| identifiant | CG6-13247.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1806/10/10 00:00 |
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| titre | Napoléon au maréchal Soult |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG6</i> - 13247. - </b>Au maréchal Soult</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Ebersdorf, 10 octobre 1806, 8 heures du matin</h2><p>Nous
avons culbuté hier les 8 000 hommes qui, de Hof, s’étaient
retirés à Schleiz, où ils attendaient des renforts dans la nuit.
Leur cavalerie a été écharpée ; un colonel a été pris ;
plus de 2 000 fusils et casquettes ont été trouvés sur le
champ de bataille. L’infanterie prussienne n’a pas tenu. On n’a
ramassé que 2 ou 300 prisonniers, parce que c’était la nuit et
qu’ils se sont éparpillés dans les bois ; je compte sur un
bon nombre ce matin.</p><p>Voici
ce qui me paraît le plus clair : il paraît que les Prussiens
avaient le projet d’attaquer ; que leur gauche devait
déboucher par Iéna, Saalfeld et Cobourg ; que le prince de
Hohenlohe avait son quartier général à Iéna et le prince Louis<sup>[^1]</sup>
à Saalfeld ; l’autre colonne a débouché par Mainingen sur
Fulda ; de sorte que je suis porté à penser que vous n’avez
personne devant vous, peut-être pas 10 000 hommes jusqu’à
Dresde. Si vous pouvez leur écraser un corps, faites-le. Voici du
reste mes projets pour aujourd’hui : je ne puis marcher, j’ai
trop de choses en arrière ; je pousserai mon avant-garde à
Auma ; j’ai reconnu un bon champ de bataille en avant de
Schleiz pour 80 ou 100 000 hommes. Je fais marcher le maréchal
Ney à Tanna ; il se trouvera à deux lieues de Schleiz ;
vous-même, de Plauen, n’êtes pas assez loin pour ne pas pouvoir
dans 24 heures y venir.</p><p>Le
5, l’armée prussienne a encore fait un mouvement sur la Thuringe,
de sorte que je la crois arriérée d’un grand nombre de jours. Ma
jonction avec ma gauche n’est pas encore faite, ou du moins par des
postes de cavalerie qui ne signifient rien.</p><p>Le
maréchal Lannes<sup>[^2]</sup>
n’arrivera qu’aujourd’hui à Saalfeld, à moins que l’ennemi
n’y soit en force considérable. Ainsi les journées du 10 et du 11
seront perdues<sup>[^3]</sup>.
Si ma jonction est faite, je pousserai en avant jusqu’à Neustadt
et Triptis ; après cela, quelque chose que fasse l’ennemi,
s’il m’attaque, je serai enchanté ; s’il se laisse
attaquer, je ne le manquerai pas ; s’il file par Magdebourg,
vous serez avant lui à Dresde. Je désire beaucoup une bataille.
S’il a voulu m’attaquer, c’est qu’il a une grande confiance
dans ses forces ; il n’y a point d’impossibilité alors
qu’il ne m’attaque ; c’est ce qu’il peut me faire de
plus agréable. Après cette bataille, je serai à Dresde ou à
Berlin avant lui.</p><p>J’attends
avec impatience ma Garde à cheval ; elle est aujourd’hui à
Bamberg ; quarante pièces d’artillerie et 3 000 hommes de
cavalerie comme ceux-là ne sont pas à dédaigner. Vous voyez
actuellement mes projets pour aujourd’hui et demain ; vous
êtes maître de vous conduire comme vous l’entendrez ; mais
procurez-vous du pain, afin que, si vous venez me joindre, vous en
ayez pour quelques jours.</p><p>Si
vous trouvez à faire quelque chose contre l’ennemi, à une marche
de vous, vous pouvez le faire hardiment. Établissez de petits postes
de cavalerie pour correspondre rapidement de Schleiz à Plauen.</p><p>Jusqu’à
cette heure, il me semble que la campagne commence sous les plus
heureux auspices.</p><p>J’imagine
que vous êtes à Plauen ; il est très convenable que vous vous
en empariez. Faites-moi donc connaître ce que vous avez devant vous.
Rien de ce qui était à Hof ne s’est retiré sur Dresde.</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3><p><br/>
</p><p>Je
reçois à l’instant votre dépêche du 9, à six heures du soir ;
j’approuve les dispositions que vous avez faites. Les
renseignements que vous me donnez, que 1 000 hommes<sup>[^4]</sup>
de Plauen se sont retirés sur Gera, ne me laissent plus aucun doute
que Gera ne soit le point de réunion de l’armée ennemie. Je doute
qu’elle puisse s’y réunir avant que j’y sois. Au reste, dans
la journée, je recevrai des renseignements et j’aurai des idées
plus précises ; vous-même à Plauen vous en aurez beaucoup.
Les lettres interceptées à la poste vous en donneront. Dans cette
incertitude ne fatiguez pas vos troupes.<sup>[^5]</sup></p><h4>Napoléon</h4>
[^1]: Commandant un corps de l’armée de Hohenlohe.
[^2]: <span></span> Commandant le 5<sup>e</sup> corps.
[^3]: Sur la minute : « perdues pour marcher en avant ».
[^4]: Sur la minute : « chevaux ».
[^5]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 10977, d’après le dépôt de la Guerre. Note sur la minute (Archives nationales, AF IV 871, octobre 1806, n° 87) : « parti par un aide de camp du maréchal Soult ».</body> |
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