CG6-13288.md

identifiantCG6-13288.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1806/10/19 00:00
titreNapoléon à Frédéric-Guillaume III, roi de Prusse
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG6</i> - 13288. - </b>À Frédéric-Guillaume III, roi de Prusse</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Merseburg, 19 octobre 1806<sup>[^1]</sup></h2><p>J’ai reçu la lettre de Votre Majesté. Je regrette beaucoup que la lettre que je lui ai envoyée par un de mes officiers d’ordonnance<sup>[^2]</sup>, qui est arrivé à son camp le 13, n’ait pu empêcher la bataille du 14. </p><p>Toute suspension d’armes qui donnerait le temps d’arriver aux armées russes, qu’elle paraît avoir appelées dans l’hiver, serait trop contraire à mes intérêts pour que, quel que soit le désir que j’ai d’épargner des maux et des victimes à l’humanité, je puisse y souscrire. </p><p>Je ne crains point les armées russes, ce n’est plus un nuage ; je les ai vues la campagne passée. Mais Votre Majesté aura à s’en plaindre plus que moi. La moitié de ses États sera le théâtre de la guerre, et dès lors en éprouvera toutes les calamités ; l’autre partie sera ravagée par ses alliés et souffrira encore davantage. </p><p>Ce sera un éternel sujet de regret pour moi que deux nations qui, par tant de raisons, devaient être amies, aient été entraînées dans une lutte aussi peu motivée. Les principaux instigateurs de cette guerre en ont été les premières victimes. Toutefois je dois réitérer à Votre Majesté que je verrai avec satisfaction les moyens de rétablir, si cela est possible, l’ancienne confiance qui régnait entre nous, et de concilier les sentiments que je lui porte avec mon devoir et la sûreté de mes peuples compromise encore de nouveau depuis quinze ans par la quatrième coalition.<sup>[^3]</sup></p> [^1]: <span></span> La <i>Correspondance </i>(n° 11031, d’après les Archives de l’Empire) publie : « Camp impérial de Halle ». Selon Tulard et Garros, <i>Napoléon au jour le jour, </i>Paris, Tallandier, 2002, le 19 octobre, Napoléon se trouve jusqu’à 13 h à Merseburg et arrive à Halle à 15 h. [^2]: Scherb, parti le 12 octobre. Voir 13259. [^3]: Minute, Archives nationales, AF IV 871, octobre 1806, n° 130. Note sur la minute : « Portée par l’aide de camp du roi de Prusse ».</body>