| identifiant | CG1-0283.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1795/02/04 00:00 |
| titre | Napoléon à Désirée Clary |
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 283. - </b>À Désirée Clary</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Port-la-Montagne, 16 pluviôse an III [4 février 1795]</h2><p style="margin-top: 0cm">Je profite de la première occasion que je trouve pour vous écrire. Elle ne vient pas toutes les fois que je le voudrais. J’ai employé les heures que, si j’avais été à Marseille, j’eusse passées près de vous, à composer pour votre usage une théorie de la musique qui vous sera peut-être de quelque agrément. Je l’enverrai à Elisa[^1] qui vous la communiquera. Vous trouverez ci-joint la note des livres que j’ai oubliée de vous remettre. J’ai mis ce que je crois le plus utile et le plus agréable à lire pour vous. Je n’y ai mis que fort peu de romans et surtout point de ces [parallèles][^2] qui ne finissent jamais. Je n’y ai point mis de théâtre puisqu’en y allant tous les soirs, vous pouvez de vous-même apprécier ce qui vous plaît davantage. Votre raison se formera davantage par la lecture. Votre mémoire se meublera. Vous apprendrez à juger les hommes et les évènements. Mais votre cœur ni votre sentiment n’en recevront aucun accroissement. La nature, qui elle-même l’a formé a pris soin de lui donner cette sincérité, cette candeur et d’y mettre ce feu, l’âme de la vertu, du bonheur et de l’amitié.</p><p>Je désire beaucoup savoir par vous-même l’effet que les ouvrages que vous lirez feront sur votre âme. Vous me parlerez sans étude, vous écrirez avec franchise ; la musique, de tous les talents, est celui qui tient le plus aux sentiments, qui a les plus heureux effets sur la vie. J’eusse bien désiré que vous ayez réalisé votre projet de danse, quoique vous dansiez mieux que les trois-quarts des personnes, mais l’amour-propre est quelquefois flatté de ces talents qui ne coûtent rien de se donner, qui font distinguer les jeunes personnes.</p><p style="margin-top: 0cm">L’on tardera encore quelques jours à partir[^3]. Tout n’est pas encore prêt. Si les affaires l’eussent permis, j’aurais été vous voir, mais je suis fort en doute s’il me sera possible.[^4]</p> [^1]: Élisa Bonaparte séjourne à Marseille avec ses sœurs et sa mère. [^2]: Bonaparte écrit « parallailes ». [^3]: Pour l’expédition de Corse. [^4]: Copie d’expédition, Archives d’État de Suède, fonds Bernadotte.</body> |