CG6-13314.md

identifiantCG6-13314.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1806/10/23 00:00
titreNapoléon au maréchal Berthier, major général de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG6</i> - 13314. - </b>Au maréchal Berthier, major général de la Grande Armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Wittemberg, 23 octobre 1806</h2><p>Le général Chasseloup<sup>[^1]</sup> désignera dans la journée de demain un emplacement dans l’enceinte de la ville, où l’on puisse construire dix fours. Cet emplacement devra être près des magasins de la manutention, qui doivent pouvoir contenir un million de rations de farine. L’intendant général<sup>[^2]</sup> fera sur-le-champ construire les fours, et nommera un garde-magasin pour l’organisation de la manutention et de ses voitures.</p><p>Le général Chasseloup désignera un magasin pour l’avoine, qui devra pouvoir contenir 600 000 boisseaux. Il désignera un emplacement pour l’arsenal, à portée d’un lieu où l’on puisse mettre les caissons et autres embarras du parc. Le général d’artillerie y fera sur-le-champ établir ses forges, déposer ses munitions et parquer ses voitures.</p><p>Le général Chasseloup désignera un emplacement pour le magasin à poudre ou pour une salle d’artifice ; cet emplacement devra être dans l’intérieur de la ville. Le général d’artillerie<sup>[^3]</sup> y fera sur-le-champ conduire toutes les poudres.</p><p>Le général d’artillerie fera venir de Dresde trente à quarante pièces de canon de siège avec affûts, plates-formes, etc., pour armer la place. Les Bavarois seront après-demain à Dresde.</p><p>L’artillerie fera sur-le-champ confectionner des saucissons, gabions, pour construire des batteries dans l’enceinte de la place.</p><p>L’espace compris entre la ville et la rivière sera le plus tôt possible fermé par des palissades, indépendamment des fossés, parapets et autres ouvrages que le génie jugera à propos d’y faire. Le général du génie prendra ses mesures pour se procurer une grande quantité de palissades de sapin, ce qui doit être facile en retenant tous les trains de l’Elbe, et en faisant venir les trains qui se trouvent plus haut. Il sera construit dans le plus court délai des barrières en avant des portes. Au lieu de pont-levis qui seraient trop longs à faire, on construira des ponts sur chevalets, qu’on pourra au besoin culbuter promptement.</p><p>Une somme de 100 000 francs sera mise sur-le-champ à la disposition du général du génie ; il se procurera au moins 5 à 6 000 ouvriers pour travailler à ces ouvrages, pour faire passer de l’eau dans tous les fossés, rétablir tous les parapets, déchausser toutes les escarpes, etc.</p><p>Les ingénieurs géographes lèveront les environs de la place à 1 200 toises, et le terrain sur la rive gauche de l’Elbe à 1200 toises du pont.</p><p>Le général Chasseloup désignera un emplacement pour le parc des voitures de la compagnie Breidt et un autre pour les bagages de l’armée, de manière que la place d’armes soit libre pour les mouvements des troupes. Ces deux emplacements pourront être pris dans l’espace compris entre la ville et la rivière.</p><p>Il désignera un emplacement capable de contenir 12 à 1 500 prisonniers, de manière qu’on sache où les placer au moment où ils arriveront.</p><p>Les mesures seront prises pour mettre quatre réverbères sur le pont et des réverbères dans la ville, pour qu’elle soit parfaitement éclairée pendant la nuit, surtout sur la place d’armes ; l’éclairage sera fait aux frais de la ville.</p><p>Le général Chasseloup désignera deux emplacements : un pour un hôpital capable de contenir 5 à 600 blessés, un autre pour autant de malades.</p><p>Il désignera six maisons pour servir aux dépôts de chacun des six corps d’armée. Chacun de ces emplacements devra contenir 200 hommes.</p><p>Le major général fera connaître à Paris, Mayence, Wurtzbourg, Kronach, Erfurt, que tout ce qui sera envoyé à l’armée, n’importe pour quel corps, devra être dirigé sur Wittemberg, où les hommes isolés, venant des hôpitaux ou des détachements, se réuniront au dépôt de leur corps d’armée établi dans cette ville. Là, ils seront inspectés par le gouverneur, armés s’ils ne le sont pas, pourvus de cartouches et dirigés sur leurs corps d’après les ordres du major général et en conséquence des états de situation qui seront envoyés.</p><p>Les ordres seront donnés sur-le-champ aux six maréchaux commandant les six corps d’armée, et au duc de Berg commandant la réserve<sup>[^4]</sup>, de diriger sur Wittemberg les hommes fatigués et qui ont besoin de repos. Chaque corps d’armée nommera un officier d’état-major, qui logera avec le dépôt de chaque corps et s’occupera de l’entretien et de la discipline de son dépôt. Tous les soldats de l’armée légèrement blessés seront dirigés sur Wittemberg, où ils resteront le nombre de jours nécessaire pour leur parfait rétablissement. Sa Majesté s’attend donc qu’à dater de demain il n’y aura plus de traînards, et que tous les hommes boiteux ou fatigués seront envoyés aux dépôts de Wittemberg pour s’y reposer.</p><p>Il y aura à Wittemberg une imprimerie, et des protes français y resteront pour imprimer tout ce qui sera nécessaire pour le service de l’armée.</p><p>Le major général enverra copie de cet ordre aux généraux d’artillerie et du génie, à l’intendant général, au gouverneur de la place, et mettra à l’ordre ce qui en est susceptible<sup>[^5]</sup>.</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Commandant le génie de la Grande Armée. [^2]: Daru, qui vient de remplacer Villemanzy. [^3]: Songis. [^4]: Murat, commandant la réserve de cavalerie. [^5]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 11057, d’après le dépôt de la Guerre.</body>