CG6-13619.md

identifiantCG6-13619.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1806/11/21 00:00
titreNapoléon au maréchal Mortier
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG6</i> - 13619. - </b>Au maréchal Mortier</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Berlin, 21 novembre 1806</h2><p>Mon cousin, vous trouverez ci-joint deux paquets pour M. Bourrienne<sup>[^1]</sup>, l’un relatif à l’état de blocus où je mets l’Angleterre, l’autre relatif au Mecklembourg. Du moment que vos troupes occuperont Hambourg, Brême et Lübeck, et que vous serez maître des embouchures de l’Elbe, du Weser et de la Trave, vous remettrez le premier paquet à M. Bourrienne, qui le présentera au Sénat. Le rapport ne sera pas remis au Sénat, mais il sera publié dans les gazettes. M. Bourrienne pourra même faire faire sur ce sujet une petite brochure et quelques écrits qui fassent sentir toute l’atrocité du système des Anglais, qui arrêtent les passagers et les marchands sur mer, tandis que l’ordre social établit que, sur terre, les boutiques, les propriétés particulières n’appartiennent point au conquérant. Je pense qu’une de vos divisions doit suffire pour occuper les villes hanséatiques. </p><p>Vous enverrez une autre de vos divisions occuper Schwerin. Quelque temps avant, M. Bourrienne aura remis la note relative au Mecklembourg, et vous prendrez possession de tout ce pays ; vous en désarmerez les troupes et ferez passer les armes en Hollande. Vous ferez confisquer à Rostock toutes les marchandises anglaises. Vous vous emparerez de tout ce qui pourrait se trouver dans les caisses, et vous ferez administrer et gouverner le pays en mon nom. Je n’ai pas besoin de vous dire que cette division doit être forte et bien composée. J’estime qu’il faut qu’elle soit au moins de la force de trois régiments français, et qu’elle ait 12 ou 15 pièces d’artillerie, afin de tenir en échec les Suédois.</p><p>Vous devez avoir actuellement trois régiments français qu’avait le roi de Hollande et trois de votre corps d’armée. Ainsi vous pouvez donc envoyer trois bons régiments français avec la moitié de votre cavalerie prendre possession de Rostock. Si cela est nécessaire, vous les ferez soutenir par les autres corps.</p><p>Votre corps d’armée est ou sera composé, avant le commencement de décembre, de quatre divisions : deux françaises, une italienne et une hollandaise.</p><p>La division hollandaise est aujourd’hui employée au blocus des places, mais elle sera disponible avant la fin du mois. Un régiment italien est à Kassel, mais il vous aura rejoint dans les premiers jours de décembre ; le troisième régiment italien est à Mayence et vous aura également rejoint dans le même temps.</p><p>Les divisions d’artillerie française doivent exister actuellement, ou existeront avant le 1<sup>er</sup> décembre.</p><p>Les 15<sup>e</sup> et 58<sup>e</sup>, qui partent le 24 de Wesel, rendront vos deux divisions françaises très belles.</p><p>Vos divisions doivent avoir chacune 12 pièces de canon. Ainsi donc il faut que vous ayez 48 pièces de canon, 12 hollandaises et 36 françaises, vu que les Italiens n’ont pas de canonniers.</p><p>C’est à vous organiser un bon parc mobile que doivent tendre tous vos efforts.</p><p>Faites donner des capotes, surtout aux Italiens, sans quoi ils tomberont malades.</p><p>La division hollandaise sera commandée par des généraux hollandais ; la division italienne, par des généraux italiens : le général Teulié, qui est à Berlin, en part pour en prendre le commandement.</p><p>Vos deux divisions françaises sont commandées par deux généraux de division et cinq ou six généraux de brigade. Je vous ai fait connaître ce que vous avez à faire actuellement. Immédiatement après que ces opérations seront faites, mon intention est, si le roi de Suède continue à rester en guerre avec moi, que vous vous empariez de la Poméranie suédoise.</p><p>Vous devez, avec votre corps d’armée, défendre le blocus des villes hanséatiques, empêcher tout débarquement en Poméranie et entre l’Elbe et l’Oder, par ce moyen garantir Berlin et maintenir toutes les communications avec le fort de mon armée qui se réunit sur la Vistule. Selon les circonstances, je pourrai vous appeler avec votre corps, ou seulement avec une partie, sur l’Oder ou même sur la Vistule. Dans cette saison, les Anglais ne peuvent rien entreprendre de sérieux.</p><p>Les Suédois ne sont pas en état de défendre la Poméranie ; ainsi donc vous avez tout le temps de bien organiser votre corps, afin qu’il puisse faire la réserve de ma Grande Armée, et se porter partout où il serait nécessaire. Votre infanterie sera, d’ailleurs, augmentée ou diminuée selon les circonstances.</p><p>Je désire qu’avant le 25 le blocus de l’Angleterre soit publié ; qu’avant le 8 décembre ce que j’ai prescrit pour le Mecklembourg soit mis à exécution, et que le 10 un de mes corps soit en position à Rostock, ayant des postes sur Anklam et cernant ainsi toute la Poméranie suédoise.<sup>[^2]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Ministre de France à Hambourg. [^2]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 11285, d’après l’expédition communiquée par le duc de Trévise (en minute, Archives nationales, AF IV 871, novembre 1806, n° 209). Note sur la minute : « Portée par l’officier d’ordonnance Scherb ».</body>
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