| identifiant | CG6-13214.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1806/10/05 00:00 |
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| titre | Napoléon au maréchal Soult |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG6</i> - 13214. - </b>Au maréchal Soult</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Wurtzbourg, 5 octobre 1806, 11 heures du matin</h2><p>Le
major général rédige dans ce moment vos ordres. Vous les recevrez
dans la journée. Mon intention est que vous soyez le 8 à Bayreuth.
Du moment que vous y serez arrivé, vous me renverrez de cette ville
l’officier d’ordonnance que je vous expédie<sup>[^1]</sup>,
avec tous les renseignements que vous aurez recueillis sur Bayreuth.
Cet officier me trouvera probablement à Bamberg ou à Lichtenfels.</p><p>Le
pays de Bayreuth à Hof est un pays peu propre à la cavalerie.</p><p>Je
crois convenable que vous ayez une connaissance générale de mon
projet d’opération, afin qu’elle puisse vous guider dans les
circonstances importantes.</p><p>J’ai
fait occuper, armer et approvisionner les citadelles de Wurtzbourg,
Kronach et de Forchheim, et je débouche avec toute mon armée sur la
Saxe par trois débouchés. Vous êtes à la tête de ma droite, avec
à une demi-journée derrière vous le maréchal Ney, et à une
journée derrière 10 000 Bavarois ; ce qui forme au-delà
de 50 000 hommes. Le maréchal Bernadotte est à la tête de mon
centre. Il a derrière lui le maréchal Davout, la plus grande partie
de la réserve de la cavalerie et ma Garde ; ce qui forme plus
de 70 000 hommes. Il débouche par Kronach, Lobenstein et
Schleiz. Le 5<sup>e</sup> corps est à la tête de ma gauche. Il a
derrière lui le corps du maréchal Augereau. Il débouche par
Cobourg, Grafenthal et Saalfeld. Cela formera plus de 40 000
hommes. Le même jour que vous arriverez à Hof, tout cela sera
arrivé dans des positions à la même hauteur.</p><p>Je
me tiendrai le plus constamment à la hauteur du centre.</p><p>Avec
cette immense supériorité de forces réunies sur un si étroit
terrain, vous sentez que je suis dans la volonté de ne rien hasarder
et, partout où l’ennemi voudra tenir, de l’attaquer avec des
forces doubles.</p><p>Il
me paraît que la cavalerie prussienne est ce qu’il y a le plus à
redouter ; mais, avec l’infanterie que vous avez, et vous
tenant toujours en position de former un carré, on a peu à
craindre. Cependant aucun moyen de guerre ne doit être négligé.
Ayez soin que 4 ou 500 pionniers<sup>[^2]</sup>
marchent toujours à la hauteur de vos divisions, afin de faire une
redoute ou même un simple fossé dans les circonstances.</p><p>Si
l’ennemi se présentait contre vous avec des forces qui seraient
cependant de moins de 30 000 hommes, vous pouvez, vous
concertant avec Ney, réunir vos troupes et l’attaquer ; mais,
s’il est dans une position qu’il occupe depuis longtemps, il aura
eu soin de la reconnaître et de se retrancher ; dans ce cas,
conduisez-vous avec prudence.</p><p>Arrivé
à Hof, votre premier soin sera d’établir et de lier les
communications entre Lobenstein, Ebersdorf et Schleiz. Je serai ce
jour-là à Ebersdorf. Les nouvelles que vous aurez de l’ennemi, à
votre débouché de Hof, vous porteront à vous appuyer un peu plus
sur mon centre ou à prendre une position en avant, pour pouvoir
marcher sur Plauen.</p><p>Selon
tous les renseignements que j’ai aujourd’hui, il me semble que
s’il fait un mouvement, c’est sur ma gauche, puisque qu’il
paraît que le gros de ses forces est à Erfurt.</p><p>Je
ne saurais trop vous recommander de correspondre fréquemment avec
moi et de m’instruire de tout ce que vous apprendrez sur le chemin
de Dresde.</p><p>Vous
pensez bien que ce serait une belle affaire que de se porter autour
de cette place dans un bataillon carré de 200 000 hommes.
Cependant tout cela demande un peu d’art et quelques événements.</p><p>Décrivez-moi
en m’écrivant les lieux, les localités par où vous serez passé
et donnez-moi les mêmes renseignements sur les positions que
l’ennemi occuperait ou pourrait occuper. Faites faire un journal
exact par un officier du génie. Ces renseignements sont importants.<sup>[^3]</sup></p>
[^1]: Castille.
[^2]: <span></span> La <i>Correspondance</i> (n° 10941, d’après le dépôt de la Guerre) publie : « 3 ou 5000 outils de pionniers ». Dans une autre minute (Archives nationales, AF IV 871, octobre 1806, n° 41 bis), on lit : « 4 ou 5 000 pionniers ».
[^3]: Minute, Archives nationales, AF IV 871, octobre 1806, n° 41. Note sur la minute : « Partie par M. l’officier d’ordonnance Castille ».</body> |
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