CG6-11856.md

identifiantCG6-11856.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1806/04/10 00:00
titreNapoléon au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG6</i> - 11856. - </b>Au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Malmaison, 10 avril 1806</h2><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%"> J’ai lu avec attention la dépêche de M. Laussat<sup>[^1]</sup>. Je désire que vous montriez à M. Dubuc<sup>[^2]</sup> cette chanson, qui est véritablement tout à fait anglomane, et me présentiez un mémoire sur ce qu’il y a à faire pour changer cette situation.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%"> Envoyez-moi :</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%"> 1<sup>o</sup> La note des officiers du génie et d’artillerie qui se trouvent dans l’île et n’auraient pas fait la guerre en France ; mon intention est de les rappeler tous et de les remplacer par des officiers de leur grade, choisis parmi les meilleurs ;</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%"> 2<sup>o</sup> La composition des membres pour la cour de justice, et comment la composer de manière que la grande majorité fût des hommes venus de France, ennemis des Anglais.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%"> Enfin tâchez d’avoir la note des individus qui se comportent mal ; on leur enverra l’ordre de les faire passer en France.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%"> Expédiez un brick pour la Martinique, et écrivez au général Villaret<sup>[^3]</sup> que j’ai lu cette chanson avec indignation, et que je suis surpris que la police de l’île ne fasse pas arrêter et ne mette pas un terme à de pareils abus ; qu’il ne convient pas à des officiers français d’entendre l’éloge de l’anglomanie ; et que son éloge par cette même bouche ne peut avoir été fait que par ses plus grands ennemis ; que je sais qu’il a trop d’indulgence pour une soixantaine de freluquets qui abusent de son nom ; qu’il faut qu’il y mette ordre. Ordonnez-lui l’exécution des règlements militaires. </p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%"> Pour l’artillerie, je penserais que, dans la situation actuelle de la Martinique, il serait bon d’expédier trois bricks, savoir : un le plus tôt possible, le deuxième le 1<sup>er</sup> mai, et le troisième le 15 mai ; sur chacun de ces bricks, un officier de confiance qui pût revenir et voir bien la situation des choses ; on pourra envoyer par chacun de ces bricks 30 hommes et un capitaine d’artillerie, des lettres au préfet pour qu’il soit conciliant et ferme, et des lettres au général Villaret pour lui donner plus de caractère et lui enjoindre de réprimer les partisans de l’Angleterre.<sup>[^4]</sup></p> [^1]: Préfet colonial à la Martinique. [^2]: Colon de la Martinique ayant collaboré avec les Anglais de 1794 à 1802, et que Napoléon avait fermement prié de rester en métropole. [^3]: Frère de l’amiral, il est directeur de l’artillerie à la Martinique. [^4]: Minute, Archives nationales, AF IV 869, avril 1806, n° 48.</body>