CG6-13358.md

identifiantCG6-13358.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1806/10/26 00:00
titreNapoléon au général Songis, commandant en chef de l’artillerie de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG6</i> - 13358. - </b>Au général Songis, commandant en chef de l’artillerie de la Grande Armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Charlottenburg, 26 octobre 1806</h2><p>Mon intention est d’armer le fort et la ville de Spandau ; envoyez-y un général de brigade d’artillerie pour y organiser la service, et qu’avant demain, à neuf heures du matin, il y ait une compagnie entière d’artillerie de 100 hommes, une escouade d’ouvriers, un chef de brigade ou de bataillon d’artillerie, un officier en résidence, un garde-magasin général, un artificier. Le général de brigade y restera jusqu’à ce que le service soit parfaitement monté.</p><p>Toutes les poudres qui se trouvent à Berlin et dans tous les pays entre la Spree et l’Oder seront sans délai transportées à Spandau, ainsi que les plombs et tous les matériaux pour faire des cartouches à balle et à boulet ; également tous les matériaux propres aux travaux de l’arsenal. Je vous le répète, je ne veux rien à Berlin. Les transports de Berlin à Spandau sont très faciles, puisqu’il y a la Spree.</p><p>On choisira à Spandau des souterrains pour qu’ils puissent contenir un million de poudre et des emplacements pour contenir quatre à cinq millions de cartouches ; on établira une salle d’artifice, je n’en veux que là, un arsenal de construction, et on organisera tout ce que j’ai déjà ordonné pour Erfurt et Wittemberg. Erfurt, Wittemberg et Spandau, voilà mes trois places de dépôts. Quelle que soit celle de ces places où je me dirige, j’y dois trouver poudre, pierres à feu, fusils, cartouches à balle et à boulet, moyens de rechange et de réparations nécessaires après une bataille gagnée ou perdue. On doit constamment considérer le reste du pays comme pouvant être occupé d’un moment à l’autre par la cavalerie ou les colonnes ennemies. Ainsi l’artillerie à Spandau doit être considérée sous deux points de vue : artillerie nécessaire à la défense de la place, artillerie et munitions de guerre de toute espèce, de dépôt, pour réparer les consommations et les pertes. Il faut donc que, dans trois jours, si cette place était cernée, l’artillerie y fût en mesure pour se défendre ; que, pour cela, les plates-formes fussent établies ; que le bois soit déjà coupé pour faire des saucissons et des gabions ; enfin que la citadelle et la place soient armées. Il faut qu’avant six jours tout ce que j’ai à Berlin, qui peut m’être nécessaire, comme munitions, pièces de rechange, artillerie de campagne, se trouve emmagasiné dans le fort de Spandau. Je vous ai déjà ordonné de faire revenir tout ce que vous aviez en arrière, à Augsbourg, Ulm, Wurtzbourg, Kronach, non pas en matériel, car je crois que vous avez ici plus qu’il ne vous faut, mais en personnel ; enfin en tout ce qui vous est nécessaire. Répartissez ces moyens sur Erfurt, Wittemberg et Spandau.<sup>[^1]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 11091, d’après les Archives de l’Empire.</body>