CG6-13331.md

identifiantCG6-13331.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1806/10/25 00:00
titreNapoléon au général Dejean, ministre de l’Administration de la guerre
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG6</i> - 13331. - </b>Au général Dejean, ministre de l’Administration de la guerre</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Potsdam, 25 octobre 1806</h2><p>Monsieur Dejean, vingt-quatre heures après la réception du présent ordre, faites partir 60 jeunes gens de l’école de Metz pour se rendre au parc de la Grande Armée comme sous-lieutenants. Le major général leur désignera les compagnies dans lesquelles ils doivent entrer. L’artillerie a besoin de sujets. Expédiez-en également dix pour servir comme adjoints du génie, et remplacez tous ces jeunes gens à l’école de Metz.</p><p>J’imagine que vous avez déjà expédié les jeunes gens de l’école de Fontainebleau et de l’école polytechnique que j’ai nommés. Rendez-vous vous-même à Fontainebleau, et choisissez-y deux cents jeunes gens que vous adresserez au major général, qui les attachera aux différents corps. Faites également une inspection à Saint-Cyr, et choisissez-y les jeunes gens au-dessus de dix-sept ans pour être employés dans des corps. Chargez le général Lacuée<sup>[^1]</sup> d’envoyer de l’école polytechnique à l’armée ce qu’il y a de trop. Cinq à six cents jeunes gens instruits ne feront que du bien aux corps et y acquerront plus en trois mois qu’ils ne pourront acquérir en deux ans dans les livres. Mais il faut que tout cela parte quatre ou cinq jours après cette lettre et arrive avant le 10 novembre à Berlin.</p><p>Je vous ai fait connaître que je ne voulais point d’adjudants-commandants ni d’adjoints dans les divisions de l’intérieur, excepté un pour Brest ; et il faut donner la réforme à tous ceux qui ne pourraient pas servir activement. Il s’en trouve beaucoup de mauvais parmi ceux qui arrivent ici ; je les réformerai à mesure. Il est ridicule d’avoir des officiers qui ne servent point et des restes des événements de la révolution qui ne soient d’aucune utilité. Je n’ai pas besoin davantage, dans l’intérieur, d’inspecteurs aux revues et de commissaires des guerres ; cependant la Grande Armée en a besoin. Un général de brigade et un général de division sont suffisants par division militaire. Ainsi la France se trouve organisée avec une trentaine de généraux, autant de commissaires ordonnateurs et des guerres et la moitié d’inspecteurs aux revues. Mon intention n’est pas d’avoir une organisation nombreuse sans troupes.</p><p>J’avais ordonné qu’on passât une inspection générale au 1<sup>er</sup> octobre pour réformer les hommes blessés ou infirmes ; j’imagine qu’elle a eu lieu. Il est bien important de débarrasser nos cadres de ce tas d’hommes inutiles qui y sont encore.</p><p>Donnez ordre au général de division Legrand, qui est à Boulogne, de se rendre à Wesel<sup>[^2]</sup> pour y servir sous les ordres du roi de Hollande ; le maréchal Brune a beaucoup de généraux ; il le fera remplacer par un bon général de brigade.</p><p>Comme j’ai retiré de Bordeaux le 1<sup>er</sup> régiment italien et le 112<sup>e</sup>, il est convenable de mettre en réquisition dans les Landes, dans la Gironde et les Pyrénées, 3 000 hommes de gardes nationales pour garder les côtes. Dans ce cas le sénateur Lamartillière pourra en effectuer l’organisation et les commander. Vous trouverez ci-joint le décret que j’ai pris à ce sujet.</p><p>Faites connaître au sénateur Gouvion<sup>[^3]</sup> que je le verrai avec plaisir ici, où je l’emploierai utilement pour mon service ; qu’il peut partir pour venir me joindre à Berlin.</p><p>Je n’entends pas dire qu’on ait organisé les légions du Nord. Vous ne me parlez pas des régiments suisses. Je reçois seulement un rapport sur les Grisons, où il me paraît qu’on a commencé à s’organiser. Présentez au conseil des ministres un projet de sénatus-consulte pour m’autoriser à appeler la conscription de 1807 avant le temps.</p><p>J’ai pris un décret pour dédoubler les trois bataillons du train de dernière formation ; j’en ai besoin. Activez le plus possible leur organisation. Pour les chevaux et les harnais, je me les procurerai ici ; il suffit qu’il me vienne des soldats du train. Ordonnez au 9<sup>e</sup> bataillon du train, qui est à Douai, de se diriger sur Erfurt. Avec les fonds que vous lui avez donnés, il se procurera des chevaux en Allemagne avec beaucoup plus de facilité.</p><p>J’ai ordonné que les dépôts des cinq régiments de dragons qui sont à Versailles, celui qui est à Moulins<sup>[^4]</sup> et le 10<sup>e</sup>, qui est à Amiens, eussent chacun 200 chevaux ; mais ces dépôts ont plus de 200 hommes. Ordonnez que le surplus parte pour Berlin avec leurs bottes et leurs sabres ; arrivés à Berlin, je les monterai.</p><p>Donnez ordre au général de brigade Labruyère, qui est au camp de Boulogne, de se rendre à la Grande Armée.</p><p>Donnez ordre à la 4<sup>e</sup> compagnie du 5<sup>e</sup> régiment d’artillerie, qui est à Boulogne, de se rendre à l’armée. Cette compagnie sera complétée à 100 hommes. Donnez ordre à la 11<sup>e</sup> compagnie du 8<sup>e</sup> d’artillerie, qui est à Boulogne, de se compléter à 100 hommes, pour se rendre également à la Grande Armée.<sup>[^5]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Nap</i></h3> [^1]: Directeur général des revues et de la conscription, il est aussi gouverneur de l’Ecole Polytechnique. [^2]: Napoléon commet ici une erreur, Legrand se trouvant à la Grande Armée. C’est Grandjean qui sera envoyé à Wesel. [^3]: Il commandait jusqu’ici le camp de Poitiers. [^4]: <span></span> Le 4<sup>e</sup>. [^5]: Expédition, S.H.D., GR, 17 C 298, fol. 22.</body>