CG6-13339.md

identifiantCG6-13339.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1806/10/25 00:00
titreNapoléon à Louis, roi de Hollande
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG6</i> - 13339. - </b>À Louis, roi de Hollande</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Potsdam, 25 octobre 1806</h2><p>Vous avez eu tort de demander qu’on levât des gardes nationales dans les nouveaux départements<sup>[^1]</sup>. Le grand nombre de conscrits qui va arriver dans les 25<sup>e</sup> et 26<sup>e</sup> divisions<sup>[^2]</sup> militaires est tel, qu’on pourra mettre facilement 10 000 hommes dans Wesel, si cela était nécessaire. Vous avez eu également tort de demander que les corps qui sont à Paris se dirigeassent sur Wesel, puisque vous n’en avez aucun besoin, et que ces corps sont destinés à se porter en Bretagne, à Cherbourg ou à Boulogne, selon les circonstances. Vous vous décidez trop vite, vous vous alarmez pour peu de chose ; il faut délibérer avec plus de sang-froid et mûrir vos instructions. Si ces corps étaient à Wesel, où ils sont inutiles, et que les Anglais fissent un débarquement à Brest, vous voyez combien mes mesures seraient dérangées. </p><p>Je donne ordre qu’on envoie à votre armée le général Legrand, qui est à Boulogne<sup>[^3]</sup>. Que diable voulez-vous faire du général Desfourneaux, qui n’a jamais fait la guerre sur le continent<sup>[^4]</sup>. Il ne l’a faite qu’à la Guadeloupe, et il serait bien embarrassé de commander un régiment en ligne.</p><p>Aucun événement imprévu ne vous mettait à même de faire ces demandes aux ministres. Qu’ils vous aient, après un conseil, refusé, ils ont eu raison. Votre tête va trop vite. Je n’ai donc pu qu’approuver la conduite des ministres, ce qui est fâcheux. Si vous aviez attendu, au contraire, que les Anglais fussent débarqués en Hanovre ou en Hollande, ils eussent été au-devant de vos désirs, ou mieux je les eusse prévenus. Une réserve dans un point central doit garder la circonférence ; je vous l’ai déjà expliqué dans mes instructions. Jusqu’à cette heure, rien n’est changé depuis mon départ de Mayence, ce qui n’a pas échappé aux ministres. Si j’avais pu penser qu’il fût utile de mettre des gardes nationales à Wesel, je n’y aurais pas manqué ; mais là des gardes nationales ne valent rien. Quant au calcul que vous faites, qu’il fallait quinze jours pour porter en Hollande des troupes de Paris, je vous ai déjà fait connaître qu’au moyen des dispositions que j’ai faites elles y seront rendues en quatre jours ; et ces dispositions sont convenues avec le ministre Dejean, qui n’y manquera pas. J’espère qu’aujourd’hui votre avant-garde se trouve à Göttingen.<sup>[^5]</sup></p> [^1]: Louis avait écrit à Dejean le 12 octobre pour demander la réunion des gardes nationales des départements rhénans, ainsi que l’envoi à Wesel des troupes se trouvant à Paris. Le conseil réuni par Cambacérès s’y refusa, faute d’ordres de l’Empereur à ce sujet. [^2]: Liège et Mayence. [^3]: Voir CG6-13331. [^4]: Louis l’avait réclamé à Dejean par la même lettre. Il avait surtout servi à Saint-Domingue. [^5]: Minute, Archives nationales, AF IV 871, octobre 1806, n° 175. </body>
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