| identifiant | CG6-13319.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1806/10/23 00:00 |
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| titre | Napoléon au maréchal Mortier |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG6</i> - 13319. - </b>Au maréchal Mortier</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Wittemberg, 23 octobre 1806</h2><p>Mon
cousin, vous trouverez ci-joint une note que doit présenter mon
ministre ou mon chargé d’affaires à Kassel<sup>[^1]</sup>.
Vous la lui enverrez par un de vos aides de camp, avec ordre de la
présenter quand vous vous trouverez à une petite marche de Kassel.</p><p>Arrivé
à Kassel, vous ferez transporter toutes les armes et les canons à
Mayence ; vous désarmerez toutes les troupes, et vous prendrez
les colonels, lieutenants-colonels, majors et capitaines comme
otages, que vous enverrez, sous bonne et sûre escorte, dans la
citadelle de Luxembourg.</p><p>Si
le prince de Hesse-Kassel<sup>[^2]</sup>
et le prince héréditaire restent, vous les ferez l’un et l’autre
prisonniers de guerre, et vous les enverrez, sous bonne et sûre
escorte, à Metz, où ils seront logés au palais de cette ville.
Vous laisserez la femme et les enfants maîtres de faire ce qu’ils
voudront. Le prince de Hesse-Kassel et le prince héréditaire seront
arrêtés comme généraux prussiens. Immédiatement après, vous
ferez ôter les armes de Hesse-Kassel. Vous occuperez la place de
Hanau. Vous ferez mettre les scellés sur les caisses et magasins.
Vous nommerez le général de division Lagrange gouverneur du pays.
Vous ferez percevoir les revenus et administrer la justice en mon
nom. Secret et rapidité, ce sont vos grands moyens de réussite. Je
vous laisse le maître de pénétrer par Fulda ou par Eisenach. C’est
aujourd’hui le 23 : en calculant de manière à arriver le 28,
le 29 ou le 30, vous devez avoir sous vos ordres deux divisions de
4 000 hommes chacune.</p><p>L’avant-garde
de l’armée du Nord doit être en marche de Wesel pour se rendre à
Göttingen, où elle doit être le 26 ou le 27. Cette avant-garde est
composée de 10 000 hommes. Si vous croyez en avoir besoin, vous
trouverez ci-joint l’ordre pour le général commandant. Elle
entrerait par Paderborn ou Göttingen, selon l’endroit où elle
serait arrivée. Les troupes désarmées, si la place de Hanau
voulait faire résistance, vous ferez venir quelques pièces,
quelques mortiers de Mayence, et vous en ferez sur-le-champ le siège.</p><p>Mon
intention est que la maison de Hesse-Kassel ait cessé de régner, et
soit effacée du nombre des puissances.</p><p>Le
1<sup>er</sup> régiment de ligne italien, fort de 1 000<sup>[^3]</sup>
hommes, arrive le 26 à Mayence ; il pourra donc être à Fulda
le 29. Le 10 novembre, arrive le 1<sup>er</sup> d’infanterie légère
italien<sup>[^4]</sup> ;
il pourra servir pour le siège de Hanau.</p><p>S’il
y a encore des troupes du contingent de Darmstadt et du prince de
Nassau à fournir, vous pouvez les demander pour en grossir vos
colonnes. Je ne pense pas que Hesse-Kassel ait plus de 5 ou 600
hommes réunis ; cependant, si vous croyez avoir besoin du
secours de l’avant-garde de l’armée du Nord, il suffira, je
pense, de faire entrer par Paderborn ou par Göttingen une division.
Il y a à Mayence beaucoup de détachements de cavalerie à pied ;
organisez un millier d’hommes de chasseurs, hussards et dragons à
pied avec leurs fusils ; cela fera un renfort pour vos colonnes,
et vous leur donnerez les chevaux de la cavalerie hessoise, ce qui me
montera autant d’hommes.</p><p>Je
compte sur de l’activité et de la célérité dans cette
opération. Vous ferez une proclamation pour prescrire à tout le
monde de rester tranquille ; vous désarmerez tout le pays, et
je désire beaucoup qu’avant le 5 novembre votre corps, hormis ce
qui sera nécessaire pour assurer la police du pays, soit disponible
pour se rendre en Hanovre ; mais je vous ferai passer mes ordres
d’ici à ce temps-là. Aussitôt que vous n’aurez plus besoin de
la division de l’armée du Nord, vous la renverrez à Göttingen.
Je suppose que le roi de Hollande est resté à Wesel ; s’il
avait marché avec l’avant-garde, vous vous concerteriez avec ce
prince pour tous ces mouvements. Le principe de votre opération est
de ne laisser organiser aucun corps de Hessois et de les désorganiser
tous, parce que, si un ou deux régiments se formaient et se jetaient
sur nos derrières, ce serait toujours un petit sujet d’inquiétude.
Dans ce cas, vous les poursuivriez jusqu’à ce que vous les eussiez
détruits. Vous ferez imprimer dans le pays la note de mon ministre
en français et en allemand.</p><p>Vous
publierez aussi la proclamation ci-jointe.</p><p>Vous
recommanderez au général Lagrange de correspondre tous les jours
avec le major général. Un inspecteur aux revues sera envoyé avec
le titre et les fonctions d’intendant. Ordonnez que tout homme qui
gardera des armes après l’ordre du désarmement soit fusillé.</p><p><br/>
</p><p style="text-align: right; text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%">
Napoléon</p><p><br/>
</p><p style="margin-bottom: 0cm; font-variant: small-caps; line-height: 100%">
Première annexe</p><p>Le
soussigné, chargé d’affaires de S. M. l’Empereur et Roi
d’Italie, est chargé de déclarer à Son Altesse Sérénissime le
prince de Hesse-Kassel, maréchal au service de Prusse, que S. M.
l’Empereur a une parfaite connaissance de l’adhésion à la
coalition de la Prusse de la part de la cour de Kassel ; que
c’est en conséquence de cette adhésion que les semestriers ont
été appelés, des chevaux distribués à la cavalerie, la place de
Hanau approvisionnée et abondamment pourvue de garnison ;</p><p>Que
c’est en vain que Sa Majesté a fait connaître à M. de Malsburg,
ministre du prince de Hesse-Kassel à Paris, que tout armement de la
part du prince de Hesse-Kassel serait regardé comme une hostilité ;
que, pour toute réponse, la cour de Hesse-Kassel a ordonné à M. de
Malsburg de demander des passeports à Paris et de retourner à
Kassel ;</p><p>Que,
depuis, les troupes prussiennes sont entrées à Kassel ;
qu’elles y ont été accueillies avec enthousiasme par le prince
héréditaire, général au service de Prusse, qui a même traversé
la ville à leur tête ;</p><p>Que
ces troupes ont traversé tous les États de Hesse-Kassel pour
attaquer l’armée française à Francfort ;</p><p>Qu’immédiatement
après, le plan de campagne de l’armée française étant venu à
se développer, les généraux prussiens ont senti la nécessité de
rappeler tous leurs détachements pour se concentrer à Weimar, afin
de livrer bataille ;</p><p>Que
c’est donc par l’effet des circonstances militaires, et non de la
neutralité de la Hesse, que les troupes prussiennes ont rétrogradé
sur leurs lieux de rassemblement ;</p><p>Que,
pendant tout le temps que le sort des armes a été incertain, la
cour de Kassel a continué ses armements, toujours en opposition aux
déclarations de l’Empereur qu’il considérerait tout armement
comme un acte d’hostilité ;</p><p>Que,
les armées prussiennes ayant été battues et rejetées au-delà de
l’Oder, il serait aussi imprudent qu’insensé de la part du
général de l’armée française de laisser se former cette armée
hessoise, qui serait prête à tomber sur les derrières de l’armée
française si elle éprouvait un échec ;</p><p>Que
le soussigné a donc reçu l’ordre exprès de déclarer que la
sûreté de l’armée française exige que la place de Hanau et tout
le pays de Hesse-Kassel soient occupés ; que les armes, canons,
arsenaux, soient remis à l’armée française, et que tous les
moyens soient pris pour assurer les derrières de l’armée contre
l’inimitié constante qu’a montrée à l’égard de la France la
Maison de Hesse-Kassel.</p><p>Il
reste au prince de Hesse-Kassel à voir dans la situation des choses
s’il veut repousser la force par la force et rendre son pays le
théâtre des désastres de la guerre. Toutefois, cela étant
incompatible avec une mission politique, le soussigné a reçu ordre
de demander ses passeports et de se retirer de suite.</p><p><br/>
</p><p style="margin-bottom: 0cm; font-variant: small-caps; line-height: 100%">
Deuxième annexe
</p><p>Habitants
de Hesse, je viens prendre possession de votre pays. C’est le seul
moyen de vous éviter les horreurs de la guerre.</p><p>Vous
avez été témoins de la violation de votre territoire par les
troupes prussiennes. Vous avez été scandalisés de l’accueil que
leur a fait le prince héréditaire. D’ailleurs, votre souverain et
son fils, ayant des grades au service de Prusse, sont tenus à
l’obéissance aux ordres du commandant en chef de l’armée
prussienne. Sa qualité de souverain est incompatible avec celle
d’officier au service d’une puissance et la dépendance des
tribunaux étrangers.</p><p>Votre
religion, vos lois, vos mœurs, vos privilèges seront respectés ;
la discipline sera maintenue. De votre côté, soyez tranquilles.
Ayez confiance au grand souverain dont dépend votre sort. Vous ne
pouvez éprouver que de l’amélioration.<sup> [^5]</sup></p>
[^1]: Bignon.
[^2]: Guillaume IX, « électeur » jusqu’à la disparition du Saint Empire.
[^3]: Sur la minute : « 1800».
[^4]: Sur la minute : « le second régiment italien ».
[^5]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i>
publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>,
n° 11061, 11062 et 11063 d’après l’expédition communiquée par le duc de Trévise (en minute, Archives nationales, AF IV 871, octobre 1806, n° 159). À cette minute est annexé un ordre : « Il est ordonné au général commandant l’avant-garde de l’armée du Nord, d’appuyer les opérations du maréchal Mortier dans le pays de Hesse-Kassel en entrant avec une ou deux divisions soit dans le chemin de Paderborn soit par celui de Göttingen ».</body> |
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