CG6-13345.md

identifiantCG6-13345.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1806/10/26 00:00
titreNapoléon à Daru, intendant général de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG6</i> - 13345. - </b>À Daru, intendant général de la Grande Armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Charlottenburg, 26 octobre 1806</h2><p>Monsieur Daru, je vous ai fait connaître qu’Erfurt et Wittemberg étaient des dépôts de l’armée. Spandau est une place que l’ennemi ne prendra jamais ; elle est située sur la Spree, à deux lieues de Berlin. C’est dans cette place qu’on doit mettre tous les dépôts de l’armée, car mon intention n’est point de garder Berlin. Le payeur de l’armée<sup>[^1]</sup> sera rappelé de Wittemberg à Spandau ; sous quelque prétexte que ce soit, il ne logera point à Berlin.</p><p>Il y a dans ce moment-ci dans le fort de Spandau deux fours capables de confectionner 10 000 rations par jour. J’ai ordonné au génie de désigner l’emplacement pour construire les fours nécessaires à la confection de 60 000 rations par jour. Faites construire ces fours ; faites aussi travailler à faire autant de biscuit qu’il sera possible, sans nuire au service journalier.</p><p>Il y a à Spandau des magasins très considérables ; à la visite que j’en ai faite, je pense qu’il y a au moins 60 000 quintaux de farine et autant de seigle ou de blé ; cela suffit pour nourrir mon armée pendant deux mois. Mon intention est que ces magasins soient augmentés au lieu d’être diminués, que le seigle et le blé soient convertis en farines, les farines en biscuit.</p><p>Il faut donc que demain, avant la pointe du jour, il y ait un commissaire des guerres dans le fort de Spandau ; qu’il y reste sans que sous aucun prétexte il puisse en être retiré ; qu’il y ait un garde-magasin et un inspecteur des vivres. Les inventaires seront faits sans délai, et vous nommerez un auditeur pour assister aux dits inventaires. Vous prendrez des mesures pour réunir dans la citadelle de Spandau 1 500 000 boisseaux d’avoine, des légumes, du riz et de l’eau-de-vie ou de la bière pour l’armée pendant deux mois. Je n’ai besoin à Berlin que du journalier de l’armée.</p><p>Tous les effets d’habillement qui seraient à Berlin ou ailleurs devront être réunis à Spandau ; s’ils ne peuvent contenir dans la citadelle, on les mettra dans la ville. On réunira à Spandau mes moyens pour les hôpitaux. On retirera de Berlin ce qui sera nécessaire. On formera à la citadelle, dans le local que désignera le génie, un hôpital pour 1 200 blessés, et dans la ville trois hôpitaux, chacun de 2 ou 300 malades. J’autorise qu’on établisse à Berlin un hôpital pour 400 malades ; je ne veux point de blessés à Berlin.</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napol</i></h3> [^1]: Roguin.</body>