de manière
qu’indépendamment de tout événement et de chances quelconques
cette solde puisse être payée sans déranger rien ni aux finances
ni au crédit. Il faut donc qu’elle existe à Strasbourg, Mayence
et Paris en bons écus.</p><p>L’affaire
des piastres est bien désagréable ; nous perdons là l’intérêt
de notre argent. Poussez vivement l’Espagne pour qu’elle paye ses
traites<sup>[^1]</sup>.</p><p>Garnissez-vous
d’argent pendant qu’il est à bon marché ; vous ne seriez
pas pardonnable si vous n’aviez pas 20 millions en caisse pour
parer aux besoins imprévus. C’est ce dont il faut vous occuper
tous les jours. Par résultat de la paix générale ou d’un échec
quelconque, l’argent peut devenir rare et les bourses se resserrer.
Ayez donc 20 millions en caisse indépendamment de la solde de
l’armée, qui ne vous appartient pas et qui n’est qu’un dépôt
entre vos mains.</p><p>Je
n’ai fait que parcourir vos états sur les ressources de 1807,
parce qu’ils ne sont pas dressés dans la direction de mon esprit.
Je ne perds jamais de vue le système des exercices et du budget, et,
du moment où vous me présentez un aperçu, je recours au budget de
l’année, et, quand je ne trouve pas à y faire promptement des
comparaisons, vos chiffres ne me satisfont pas.</p><p>Ainsi,
par la dernière loi, il n’y a plus d’exercice jusqu’à l’an
XIII, mais l’an XIII, l’an XIV et l’an 1806 existent encore.
Peut-être sera-t-il possible, avec les bons, de donner ce qu’il
faut à l’an XIII ; mais l’an 1806 doit rester en pied.</p><p>Il
faut donc, pour que je comprenne facilement la situation du Trésor,
que vous mettiez dans une première colonne le budget de 1806 tel que
l’a établi le ministre des Finances<sup>[^2]</sup> ;
dans une seconde colonne, ce qui sera recouvré au 1<sup>er</sup>
janvier ; la dernière colonne contiendra les observations qui
feront connaître si le budget sera rempli. Cet état est plutôt du
ressort du ministre des Finances ; cependant, pour connaître la
situation des finances, il faut qu’il me soit envoyé avec le
second état, qui est de votre ministère.</p><p>Ce
second état présentera : première colonne, ce que la loi accorde à
chaque ministre ; seconde colonne, ce que j’ai accordé sur le
fonds de réserve ; troisième colonne, les crédits que j’ai
accordés à chaque ministère par les distributions de mois, en y
comprenant décembre, ce qui complète les quinze mois de l’exercice
an XIV et 1806 ; enfin la quatrième colonne présentera le
crédit restant à chaque ministre.</p><p>Cet
état devrait être accompagné d’une note de chaque ministre
faisant connaître ses besoins pour compléter le service de l’année
1806 ; alors seulement je verrai ce que je dois pour l’exercice
1806.</p><p>Je
conviens aussi que cet état peut être plus du ressort du ministère
des finances que du vôtre.</p><p>Après
cet état viennent ceux que vous m’avez envoyés et qui sont alors
intelligibles, c’est-à-dire votre situation des effets que vous
réaliserez en 1808. J’imagine que vous ne comprenez dans aucun
état les fonds spéciaux et les dépenses spéciales.</p><p>Ainsi
j’ai évalué, pour quinze mois, ma dépense à 894 millions.
Combien ai-je dépensé ? Combien le Trésor doit-il aux ministres ?
Enfin ce dû sera-t-il nécessaire ; car nous ne pourrons pas
avoir toujours recours à des bons de la Caisse d’amortissement. Il
faudra donc payer sur le service courant.</p><p>Ainsi,
pour savoir si les 720 millions que vous réaliserez dans l’année
seront suffisants, il faut savoir : 1<sup>o</sup> si vous prétendez
faire face aux dépenses spéciales, et pour quelle quotité ;
2<sup>o</sup> si vous prétendez faire face à ce que je dois sur
1806, et quelle est la quotité de ce dû.</p><p>De
46 à 50 millions par mois seront probablement suffisants dans le
cours de l’année pour le service de l’exercice 1807, sans
comprendre ce qu’il faudra payer chaque mois pour l’exercice 1806
ni aucune dépense spéciale.</p><p>Mais
je vois toujours avec une grande peine 72 millions dont vous ne
pouvez pas venir à bout de vous rembourser.</p><p>Pour
que je comprenne donc bien la situation des finances, il faut que
vous vous concertiez avec M. Gaudin et que vous me fassiez
ensemble un rapport là-dessus.<sup>[^3]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Nap</h3>
[^1]: L’Espagne doit verser des subsides réguliers par suite du traité de 1804. Mais il s’agit ici d’autre chose : du fait de l’affaire des Négociants réunis, le Trésor français a avancé de l’argent à l’Espagne en échange de traites à valoir sur les arrivées de piastres : c’est cet argent que Napoléon attend impatiemment.
[^2]: Gaudin.
[^3]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 11299, d’après l’expédition communiquée par la comtesse Mollien (en minute, Archives nationales, AF IV 871, novembre 1806, n° 236). <span lang="en-GB">Extrait
[catalogue de vente], Sotheby’s, </span><span lang="en-GB"><i>Catalogue
of fine illuminated manuscripts valuable printed books, autographs,
letters and historical documents, the property of His Imperial and
Royal Highness the late prince Napoleon, The property of the late M.
Arnold Mettler senr. of St Gallen Switzerland, the property of
Lt.-Col. Sir Gorfrey Dalrymple-White, Bt., the property of the late
Arthur Pote, Esq. of Hoole Hall, Cheshire, the property of the Revd
Canon W. G. Elnor of Dover and other properties</i></span><span lang="en-GB">,
Londres, 26 au 29 avril 1937, p. 31, n° 182.</span></body> |
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