CG6-13196.md

identifiantCG6-13196.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1806/10/03 00:00
titreNapoléon à la Rochefoucauld, ambassadeur à Vienne
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG6</i> - 13196. - </b>À La Rochefoucauld, ambassadeur à Vienne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"> Wurtzbourg, 3 octobre 1806</h2><p>Je suis depuis hier à Wurtzbourg, ce qui m’a mis à même de m’entretenir longtemps avec Son Altesse Royale<sup>[^1]</sup>. Je lui ai fait connaître ma ferme résolution de rompre tous les liens d’alliance qui m’attachaient à la Prusse, quel que soit le résultat des affaires actuelles. Après mes dernières nouvelles de Berlin, il est possible que la guerre n’ait pas lieu ; mais je suis résolu à n’être point l’allié d’une puissance si versatile et si méprisable. Je serai en paix avec elle sans doute, parce que je n’ai point le droit de verser le sang de mes peuples sur de vains prétextes. </p><p>Cependant le besoin de tourner mes efforts du côté de ma marine me rend nécessaire une alliance sur le continent. Les circonstances m’avaient conduit à l’alliance de la Prusse ; mais cette puissance est aujourd’hui ce qu’elle a été en 1740<sup>[^2]</sup> et dans tous les temps, sans conséquence et sans honneur. J’ai estimé l’Empereur d’Autriche, même au milieu de ses revers et des événements qui nous ont divisés ; je le crois constant et attaché à sa parole. Vous devez vous en expliquer dans ce sens, sans cependant y mettre un empressement trop déplacé. Ma position et mes forces sont telles, que je n’ai à redouter personne ; mais enfin tous ces efforts chargent mes peuples. Des trois puissances, de la Russie, de la Prusse et de l’Autriche, il m’en faut une pour alliée. Dans aucun cas, on ne peut se fier à la Prusse ; il ne reste que la Russie et l’Autriche. La marine a fleuri autrefois en France, par le bien que nous a fait l’alliance de l’Autriche. Cette puissance, d’ailleurs, a besoin de rester tranquille, sentiment que je partage aussi de cœur.</p><p>Une alliance fondée sur l’indépendance de l’empire ottoman, sur la garantie de nos États et sur des rapprochements qui consolideraient le repos de l’Europe et me mettraient à même de jeter mes efforts du côté de ma marine, me conviendrait. La Maison d’Autriche m’ayant fait faire souvent des insinuations, le moment actuel, si elle sait en profiter, est le plus favorable de tous.</p><p>Je ne vous en dis pas davantage ; j’ai fait connaître plus en détail mes sentiments au prince de Bénévent, qui ne manquera pas de vous en instruire. Du reste, votre mission est remplie le jour où vous aurez fait connaître le plus légèrement possible que je ne suis pas éloigné d’adhérer à un système qui serrerait mes liens avec l’Autriche.</p><p>Ne manquez pas d’avoir l’œil sur la Moldavie et la Valachie, afin de me prévenir des mouvements des Russes contre l’Empire ottoman.<sup>[^3]</sup></p> [^1]: L’archiduc Ferdinand, grand-duc de Wurtzbourg. [^2]: Lorsque Frédéric II attaqua la Silésie autrichienne. [^3]: <span></span> Minute, Archives nationales, AF IV 871, octobre 1806, n° 36. Note sur la minute « Partie par un officier que le grand-duc de Wurtzbourg a expédié à Vienne ». Notes sur la copie (Archives nationales, 400 AP 139) : « Sa Majesté l’Empereur dont je prends les ordres le 6 juillet 1862, ne pense pas que cette pièce puisse être publiée dans la <i>Correspondance</i> ».</body>