| identifiant | CG1-0307.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1795/06/24 00:00 |
| titre | Napoléon à Désirée Clary |
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 307. - </b>À Désirée Clary</h1><p style="margin-top: 0cm"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 6 messidor an III [24 juin 1795]</h2><p style="margin-top: 0cm">Il y a bien longtemps que je n’ai de tes nouvelles, ma tendre amie. Depuis que tu es en Italie[^1], tu ne penses donc plus à ceux qui s’intéressent si vivement à ton sort ? Si cela est, tu aurais bien promptement changé. Je resterai encore ici longtemps. J’y attends avec impatience de tes nouvelles. Je ne sache pas encore que tu sois arrivée à Gênes. Tu as dû bien souffrir sur mer. Je connais combien cet élément t’est contraire. Mon frère[^2] m’écrit aussi qu’il veut aussi venir vous joindre. Vous serez tous ensemble. Soyez heureux. Cela te retracera le souvenir des belles promenades que nous avons faites ce printemps. Tu n’oublieras pas le bois au funeste pressentiment et la campagne où nous passâmes une aussi belle soirée que l’inspiration seule retrace et qui ne se reproduit plus.</p><p style="margin-top: 0cm">Le luxe et les plaisirs ont repris à Paris d’une manière étonnante, mais je t’assure qu’il n’en est point où je prenne une grande part. Je ne puis en goûter qu’avec ma bonne Eugénie. Paris est parfaitement tranquille. Le pain y est rare pour le peuple et fort cher pour ceux qui ont les moyens de le payer. Il coûte seize sols la livre. Cela n’empêche pas de vivre gaiement. Ce peuple-ci est toujours le même : l’on discute dans ce moment la constitution qui paraît basée sur des principes sages. Elle fixera peut-être le destin de ce peuple immuable. Je n’ai point trouvé au reste, dans les pays intermédiaires depuis Marseille à Paris, les vestiges des folies, des scélératesses qui se sont commises à Marseille. Je t’enverrai par la prochaine occasion mon portrait ; le tien ne me quitte jamais. Il me retrace les moments heureux que nous avons passés ensemble. Adieu, ma bonne et tendre amie. Du bonheur, un peu de souvenir à celui qui, pour la vie, est à Eugénie.[^3]</p> [^1]: Désirée est partie pour Gênes avec sa sœur Julie. [^2]: Joseph. [^3]: Copie d’expédition, Archive d’État de Suède, fonds Bernadotte.</body> |