| identifiant | CG6-11878.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1806/04/11 00:00 |
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| titre | Napoléon à Joseph, roi de Naples |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG6</i> - 11878. - </b>À Joseph, roi de Naples</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Malmaison, 11 avril 1806</h2><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%">
Mon frère, il ne faut pas vous dissimuler que vous n’aurez la
possession réelle du royaume de Naples qu’en y fixant un grand
nombre de Français. Cela ne peut avoir lieu qu’en distribuant aux
uns des portions de territoire, et en donnant aux autres des emplois,
particulièrement dans le militaire, et en leur confiant le
commandement des villes et places de guerre et des forts. Je ne vois,
par conséquent, aucune raison pour que vous vous pressiez trop de
former des troupes napolitaines, ni de faire prendre parti dans
l’armée à des officiers napolitains qui ne seront jamais sûrs
pour vous. Vous aurez des biens nationaux, ceux du clergé, ceux des
moines, ceux des feudataires ; ce qu’il y a à faire
relativement à ces biens n’est pas à tenter précisément dès
aujourd’hui, mais il est bon de l’avoir en vue, même à présent.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%">
Je ne saurais trop vous recommander d’établir le plus tôt
possible des colonnes mobiles et des commissions militaires, non
seulement pour faire prompte justice des brigands, mais encore pour
punir sans délai les excès des militaires, qu’il importe que vous
réprimiez sévèrement.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%">
J’imagine que vous faites occuper tous les ports de l’Adriatique,
afin d’intercepter toute communication avec les Sept-Îles.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%">
Songez bien qu’il faut qu’il n’y ait, pour ainsi dire, pas un
village dans votre royaume qui n’ait vu vos troupes, et qu’il
importe cependant que les habitants n’aient pas à s’en plaindre.
Il est convenable de ne pas disséminer vos forces. Mieux vaut en
effet avoir 600 hommes qui fassent six voyages sur divers points ou
envoient des patrouilles partout, mais de manière à ce que le gros
de ce corps reste réuni, que d’avoir les 600 hommes répartis, à
raison de 100 hommes dans chaque endroit, sur six points différents.
Attachez-vous à tenir les bataillons réunis. Il n’y a pas
d’avantage, dans votre position, à faire servir les troupes par
piquets, ni à former des bataillons ou de forts détachements
uniquement composés soit de voltigeurs, soit de grenadiers. Cela
morcelle les corps et soustrait les officiers et les soldats à leurs
principaux chefs. L’anéantissement de toute administration, de
toute comptabilité, en est la suite inévitable, et tout se trouve
en désarroi. Il est de principe qu’il ne faut réunir des
compagnies de voltigeurs et de grenadiers que la veille d’une
affaire. Étudiez-vous donc à tenir ensemble vos bataillons et vos
escadrons, et à ne pas les partager ; sans quoi votre armée se
fondra et sera dans un désordre incalculable.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%">
Il est bon d’établir un quartier général pour toute la Calabre.
Vous y placerez le centre de l’administration et les dépôts des
troupes qui seront dans cette province. Cosenza ou Cassano peuvent
être choisis pour ce quartier général. Il serait bon d’y avoir,
dans des magasins bien gouvernés, une certaine quantité de biscuit.
J’en ai à Gênes et à Livourne, et je donne ordre aujourd’hui
qu’on vous l’envoie sans délai.<sup>[^1]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napoléon</i></h3>
[^1]: Expédition, Archives nationales, 400 AP 10.</body> |
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