| identifiant | CG1-0328.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1795/08/23 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Kellermann, commandant en chef l’armée des Alpes et d’Italie |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 328. - </b>Au général Kellermann, commandant en chef l’armée des Alpes et d’Italie</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="en-GB" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 6 fructidor an III [23 août
1795]</h2><p>Le Comité de salut public vous a fait passer,
général, par le dernier courrier, des instructions relatives à la
direction qu’il entend donner à l’armée d’Italie[^1],
lorsqu’elle aura reçu les renforts qui sont partis des armées du
Rhin et des Pyrénées. Mais, d’ici à ce temps-là, la droite de
l’armée se trouve supporter seule les efforts des ennemis. Il
semble au Comité qu’il serait possible, par quelque opération
offensive, faite par la gauche de l’armée des Alpes, de produire
une diversion qui pourrait elle-même avoir un objet d’utilité
immédiate.</p><p>Le roi de Sardaigne, en donnant dernièrement le
commandement de ses troupes au général Dewins[^2],
commandant en chef de l’armée autrichienne, paraît s’être
décidé à concentrer ses moyens et à combiner ses attaques sur les
positions de la droite de l’armée d’Italie, et par ce moyen
favoriser peut-être l’attaque de Savone, qui doit être l’objet
de tous les efforts de l’ennemi. Il est temps, d’ailleurs, de
relever le courage de nos soldats, de les tirer d’une défensive
pénible et à la longue décourageante.</p><p>Le fort d’Exilles[^3],
situé dans un pays qui fut longtemps français, contraint le
sentiment d’affection que les habitants nous ont conservé. Ne
serait-il pas possible, général, de faire marcher une partie des
troupes que nous avons dans le Mont-Blanc, une partie de celles qui
gardent les vallées inférieures, y réunir quelques divisions
d’artillerie de siége et faire sauter ce fort ? Cette opération,
très utile par elle-même, le serait par l’effet moral qu’elle
produirait sur la brave armée que vous commandez, et par la
diversion très avantageuse au projet que les ennemis pourraient
avoir sur Savone.</p><p>Si des circonstances locales ou accidentelles vous
faisaient penser qu’un fourrage armé, dans quelqu’une des
vallées de la gauche de l’armée des Alpes, produirait une partie
du même but, sans être susceptible des inconvénients quelconques
qui pourraient se rencontrer à l’expédition d’Exilles, le
Comité s’en rapporte entièrement à votre prudence.</p><p>Que les braves soldats que vous commandez se
ressouviennent qu’ils sont toujours les vainqueurs du
Mont-Saint-Bernard, de Saorgio, du Tanaro et de Cairo ! Le
Comité vous engage à faire visiter l’île d’Albenga, à tenir
les batteries qui la défendent sur un pied respectable, à y faire
placer des grils à boulets rouges; il nous serait très
désavantageux que les ennemis s’en emparassent. Votre tour
d’attaquer avec succès et avec des moyens proportionnés aux
forces de l’ennemi n’est pas éloigné; vous remplirez alors
l’attente de la patrie, que vous n’avez cessé de servir avec
zèle.[^4]</p><p style=""><br/>
</p>
[^1]: <span></span>Publiées dans la<i>Correspondance</i>, n° 53.
[^2]: Joseph-Nicolas
Dewins ou De Vins (1732-1798), originaire de Mantoue, engagé dans
l’armée autrichienne dès 1748, en Italie avec le grade de
général (Feldzeugmeister) de 1793 à 1795.
[^3]: Fort de la vallée de Bardonnèche (Col de Fréjus).
[^4]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>n° 57, d’après le
Dépôt de la guerre.</body> |
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