| identifiant | CG6-13312.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1806/10/23 00:00 |
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| titre | Napoléon au maréchal Bernadotte |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG6</i> - 13312. - </b>Au maréchal Bernadotte</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Wittemberg, 23 octobre 1806</h2><p>Je
reçois votre lettre<sup>[^1]</sup>.
Je n’ai point l’habitude de récriminer sur le passé, puisqu’il
est sans remède. Votre corps d’armée ne s’est pas trouvé sur
le champ de bataille, et cela eût pu m’être très funeste.
Cependant, après un ordre très précis, vous deviez vous trouver à
Dornburg, qui est un des principaux débouchés de la Saale, le même
jour que le maréchal Lannes se trouvait à Iéna, le maréchal
Augereau à Kahla, et le maréchal Davout à Naumburg. Au défaut
d’avoir exécuté ces dispositions, je vous avais fait connaître,
dans la nuit, que, si vous étiez encore à Naumburg, vous deviez
marcher sur le maréchal Davout et le soutenir. Vous étiez à
Naumburg lorsque cet ordre est arrivé ; il vous a été
communiqué, et cependant vous avez préféré faire une fausse
marche pour retourner à […]<sup>[^2]</sup>,
et, par là, vous ne vous êtes pas trouvé à la bataille, et le
maréchal Davout a supporté les principaux efforts de l’armée
ennemie.
</p><p>Tout
cela est certainement très malheureux<sup>[^3]</sup>.
Les circonstances se sont offertes depuis de donner des preuves de
votre zèle ; il s’en offrira d’autres encore où vous
pourrez donner des preuves de vos talents et de votre attachement à
ma personne.<sup>[^4]</sup></p>
[^1]: En date de Bernburg, le 21 à huit heures du soir.
[^2]: <span></span> La <i>Correspondance</i> (n° 11060) publie : « Dornburg».
[^3]: <span></span> Berthier avait envoyé une lettre à Bernadotte depuis Halle, le 21 octobre, Napoléon, alors très irrité, s’étant refusé à lui écrire directement : « L’Empereur me charge de vous écrire qu’il est très mécontent de ce que vous n’avez pas exécuté l’ordre que vous avez reçu de vous porter hier à Kalbe, pour jeter un pont à l’embouchure de la Saale, à Barby. Cependant vous deviez sentir que toutes les dispositions de l’Empereur étaient combinées. Sa Majesté, qui est très fâchée que vous n’ayez pas exécuté ses ordres, vous rappelle à ce sujet que vous ne vous êtes point trouvé à la bataille d’Iéna ; que cela aurait pu compromettre le sort de l’armée et déjouer les grandes combinaisons de Sa Majesté, et a rendu douteuse et très sanglante cette bataille, qui l’aurait été beaucoup moins. Quelque profondément affecté qu’ait été l’Empereur, il n’avait pas voulu vous en parler, parce qu’en se rappelant vos anciens services il craignait de vous affliger, et que la considération qu’il a pour vous l’avait porté à se taire. Mais, dans cette circonstance où vous ne vous êtes pas porté à Kalbe, et où vous n’avez pas tenté le passage de l’Elbe, soit à Barby, soit à l’embouchure de la Saale, l’Empereur s’est décidé à vous dire sa façon de penser, parce qu’il n’est point accoutumé à voir sacrifier ses opérations à de vaines étiquettes de commandement.<p class="sdfootnote-western">L’Empereur me charge encore de vous
parler d’une chose moins grave : c’est que, malgré l’ordre
que vous avez reçu hier, vous n’avez pas encore envoyé ici trois
compagnies pour conduire vos prisonniers. Il en reste à Halle 3 500
sans aucune escorte. L’Empereur vous ordonne d’envoyer
sur-le-champ un officier d’état-major à la tête de trois
compagnies complètes, formant 300 hommes, pour prendre tous les
prisonniers qui sont à Halle et les conduire à Erfurt. Il ne reste
ici que la Garde impériale, et l’Empereur ne veut pas qu’elle
escorte les prisonniers faits par votre corps d’armée. Il est
neuf heures, et il n’est pas question des trois compagnies que je
vous ai demandées hier. Le maréchal Berthier, par ordre de
l’Empereur ». <i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i>
publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 11041,
d’après le dépôt de la Guerre.</p>
[^4]: Minute, Archives nationales, AF IV 871, octobre 1806, n° 158.</body> |
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