CG6-13626.md

identifiantCG6-13626.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1806/11/22 00:00
titreNapoléon au général Lacuée, directeur général des revues et de la conscription
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG6</i> - 13626. - </b>Au général Lacuée, directeur général des revues et de la conscription</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Berlin, 22 novembre 1806</h2><p>Vous verrez, par le sénatus-consulte qui sera présenté au Sénat, que j’appelle la conscription de 1807. Vous verrez, par les communications qui y sont faites, que je ne veux pas poser les armes que je n’aie la paix avec l’Angleterre et avec la Russie. Il faut donc soutenir ce principe, conforme aux intérêts de la nation, qui, dans le courant de 1807, nous donnera une paix solide.</p><p>Je vois, par les états, que, le 15 décembre, toute la conscription de 1806 aura marché, et l’hiver n’est pas une mauvaise saison pour faire marcher notre conscription. Vous n’aurez pas besoin d’attendre mon ordre pour la répartition ; ce serait trop long. Je compte l’appeler tout entière à l’armée active. Cependant, si l’on pense au Conseil d’État qu’il soit plus convenable d’en désigner 60 000 pour l’armée active et 20 000 pour la réserve, je n’y vois pas d’inconvénients ; on appellera les 20 000 après. Je vous ai déjà fait connaître que je désirais que les régiments qui sont à la Grande Armée fussent portés au complet de 140 hommes par compagnie. Il faut surtout soigner les régiments à quatre bataillons, parce que je voudrais faire venir promptement à la Grande Armée le 3<sup>e</sup> bataillon. Par ce moyen le camp de Boulogne sera assez fort pour faire face à l’ennemi dans la saison où il pourrait tenter quelque chose. Je dois avoir dans la Bretagne treize bataillons d’infanterie ; il faut qu’ils fassent plus de 15 000 hommes, indépendamment de la gendarmerie, des deux régiments de canonniers de la marine et des compagnies départementales.</p><p>Je dois avoir à Paris cinq à six 3<sup>es</sup> bataillons ; il faut qu’ils puissent m’offrir au moins 6 000 hommes présents sous les armes, indépendamment de ce que ces régiments ont à l’armée, pour pouvoir se porter partout où il serait nécessaire, en Bretagne ou sur les côtes. J’ai appelé presque tous les hommes à pied des régiments de cavalerie à la Grande Armée, pour monter les chevaux qui ont été pris à l’ennemi. Mon intention est que tous les chevaux dont j’ai ordonné l’achat avant de partir soient achetés ; il faudra donc des hommes pour monter ces chevaux. Je pense alors qu’il sera convenable que vous fournissiez à chaque régiment de dragons, de hussards et de chasseurs, assez de monde pour que, indépendamment de ce qu’ils m’ont envoyé, il leur reste encore 150 hommes au dépôt. Cette cavalerie viendra me joindre au printemps, où j’en formerai des corps pour ma réserve de l’intérieur, ou pour garder mes derrières. J’imagine que les 5<sup>es</sup> escadrons de ma grosse cavalerie sont formés ; presque tous mes régiments de cavalerie sont ou vont être à plus de 600 chevaux, ce qui fait un effectif de plus de 700 hommes. Quand ils auraient tous un effectif de 1 000 hommes, ce ne serait pas trop. L’artillerie n’est même pas à son complet de guerre de 100 hommes par compagnie ; il est donc important de le compléter et même de l’augmenter de 10 ou 20 hommes par compagnie.</p><p>Si, toutefois, toutes ces dispositions ne peuvent s’exécuter avec les 80 000 hommes, exécutez-les le plus possible, en faisant tomber également sur chaque corps la diminution, de manière que l’ensemble des idées se trouve réalisé.</p><p>Le régiment de vélites à pied de ma Garde ne me remplit pas son but. Mon intention est d’en faire un régiment de fusiliers. Entendez-vous avec les commandants actuels, et présentez-moi un projet. J’espère que mon régiment de fusiliers pourra venir à l’armée dans l’hiver et m’offrir 15 ou 1 600 hommes sous les armes. En formant le régiment de vélites en régiment de fusiliers, vous le compléterez, et ce sera encore une ressource pour Paris et une réserve pour l’intérieur.</p><p>Je n’ai point perdu de monde ; mais le projet que j’ai embrassé est plus vaste qu’aucun que j’aie jamais eu, et, dès lors, il faut que je me trouve en position de répondre à tous les événements. J’ai favorisé beaucoup l’Italie dans la répartition de la conscription de 1806 ; il faut donner spécialement aux régiments de quatre bataillons. Je crois que 8 ou 10 000 hommes sont suffisants pour la conscription de 1807.<sup>[^1]</sup></p> [^1]: Minute, Archives nationales, AF IV 871, novembre 1806, n° 219.</body>