| identifiant | CG6-13272.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1806/10/15 00:00 |
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| titre | Napoléon à Talleyrand, ministre des Relations extérieures |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG6</i> - 13272. - </b>À Talleyrand, ministre des Relations extérieures</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Iéna, 15 octobre 1806</h2><p>Monsieur
le prince de Bénévent, voici une note que vous pouvez faire
imprimer en attendant que je vous envoie le bulletin<sup>[^1]</sup>.</p><p>Je
vous envoie un manifeste prussien auquel il faut faire une réponse<sup>[^2]</sup>.<sup>[^3]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3><p><br/>
</p><p>« La
bataille d’Iéna, qui s’est donnée le 14, sera une des plus
célèbres de l’histoire. Les Prussiens étaient au nombre de
150 000 hommes ; ils ont perdu 200 pièces d’artillerie,
30 drapeaux, 28 000 prisonniers. Le duc de Brunswick, le général
Rüchel ont été tués<sup>[^4]</sup> ;
le prince Henri de Prusse<sup>[^5]</sup>,
grièvement blessé ; un grand nombre de généraux et
d’officiers de distinction ont été blessés.
</p><p>Comparativement,
la perte de l’armée française a été beaucoup moindre. Cependant
aux ambulances d’Iéna nous avons 1 200 blessés et à celles
de Naumburg 1 500. Il n’y a pas d’autre général tué que
le général de brigade Debilly, excellent militaire. Sept ou huit
colonels sont morts sur le champ de bataille<sup>[^6]</sup>.
La cavalerie française s’est couverte d’honneur.</p><p>Le
maréchal Davout, placé aux débouchés de Kösen en avant de
Naumburg, a empêché l’ennemi de déboucher. Il s’est battu
toute la journée et a mis en déroute plus de 60 000 hommes
commandés par Möllendorf, Kalckreuth<sup>[^7]</sup>
et par le roi en personne. Ce corps d’armée s’est couvert de
gloire. Au reste, tout le monde a rivalisé de zèle et de courage.
Les corps des maréchaux Lannes, Soult, Ney et Augereau ont pris part
à l’action avec une égale intrépidité.</p><p>La
reine de Prusse a été poursuivie par un escadron de hussards ;
elle a été obligée de rentrer à Weimar et en est repartie trois
heures avant que nos postes y entrassent. Elle a suivi une route sur
laquelle nous avons beaucoup de troupes ; il est possible
qu’elle ait été prise.</p><p>Les
divisions de cuirassiers et de dragons n’ont pu arriver qu’à la
fin de la journée. Elles ont enfoncé plusieurs bataillons carrés
d’infanterie prussienne, qu’elles ont faits prisonniers. Le
grand-duc de Berg se trouvait toujours à leur tête.</p><p>Nous
troupes sont entrées le soir à Weimar, en poursuivant
l’arrière-garde ennemie du côté de la gauche. Du côté de la
droite, le maréchal Davout a poursuivi l’ennemi jusqu’à
Neustädt. Il a, ce matin, son quartier général à Eckartsberga.</p><p>On
croit que l’ennemi cherche à se rallier du côté de Frankenhausen
pour tâcher de gagner Magdebourg. L’ennemi doit avoir éprouvé un
mal effroyable, que l’on ne connaîtra que plus tard. Six de leurs
généraux sont prisonniers avec un grand nombre de colonels ».<sup>[^8]</sup></p>
[^1]: Voir CG6-13269.
[^2]: <span></span> Sans doute la note remise le 1<sup>er</sup> octobre et justifiant l’ultimatum prussien.
[^3]: Copie d’expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, M.D., France, vol. 1778, fol. 3.
[^4]: Ils n’étaient que blessés, mais très grièvement.
[^5]: Frère du roi.
[^6]: <span></span> Le 5<sup>e</sup> bulletin donne pour morts les colonels Vergez (12<sup>e</sup> de ligne), [Houdar de] Lamotte (36<sup>e</sup>), Barbanègre (9<sup>e</sup> de hussards), Marigny (20<sup>e</sup> chasseurs), Harispe (16<sup>e</sup> légère), Doullembourg (1<sup>er</sup> dragons), Nicolas (61<sup>e</sup> de ligne), Viala (85<sup>e</sup>) et Higonet (108<sup>e</sup>). En réalité, Vergez, Harispe, Doullembourg, Nicolas et Viala survécurent à leurs blessures.
[^7]: Célèbres généraux prussiens déjà fort âgés.
[^8]: Minute, Archives nationales, AF IV 871, octobre 1806, n° 109.</body> |
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