CG6-13315.md

identifiantCG6-13315.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1806/10/23 00:00
titreNapoléon au maréchal Davout
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG6</i> - 13315. - </b>Au maréchal Davout</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Wittemberg, 23 octobre 1806</h2><p>Si les partis de troupes légères, Monsieur le Maréchal, que vous n’aurez pas manqué d’envoyer sur la route de Dresde et sur la Spree, vous assurent que vous n’avez pas d’ennemis sur vos flancs, vous dirigerez votre marche de manière à pouvoir faire votre entrée à Berlin le 25 de ce mois à midi.</p><p>Vous ferez reconnaître le général de brigade Hulin pour commandant de la place de Berlin. Vous laisserez dans la ville un régiment à votre choix pour faire le service. Vous enverrez des partis de cavalerie légère sur la route de Küstrin, de Landsberg et de Francfort-sur-l’Oder.</p><p>Vous placerez votre corps d’armée à une lieue, une lieue et demie de Berlin, la droite appuyée à la Spree, et la gauche à la route de Landsberg. Vous choisirez un quartier général dans une maison de campagne sur la route de Küstrin, en arrière de votre armée. Comme l’intention de l’Empereur est de laisser ses troupes quelques jours en repos, vous ferez faire des baraques avec de la paille et du bois. Généraux, officiers d’état-major, colonels et autres logeront en arrière de leurs divisions dans les villages ; personne à Berlin. L’artillerie sera placée dans des positions qui protègent le camp ; les chevaux d’artillerie aux piquets, et tout dans l’ordre le plus militaire.</p><p>Vous ferez couper, c’est-à-dire intercepter, le plus tôt qu’il vous sera possible, la navigation de la Spree par un fort parti, afin d’arrêter tous les bateaux qui, de Berlin, évacueraient sur l’Oder.</p><p>Le quartier général sera demain à Potsdam ; envoyez un de vos aides de camp qui me fasse connaître où vous serez dans la nuit du 23 au 24 et dans celle du 24 au 25.</p><p>Si le prince Ferdinand se trouve à Berlin, faites-le complimenter et accordez-lui une garde avec une entière exemption de logement<sup>[^1]</sup>.</p><p>Faites publier sur-le-champ l’ordre de désarmement, laissant seulement 600 hommes de milice pour la police de la ville. On fera transporter les armes des bourgeois dans un lieu désigné, pour être à la disposition de l’armée.</p><p>Faites connaître à votre corps d’armée que l’Empereur, en le faisant entrer le premier à Berlin, lui donne une preuve de sa satisfaction pour la belle conduite qu’il a tenue à la bataille d’Iéna.</p><p>Ayez soin que tous les bagages, et surtout cette queue si vilaine à voir à la suite des divisions, s’arrêtent à deux lieues de Berlin et rejoignent le camp sans traverser la capitale, mais en s’y rendant par un autre chemin sur la droite. Enfin, faites votre entrée dans le plus grand ordre et par divisions, chaque division ayant son artillerie et marchant à une heure de distance l’une de l’autre.</p><p>Les soldats ayant une fois formé leur camp, ayez soin qu’ils n’aillent en ville que par tiers, de manière qu’il y ait toujours deux tiers présents au camp. Comme Sa Majesté compte faire son entrée à Berlin, vous pouvez provisoirement recevoir les clefs, en faisant connaître aux magistrats qu’ils ne les remettront pas moins à l’Empereur quand il fera son entrée. Mais vous devez toujours exiger que les magistrats et notables viennent vous recevoir à la porte de la ville avec toutes les formes convenables. Que tous vos officiers soient dans la meilleure tenue, autant que les circonstances peuvent le permettre. L’intention de l’Empereur est que votre entrée se fasse par la chaussée de Dresde.</p><p>L’Empereur ira vraisemblablement loger au palais de Charlottenburg ; donnez des ordres pour que tout y soit préparé.</p><p>Il y a un petit ruisseau qui se jette dans la Spree, à une lieue et demie ou deux de Berlin, et qui coupe le chemin, aux villages de Marzahn et de Biesdorf ; voyez si cela forme une position que l’on puisse occuper.</p><p>Si vous aviez, au contraire, des nouvelles de l’ennemi, vous en instruiriez sur-le-champ l’Empereur et vous ralentiriez vos mouvements.<sup>[^2]</sup></p><p style="text-indent: 0cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%"> <br/> </p> [^1]: Le prince Ferdinand était le dernier frère survivant de Frédéric II. Son fils Louis-Ferdinand venait de périr dans l’engagement de Saalfeld (10 octobre). [^2]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 11058, d’après le dépôt de la Guerre.</body>
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