CG1-0319.md

identifiantCG1-0319.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1795/08/05 00:00
titreNapoléon au Comité de salut public
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 319. - </b>Au Comité de salut public</h1><h2 data-kind="letter-context;" lang="en-GB" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 18 thermidor an III [5 août 1795]</h2><p style="margin-top: 0cm">Le général Buonaparte, élève depuis 1782, a été fait lieutenant d’artillerie en 1785.</p><p style="margin-top: 0cm">Il est passé par les différents grades, a été fait général d’artillerie. Confirmé par la commission, il a, compris ses campagnes, 17 ans de service.</p><p style="margin-top: 0cm">Il a commandé l’artillerie au siège de Toulon, à la fin duquel il a été confirmé général d’artillerie par un décret de la Convention nationale.</p><p style="margin-top: 0cm">Il a depuis été chargé, comme général d’artillerie, de l’inspection et de l’armement de la côte de la Méditerranée, qui avait été en partie désarmée par les Anglais.</p><p style="margin-top: 0cm">Il a commandé en chef l’artillerie de l’armée d’Italie pendant deux campagnes où il a obtenu l’estime de l’armée et les suffrages les plus flatteurs des Représentants du peuple et des généraux avec qui il a servi ; c’est en suivant le plan de campagne qu’il a donné que l’armée s’est emparée de Saorgio, d’Oneille et d’Ormea, et que nous avons battu les ennemis à Cairo.</p><p style="margin-top: 0cm">Au premier travail qui fut fait pour les officiers généraux, il avait été nommé pour commander l’artillerie de l’armée de l’ouest; il s’y rendait lorsqu’il a appris qu’il n’avait point été compris parmi le nombre des officiers généraux d’artillerie[^1]. Lorsqu’à son arrivée à Paris, il a demandé les raisons pour lesquelles il avait été oublié et placé dans l’infanterie, on lui a allégué :</p><p style="margin-top: 0cm">1° Qu’il y avait un grand nombre d’officiers généraux qui avaient servi dans l’artillerie, qu’ils ne pouvaient pas tous être compris parmi ceux de ce corps, ne pouvant y en avoir que vingt.</p><p style="margin-top: 0cm">Cependant, l’on en a créé plusieurs de nouveaux au moment même du travail, notamment les citoyens Durtubie, Campagnol[^2] et Valstin[^3]. La nomination du premier a d’autant plus étonné que le citoyen Durtubie n’a point fait la guerre, a refusé de la faire depuis le commencement de la Révolution, et est le premier exemple peut-être d’un officier fait général d’artillerie sans avoir vu le feu.</p><p style="margin-top: 0cm">2° L’on a allégué que le général Buonaparte était trop jeune, comme s’il n’y avait pas même des généraux en chef plus jeunes que lui! Comme si cette objection, bonne pour qui n’aurait que trois ou quatre ans de service, était applicable à celui qui en a dix-sept, qui a mérité son avancement par des actions d’éclat, et est dans la force de l’âge !</p><p style="margin-top: 0cm">Cette raison est d’ailleurs dénuée de tout fondement ; car, si l’on compte l’ancienneté à dater du brevet de général, il est un des plus anciens des généraux de brigade d’artillerie, et plusieurs de ceux qui sont conservés ont été sous ses ordres. Si l’on compte l’ancienneté depuis le grade d’élève et d’officier, il est plus ancien que les généraux Delebel[^4] et Le Maire[^5] ; le premier n’ayant été officier qu’en 1788 et le second en 1790.</p><p style="margin-top: 0cm">Si le général Buonaparte a été exclu du nombre des officiers généraux d’artillerie, il l’a été sans aucune raison et par l’impulsion de quelques intrigants[^6] connus de tous temps dans le corps, par leur assiduité à circonvenir tous les hommes en place, ce qu’ils appellent faire la guerre et avoir des années de service.</p><p style="margin-top: 0cm">Le général Buonaparte attend de la justice des membres du Comité de salut public, chargés de la partie militaire, qu’ils voudront bien le restituer à ses fonctions, et ne permettront pas qu’il ait la douleur, après avoir commandé l’artillerie dans les circonstances les plus fâcheuses de la guerre, et avoir contribué aux succès les plus éclatants, de voir sa place occupée par des hommes qui se sont constamment tenus en arrière, qui sont absolument étrangers à nos succès, inconnus dans nos armées et qui ont l’impudence de se présenter aujourd’hui pour nous arracher le fruit de la victoire dont ils n’ont pas voulu courir les chances.[^7]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Buonaparte</h3><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p> [^1]: Le décret du 13 juin 1795 verse Bonaparte, en tant plus jeune des généraux d’artillerie, dans l’infanterie de l’Armée de l’Ouest. [^2]: <span></span>Isaac Jacques Delart Campagnol (1732-1809), lieutenant6colonel au régiment de La Fère en 1784 puis colonel au 4<sup>e</sup>régiment d'artillerie en 1791, il rencontre Bonaparte à Valence par le biais des Amis de la constitution. Il est nommé général le 20 mai 1795. [^3]: Daniel Thomas Olry de Valcin (1737-1812) aspirant d'artillerie en 1757, sous-lieutenant en 1761, chef de brigade en 1793, commandant l'école d'artillerie de Douai en 1795, année où il est nommé général de brigade. Il est ensuite nommé à la tête de l'artillerie de l'armée des Côtes de Cherbourg. [^4]: Debelle. [^5]: <span></span>Simon Hubert Maire, dit Lemaire (1755-1817), canonnier à Auxonne en 1775, il attend 1792 pour passer lieutenant puis capitaine. Le 27 janvier 1794, sans passer par les grades intermédiaires, il est nommé général de brigade pour commander l'artillerie des trois premières divisions de l'Armée des Pyrénées Occidentales<i>.</i> [^6]: Bonaparte vise Aubry et Gillet, anciens officiers d’artillerie, royalistes rentrés en France après Thermidor et nommés au bureau de la Guerre du Comité de salut public. [^7]: Copie d’expédition, Archives nationales, 400 AP 137, d. 1, p. 38.</body>
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