CG6-11858.md

identifiantCG6-11858.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1806/04/10 00:00
titreNapoléon au général Dejean, ministre de l’Administration de la guerre
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG6</i> - 11858. - </b>Au général Dejean, ministre de l’Administration de la guerre</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Malmaison, 10 avril 1806</h2><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%"> Monsieur Dejean, on me remet des états des armes portatives qui ne sont point exacts. Je n’y vois point l’état des fusils que j’ai à Fenestrelle, dans la citadelle de Turin, au fort Barraux<sup>[^1]</sup>, à Mantoue ; faites faire ces états avec plus d’exactitude.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%"> Quant au budget, les observations que vous me remettez tombent sur deux objets : la première, sur l’insuffisance du fonds pour les armes portatives ; mon intention est que l’on fabrique le plus d’armes possible. Si le fonds qui est destiné à cet objet est insuffisant, j’accorderai un supplément sur le fonds de réserve. La seconde observation est relative au fonds pour les salles d’armes ; nous en avons suffisamment. Tous les nouveaux établissements qu’on fait absorbent beaucoup d’argent sans raison. Cela peut être fait avec le temps et dans des années où il y aura moins de dépenses.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%"> Quant aux constructions, je ne puis comprendre que nous ayons un déficit aussi considérable qu’on l’avance. On dit qu’il manque tant d’affûts de siège, tant d’affûts de place : sans doute, si l’on suppose que toutes nos places seraient assiégées à la fois. Mais, si l’on avait l’argent nécessaire, serait-il convenable d’avoir à la fois une si grande quantité d’affûts, dont les cinq sixièmes pourriraient dans les arsenaux sans avoir jamais servi ? Nous en avons le nombre nécessaire. Dans la situation actuelle de l’Empire, l’art consiste à avoir les approvisionnements dans plusieurs points centraux d’où l’on puisse les diriger, selon les circonstances militaires, sur telle ou telle place.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%"> Il en est de même pour les équipages de campagne. C’est une erreur de penser qu’il faut, pour le service de l’Empire, des attirails et des caissons pour trois ou quatre mille pièces de campagne. Mille pièces de campagne sont plus que suffisantes, et avec ce nombre on est sûr de n’avoir jamais besoin d’aucun transport. Avec les attirails d’un équipage de trois cents bouches à feu pour la Hollande, la côte de Flandre et le Nord ; d’un équipage de trois cents bouches à feu pour Metz, Strasbourg et le Rhin ; de deux cents pour l’Italie, et de deux cents pour les Pyrénées, la Bretagne et la Méditerranée, on a plus que le nécessaire. J’aurais de la peine à comprendre que je n’eusse pas ce qui est nécessaire pour former ces quatre équipages. Faites-moi un rapport qui me fasse connaître en détail la situation de l’artillerie. On peut avoir autant de pièces de canon que l’on veut, elles ne dépérissent point ; autant de fer coulé que l’on veut, cela ne dépérit point ; mais il ne faut avoir que l’attirail nécessaire, parce que cela périt.<sup>[^2]</sup></p><h3 class="style-titre-4-western" data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: Dans l’Isère, entre Pontcharra et Montmélian. [^2]: Expédition, S.H.D., GR, 17 C 295, fol. 12.</body>