| identifiant | CG6-13496.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1806/11/07 00:00 |
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| titre | Napoléon au maréchal Davout |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG6</i> - 13496. - </b>Au maréchal Davout</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Berlin, 7 novembre 1806</h2><p>Mon
cousin, j’ai lu votre lettre du 5 au prince de Neuchâtel<sup>[^1]</sup>.
Vous recevrez l’ordre de vous diriger sur Posen avec votre corps
d’armée. Faites suivre, comme vous pourrez, vos 3 000 fusils,
afin que vous puissiez les distribuer aux corps<sup>[^2]</sup>
à Posen.</p><p>Des
lettres du 30 octobre interceptées paraissent prouver que les
Russes ne sont pas encore à Varsovie. J’imagine que vous serez le
9 ou le 10 à Posen. Toutefois mon intention est que vous n’engagiez
aucune affaire sérieuse, surtout avec les Russes, s’il en était
arrivé sur la Vistule. Le maréchal Augereau sera le 9 à Driesen.
Le maréchal Lannes sera le même jour à Schneidemühl. Le prince
Jérôme sera maître de Gross-Glogau, si cette place veut se rendre,
et, en cas qu’elle ne veuille point se rendre, mon intention est de
faire passer l’Oder au corps du prince Jérôme et de le diriger du
côté de Schmiegel, pour intercepter la route de Breslau à Posen.</p><p>Quand
vous serez à Posen, vous enverrez des partis pour intercepter les
routes de Posen à Breslau, Graudenz et Thorn. Il est impossible que
cela ne vous procure pas quelques renseignements importants. Envoyez
reconnaître les ponts sur la Warta, entre Küstrin et Posen, afin
que si, par les mouvements de l’ennemi, vous deviez vous porter sur
votre gauche, je sache où vous devez passer cette rivière. Envoyez
des ordres à la division de dragons du général Beaumont, qui est
partie d’ici ce matin à la pointe du jour, afin qu’elle vous
joigne ; elle sera le 7 sur l’Oder, et elle pourra être le 10
à Posen ; si l’ennemi est toujours très loin, ne la fatiguez
pas inutilement, et ne la faites arriver que le 11. Prévenez le
général Beaumont de maintenir une sévère discipline, et
établissez-la dans votre corps d’armée ; il serait
malheureux d’indisposer les Polonais. J’imagine que vous avez
quelques Polonais avec vous. Vous devez trouver facilement des
espions et des agents pour être instruit de la marche des Russes.</p><p>N’ayez
point trop de confiance, c’est ce que je dois vous recommander
aujourd’hui. Il m’importe d’avoir fréquemment de vos
nouvelles. Envoyez un adjoint sur la route de Stettin, pour qu’il
puisse vous porter des nouvelles du maréchal Lannes. Ne fatiguez
point vos troupes, et arrivez à Posen sans faire de marches forcées.
Choisissez à Posen une bonne position militaire qui couvre la route
de Thorn et celle de Varsovie. Comme il est possible que je vous
laisse là trois ou quatre jours, ne pouvant m’avancer davantage
sans avoir fait rapprocher les corps qui sont sur mes derrières,
faites faire des baraques et établissez-vous là très
militairement. Faites lever par des ingénieurs le croquis de votre
position tout autour, et que, dans la position que vous prendrez,
vous puissiez faire votre retraite indistinctement sur la rive gauche
ou sur la rive droite de la Warta. Vous ferez, en conséquence,
reconnaître votre seconde position de retraite, qui me paraît
devoir être derrière un petit ruisseau qui rencontre la route de
Posen à Schneidemühl, au village de Rogasen.</p><p>Faites
construire des fours à Posen, puisque toute l’armée va se réunir
là ; mais faites-les construire véritablement en trois jours.
Envoyez-en l’ordre à votre cavalerie. Faites-moi connaître en
combien de jours un bateau remonte la Warta depuis Küstrin<sup>[^3]</sup>
jusqu’à Posen.</p><p>En
prenant une position militaire, éloignez-en un peu votre cavalerie,
afin de ne pas manger ce qui serait autour de votre camp et de le
réserver pour des moments difficiles d’opérations. À votre
entrée à Posen, prenez des mesures pour établir des magasins de
farine, d’avoine, d’eau-de-vie et de viande, si vous n’y en
trouvez pas, non seulement pour votre corps, mais pour toute
l’armée.<sup>[^4]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napole</i></h3>
[^1]: Berthier.
[^2]: <span></span> Une note de rectification est jointe à la lettre : « Berlin le 7 novembre à 3 heures après midi. Il s’est glissé une erreur dans la lettre qui a été écrite ce matin par l’Empereur à M. le maréchal Davout. Il y est dit que les 3 000 fusils seraient distribués aux corps à Posen, c’est aux<i> Polonais</i> et non aux<i> corps</i>. »
[^3]: Au confluent de la Warta avec l’Oder.
[^4]: Expédition, collection privée ; microfilm aux Archives nationales (fonds Suchet d’Albufera, 398 MI 1). Note sur la minute (Archives nationales, AF IV 871, novembre 1806, n° 89) : « Portée par un aide de camp polonais. »</body> |
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