CG6-11853.md

identifiantCG6-11853.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1806/04/10 00:00
titreNapoléon au maréchal Berthier, major général de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG6</i> - 11853. - </b>Au maréchal Berthier, major général de la Grande Armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Malmaison, 10 avril 1806</h2><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%"> Je suis fâché que vous ayez envoyé votre frère à Paris<sup>[^1]</sup>. Je n’ai point voulu le voir et je ne le recevrai point. Écrivez-lui de repartir sur-le-champ. Votre frère a gagné deux millions en Hanovre, et il ne faut pas qu’il fasse l’important. Si, aujourd’hui qu’il est riche, il veut s’affranchir de ses devoirs, il s’en trouverait mal. Je tiens à déshonneur qu’un général quitte ses troupes. Quant à des couches de femme, je n’entre pas dans ces détails-là ; ma femme aurait pu mourir à Munich ou à Strasbourg, cela n’aurait pas dérangé d’un quart d’heure l’exécution de mes projets ou de mes vues. Croyez-vous que tous les militaires qui sont en Allemagne, et vous tout le premier, n’aient point envie de revenir, et même qu’indépendamment des raisons de service je n’en ai point d’autres de vous désirer à Paris ? Mais le militaire tombe en quenouille, et je veux être inflexible. Si le général Berthier était venu sans votre ordre, il aurait été sur-le-champ arrêté.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%"> L’invasion des Bouches de Cattaro me contrarie beaucoup, car il me tarde bien que mes troupes rentrent en France. Il est impossible que les Russes restent longtemps dans un poste si important, et il n’y a point de doute que la Porte, qui est très prononcée contre eux et qui n’est point dans la disposition de nourrir une guerre chez elle, ne fasse rendre les Bouches de Cattaro.</p><p style="text-indent: 1.25cm; margin-bottom: 0cm; line-height: 100%"> Envoyez-moi un détail, écrit pour moi, des dilapidations, afin que dans la distribution des gratifications je porte en compte à chacun ce qu’il a pris. Le million que vous envoyez passe sans doute par la caisse de La Bouillerie<sup>[^2]</sup>, qui en donnera avis à la Caisse d’amortissement pour en faire recette.<sup>[^3]</sup></p> [^1]: Il s’agit du général Léopold Berthier. [^2]: Receveur des contributions de guerre en Allemagne. [^3]: Minute, Archives nationales, AF IV 869, avril 1806, n° 40.</body>