| identifiant | CG6-12617.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1806/07/30 00:00 |
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| titre | Napoléon à Portalis, ministre des Cultes |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG6</i> - 12617. - </b>À Portalis, ministre des Cultes</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Saint-Cloud, 30 juillet 1806</h2><p>Il
faut coordonner les séminaires diocésains avec les séminaires
métropolitains. Les séminaires diocésains doivent appartenir à
l’évêque, être sous sa direction immédiate et ne rien coûter à
l’État. On ne doit y prendre aucun grade, mais seulement entrer
dans les ordres.</p><p>Les
séminaires métropolitains doivent être considérés sous deux
rapports différents : 1<sup>o</sup> comme écoles spéciales de
théologie ; 2<sup>o</sup> comme séminaires.</p><p>Comme
écoles spéciales de théologie et ayant le droit de conférer les
grades, ils doivent être regardés comme membres de l’université
impériale. Le grand maître et le conseil auront droit d’expédier
les grades, ainsi qu’ils le font pour les facultés de
jurisprudence, de sciences, de belles-lettres et d’arts. Il paraît
que cette sorte de dépendance ne sera pas une innovation.</p><p>Comme
séminaires, les séminaires métropolitains se trouveront sous la
direction de l’autorité ecclésiastique, c’est-à-dire de
l’archevêque.</p><p>Quand
un élève d’un séminaire diocésain voudra prendre des grades, il
se présentera à l’école spéciale de théologie qui fera partie
du séminaire métropolitain. Il subira les examens, et son brevet
lui sera conféré par les officiers de l’université impériale.
Cette marche aura cet avantage, que, si un séminaire métropolitain
avait adopté des principes contraires à l’autorité de l’État,
un corps rival pourrait intervenir et refuser les grades. En suivant
ce mode, les grades ne seraient pas conférés par une autorité
ecclésiastique ; et, comme on l’a déjà dit plus haut, cela
ne répugne point aux usages anciens, puisque les grades, qui étaient
autrefois donnés par les universités, se trouveraient conférés
par une autorité civile. Lorsqu’un séminariste, soit diocésain,
soit métropolitain, voudra se faire prêtre, son admission dans les
ordres ne dépendra que du jugement de ses supérieurs, de l’évêque
ou de l’archevêque, c’est-à-dire de l’autorité
ecclésiastique. Si on pose en principe que, pour être chanoine,
vicaire général ou évêque, il faut être licencié ou docteur,
que, pour être curé de 1<sup>re</sup> classe, il faut être
bachelier, il s’ensuivra qu’un homme qui, pour être prêtre,
n’aura été sous aucune autre dépendance que celle de ses
supérieurs ecclésiastiques, ne pourra avoir les grades nécessaires
pour occuper des places du premier rang dans le ministère des cultes
que si l’université impériale les lui confère : ce qu’elle
pourra refuser dans le cas où il serait connu pour avoir des idées
ultramontaines ou dangereuses à l’autorité.</p><p>Ces
bases générales établies, il faudra déterminer l’âge de
l’admission dans les séminaires diocésains. Il faudra examiner
aussi si l’on permettra d’y établir des écoles où les enfants
soient admis, pour y apprendre les éléments du latin ; ce qui
ne paraît pas nécessaire. Il paraîtrait plus convenable de ne
recevoir que des élèves de quatorze ans, dont la première
instruction aurait été faite dans les pensions particulières, les
écoles secondaires et les lycées.</p><p>Quant
aux séminaires métropolitains, on n’y admettrait que des élèves
sortant, par examen, des séminaires diocésains et des lycées, ou
des pensionnaires âgés de plus de quatorze ans et ayant
l’instruction que cet âge comporte.</p><p>Le
but principal de ces observations est d’éviter l’inconvénient
d’avoir deux corps enseignants qui se placeraient en concurrence,
et probablement en opposition.</p><p>Des
prêtres ne doivent pas avoir de collèges, et un petit séminaire
serait un véritable collège. On peut seulement tolérer, dans les
séminaires diocésains, une seule classe de latin, comme moyen de
perfectionner l’enseignement des élèves âgés de plus de
quatorze ans qui y seraient admis.</p><p>Les
frais d’établissement des séminaires métropolitains seront sans
doute fort considérables ; il n’y a probablement pas
d’exagération à estimer à 150 000 francs les dépenses à
faire, tant pour approprier les bâtiments à cette destination que
pour les meubler. Il faudra donc se borner, cette année, à
l’établissement des séminaires métropolitains de Paris, Lyon,
Tours et Malines ; les six autres séminaires seront établis
l’année suivante.</p><p>M.
Portalis se concertera avec le ministre de l’Intérieur<sup>[^1]</sup>
pour faire la désignation des maisons convenables, en connaître
l’état, et proposer, mercredi prochain, un projet de décret pour
les mettre à sa disposition.</p><p>Il
s’entendra aussi avec M. Fourcroy<sup>[^2]</sup>
pour avoir, sur l’organisation définitive de l’université
impériale, les notions qui lui sont nécessaires afin de déterminer
positivement, dans son projet de décret, les rapports des séminaires
métropolitains, comme écoles de théologie, avec le grand maître
et le conseil de l’enseignement.</p><p>M.
Portalis présentera mercredi prochain :</p><p>1<sup>o</sup>
Un état nominatif des cures, par préfectures et sous-préfectures,
en indiquant les différentes classes ;</p><p>2<sup>o</sup>
L’état nominatif des succursales, également par préfectures et
sous-préfectures, en distinguant les succursales à la charge du
Trésor et celles à la charge des communes.</p><p>Il
fera connaître, en marge de ces états, le montant de la pension
dont jouit le titulaire, et ce que les cures et succursales coûtent
au Trésor et aux communes.</p><p>Il
établira, dans un rapport par lequel il proposera de mettre toutes
les succursales à la charge du Trésor, ce que coûterait cette
disposition et le montant des pensions dont jouissent actuellement
les succursales à la charge des communes.</p><p>M.
Portalis présentera en même temps deux autres rapports et projets
de décrets :</p><p>1<sup>o</sup>
Pour fixer le lieu de l’établissement des missions étrangères,
et pour organiser définitivement les missions de l’intérieur, qui
ont déjà fait beaucoup de bien dans les départements des
Deux-Sèvres et de la Vendée ;</p><p>2<sup>o</sup>
Pour donner aux dames de la Charité une maison convenable,
l’encouragement nécessaire, et une assez grande extension pour
qu’elles rendent les mêmes services qu’elles rendaient jadis.</p><p>M.
Portalis est invité à envoyer à M. Aldini<sup>[^3]</sup>
le catéchisme, pour qu’il soit traduit en italien et répandu dans
le royaume d’Italie.<sup>[^4]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3><p><br/>
</p>
[^1]: Champagny.
[^2]: Directeur général de l’Instruction publique.
[^3]: Ministre secrétaire d’État du royaume d’Italie, résidant à Paris.
[^4]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 10566, d’après les Archives de l’Empire.</body> |
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